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rémire-montjoly

Le squat Manguiers se vide de ses habitants

Mercredi 11 Décembre 2019 - 03h20
Le squat Manguiers se vide de ses habitants
La destruction du squat Manguiers, à Rémire-Montjoly a été quasiment achevée hier. Les maisons restantes doivent être détruites après les vacances de Noël. - Angelique GROS

Au squat Manguiers, à Rémire-Montjoly, 113 des 123 habitations ont été détruites entre lundi et hier. La société Estliz, gérée par René Gustave, auquel est associé Raymond Abchée, compte construire des lotissements sur le terrain.

Au deuxième jour de l’opération de démolition du squat Manguiers, à Rémire-Montjoly, 113 des 123 maisons concernées par des procédures de justice ont été rasées. Le préfet, Marc Del Grande, hier sur place, a précisé : « Il n’y a eu aucune résistance et beaucoup d’habitants avaient déjà quitté les lieux. Cette évacuation n’est pas une surprise. Elle se fonde sur des décisions de justice qui s’étalent entre septembre 2016 et le milieu de l’année 2018. […] Le reste des évacuations se fera après les vacances de Noël comme je m’y étais engagé. »

Plus aucune RHI possible

Une maison n’a pas pu être détruite et neuf sont encore en procédure d’appel. René Gustave est le gérant de la société immobilière Estliz, qui a acquis ce terrain de 36 hectares au département en 2011 (lire ci-après). Il explique que « nous avons un projet de lotissement et sommes coincés depuis de nombreuses années. Les habitants n’ont jamais rien voulu entendre malgré toute les démarches à l’amiable que nous avons voulus réaliser. »

Le squat Manguiers comptait entre 400 et 500 habitants mais seulement une centaine de personnes se sont rendues au pôle social pour trouver une solution de relogement temporaire, lundi. « Sur les 40 personnes pour lesquelles nous avons demandé une mise à l’abri, 15 ne sont pas rendues dans les hébergements proposées », souligne le préfet. Hier, le pôle social n’était pas présent sur le site. Pour Marius Florela, président de l’association Droit au logement, cette évacuation est un drame. « Il y a des habitants qui ont dormi dehors, devant l’entrée du squat. Et les gens qui sont là, ne savent pas où aller. Il n’y a pas de maisons pour eux. » Il déplore qu’aucune opération de résorption de l’habitat insalubre (RHI) n’ait été menée, notamment pour les personnes installées le long de la route, qui habitent le quartier depuis 40 ans. « J’ai rencontré le préfet a plusieurs reprises pour lui proposer de passer le terrain en utilité publique. Il a refusé. Ça aurait pourtant permis de faire tomber toutes les procédures judiciaires et de faire une RHI. Les habitants auraient été prêts à acheter leur terrain entre 70 et 80 euros le m2 et on aurait ensuite pu dédommager le propriétaire », insiste Marius Florella.

600 000 euros de frais pour le propriétaire

« On en est pratiquement à 600 000 euros en comptant les procédures judiciaires, aujourd’hui. C’est un coût et c’est aussi pour ça qu’il y a beaucoup de squats en Guyane car si vous n’avez pas les reins solides vous ne pouvez pas y arriver », souligne René Gustave. Dans le cadre de l’évacuation d’un squat, les huissiers, déménageurs, le stockage des affaires des habitants, la destruction et le nettoyage du site sont à la charge du propriétaire. Comme il l’a annoncé en septembre, le préfet veut prendre le problème des squats à bras le corps. Hier, il a réaffirmé son intention d’évacuer un squat par mois. On en compterait près d’une vingtaine rien que sur l’île de Cayenne…

Angélique GROS

Marius Florela, président de l’association droit au logement au chevet des habitants du squat Manguiers, hier - Angelique GROS
L’histoire du terrain du squat Manguiers

René Gustave, gérant de la société immobilière Estliz, explique qu’à l’origine plus de la moitié de ces terrains appartenaient à son grand père, Félix Damas. « Il en a été exproprié contre un arrangement financier avec l’état et le département à l’époque de la construction du port de Dégrad-des-Cannes (dans les années 1970, ndlr). Les terrains où se situe le squat Manguiers ont été rachetés par le conseil général et de l’autre côté de la route, côté mer, par l’état. Au décès de mon grand-père, mon père en est devenu propriétaire et héritier, tout comme moi. 30 ans plus tard, j’ai mis le conseil général devant une situation de rétrocession légale et il a dû me revendre le terrain. J’ai quand même eu à payer 2,4 millions d’euros pour retrouver un bien qui était un bien familial à l’époque. […] Nous avons pris l’option de demander les terrains que le conseil général avait aussi à côté pour compenser l’état du terrain de mon grand-père par rapport à son occupation. » Raymond Abchée s’est ensuite associé à René Gustave. Quand à certaines familles qui ne sont pas encore expropriées, ce dernier explique que « le conseil général m’a demandé une attention toute particulière à l’époque car ce sont des familles «  guyanaises  » dont les parents déjà étaient installés là, qui sont installées depuis très longtemps. Mais ça ne leur donne pas pour autant la propriété du terrain. »

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13 commentaires

Vos commentaires

Gérard Manvussa 12.12.2019

Cette affaire ne sent pas bon. Dommage que France-Guyane ne fasse pas d'investigation sur le foncier concernant souvent la même petite équipe. D'ailleurs le nom de la SCI que vous donnez n'est pas le bon.

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Ergo sum 13.12.2019

Guyaweb vient d'éclairer l'affaire, mais ce n'est guère mieux : le terrain a été récupéré suite à la défaillance du conseil général et sous prétexte d'un projet immobilier type RHI incluant les occupants sur place...
Pour annoncer au lendemain que nenni, l'endroit est trop luxueux. Filez les pauvres, on vous a bien eu.
Tout est légale, n'est-ce pas. Vive la République.

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Gérard Manvussa 14.12.2019

Et évidemment les autorités françaises en bras armé des nantis. Y aura-t-il une enquête judiciaire sur les ressorts de cette opération foncière avec l'audition de toutes les autorités en ayant eu connaissance ?

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Ergo sum 15.12.2019

La justice ne peut se substituer ni à des lois iniques ni à leur mauvaise pratique.
Ce qui s'est passé peut être parfaitement 'légal' tout en étant détestable car contraire à la morale.

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Gérard Manvussa 16.12.2019

Justement, en Guyane et en France surtout en province, la justice manque d'argent pour les affaires plus fastidieuses pour lesquelles des enquêtes plus subtiles sont nécessaires...

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Ergo sum 12.12.2019
brume épaisse

Hé ho les enfants, votre silence irrite les oreilles !

dtc, BonPom, tronokar et semblables, expliquez cette explication au nom de votre "légalité" qui ne frappe que les pauvres sans relations!

Monsieur René Gustave peut aussi s'exprimer. Le conservatoire des hypothèques aussi, le préfet aussi.

Devons-nous comprendre que l'arrangement financier des années 1970 n'a été suivi d'aucune inscription aux hypothèques, aux cadastres?
Que c'est ce qui explique que le fils est devenu héritier de ce que son père avait déjà vendu ?
Que les 2.4 millions euros n'ont concerné en réalité que la partie adjacente nouvellement achetée, en dehors de l'héritage vendu-mais-non ?

Devons-nous comprendre que les maisons tout aussi illégalement construites sur le même terrain deviennent "légales" et épargnées par la seule "origine guyanaise" de leurs occupants ?
Entendons: par leurs relations ?

Vous me parlez de droit et de légalité ?

On vous écoute, Messieurs.

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BonPom 13.12.2019

"L'imposition de taxes et leur acceptation de la part de l'administration légalise de facto les constructions illégales et ouvre droit aux indemnisations." affirmez-vous faussement. Vous méconnaissez le droit ; c'est un fait et chacun peut s'informer sur le sujet du "Régime fiscal applicable aux constructions illicites édifiées sans permis de construire" et constater que le paiement d'une taxe foncière ou d'habitation ne rend pas légale une construction illicite. Quand on constate que pour un fait si facile à vérifier, vous mentez à plusieurs reprises, quelle réponse devrait-on donner à vos autres affirmations ? Un silence irritant.

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dtc97300 13.12.2019

Votre problème est simple, vous pensez que votre "bon sens" autorise à s'exprimer sur tout sans connaître les dossiers. Vous attendez une réaction à quoi ? Si les constructions sont illégales, il est normal qu'elles soient détruites. De toute façon, vous feriez mieux de vous instruire au lieu de sans cesse vous exprimer sur des sujets auxquels vous ne connaissez rien.

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Ergo sum 13.12.2019
colons débiles

Celui qui ment c'est le fils de votre mère, cher BonPom. Avec votre copain dtc vous ne faites que vous répéter sans répondre et sans vouloir comprendre, fidèles à vous-mêmes.
Analphabètes en tout, sauf dans le crachat.
Vous êtes la parfaite illustration du colonialisme et de la perdition de la Guyane sous le régime actuel.

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BonPom 13.12.2019

Le paiement d'une taxe foncière ou d'habitation ne rend pas légale une construction illicite. Affirmer le contraire est un mensonge. Quant à vos insultes, très éloignées du point de droit souligné, elles illustrent là où vous préféreriez amenez le débat

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