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rémire-montjoly

Le squat Manguiers s’efface sous les coups des bulldozers

Angélique GROS Mardi 10 Décembre 2019 - 03h10
Le squat Manguiers s’efface sous les coups des bulldozers
La démolition du squat Manguiers, à Rémire-Montjoly a commencé hier à 7 heures. - Angelique GROS

La démolition du squat Manguiers a commencé hier, au petit matin. Sur place, de nombreux habitants n’avaient pas encore déménagé et beaucoup d’entre eux désespéraient de trouver une solution de relogement.

Après plusieurs semaines d’incertitude, la démolition du squat Manguiers, à Rémire-Montjoly, a débuté hier vers 7 heures, sous une pluie diluvienne (Lire FA Guyane du 2 décembre). Alors que l’accès au site est interdit aux journalistes, les camions qui évacuent en urgence les biens des habitants se succèdent au barrage de Dégrad-des-Cannes. Daniel René, éducateur sportif est venu aider un jeune qu’il entraîne. « Il m’a contacté en panique ce matin pour me dire que ça y est : il allait être expulsé avec sa famille […] Là je vais essayer de trouver un camion pour les aider à déménager car toutes leurs affaires sont sous la pluie ».

Après 11 heures, la presse, sous bonne escorte, est enfin autorisée à franchir le barrage. 120 gendarmes sont mobilisés pour encadrer les opérations de démolition du squat qui s’étend sur environ 800 mètres le long de la route des Plages. « Vous dire qu’on interdirait les évacuations pendant la saison des pluies ce n’est pas forcément raisonnable. On a essayé de faire en sorte que cet inconvénient météorologique le soit le moins pour tous. […] L’ensemble des requêtes qui ont été présentées par les riverains et les associations ont été rejetées samedi par le tribunal « , rappelle le sous-préfet Daniel Fermon.

Natali, 24 ans, est née ici. Elle était au travail quand elle a reçu un appel de sa mère lui expliquant que la démolition commençait hier matin. Ses frères et sœurs sont à l’école. Ils ne reverront jamais leur maison.

Onze habitations dites légales

Pour aider les habitants a trouver une solution de relogement, un pôle social a été installé devant la base navale de Dégrad-des-Cannes. « Ce matin (hier, ndlr) seulement vingt-sept ménages se sont présentés au niveau du pôle social soit une quarantaine de personnes », précise Daniel Fermon. Environ 400 familles vivent dans le squat Manguiers. Alors que l’huissier supervise l’enlèvement de ses affaires, Béatriz, qui a une fille de 15 ans, est effondrée. « Je vis ici depuis plus de 30 ans et avec mon mari nous payons 2 000 euros de taxe foncière […] J’attends que le pôle social me rappelle pour un logement ou je vais devoir dormir dans la rue. Et même s’ils trouvent une solution ce sera pour trois jours et après que ferons-nous ? ». Hier, environ la moitié du squat avait été démoli. Les opérations doivent se terminer aujourd’hui et il ne devrait rester des Manguier que onze habitations « dites légales » selon préfecture. L’accès à la route des Plages sera donc à nouveau bloquée toute la journée.


120 gendarmes ont été mobilisés hier pour sécuriser le squat Manguiers dont la démolition a commencée - Angelique GROS
La démolition du squat Manguiers a commencé hier et doit s'achever aujourd'hui - Angelique GROS
Maria Pantoja Nascimento (à gauche) épaulée par sa sœur Francisca, a dû déménager un urgence tous le mobilier de son restaurant qui va être détruit - Angelique GROS
La démolition du squat Manguiers, à Rémire-Montjoly a commencé hier à 7 heures. - Angelique GROS
Béatriz (au centre de la photo), réside au Manguiers depuis plus de 30 ans. Ses affaires viennent d'être déménagées de sa maison qui doit être détruite. - Angelique GROS
Le restaurant Chez Dona Maria sera détruit

Le bar restaurant du quartier Manguiers, Chez Dona Maria, n’échappera pas non plus à la démolition. Maria Pantoja Nascimento, qui a ouvert ce restaurant en 2006, ne peut retenir ses larmes et ne cache pas son désarroi. « Je paie la taxe foncière, la taxe d’habitation, la Sacem, l’électricité, l’eau… Quand on est allés voir le maire, il nous a dit de rester ! Et d’un seul coup, ils nous disent qu’il faut partir et qu’ils vont tout casser. » Pourtant elle explique que le rachat du terrain ne lui a jamais été proposé. « On aurait pu s’arranger avec ma famille, j’avais les moyens de l’acheter 5 euros le m2 et même 20 euros le m2 s’il fallait ». Installée dans le quartier depuis 1968, elle a réussi à trouver une solution en urgence pour se reloger contrairement à d’autres habitants. « C’est dur ! J’ai trouvé une maison à 800 euros à Cogneau-Lamirande mais sans eau, ni électricité ! Je n’ai pas de mari, pas de ressources et j’ai une fille handicapée. Sans le restaurant comment je vais faire pour payer les factures ? »

Maria Pantoja Nascimento (à gauche) épaulée par sa sœur Francisca, a dû déménager un urgence tous le mobilier de son restaurant qui va être détruit - Angelique GROS
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26 commentaires

Vos commentaires

jess 12.12.2019

détruisez ces squats qui sont laids et où sont reproduits ce l'on trouve en haiti et brésil et autres.

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tronokar 12.12.2019

oui, bon débarras !

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Gérard Manvussa 11.12.2019

Josse vous connaissez très mal la Guyane et ses us et coutumes. Il suffit de voir qui sont les hommes d'affaire qui ont racheté ces terrains trois francs six sous à une collectivité. Collectivité au demeurant qui a préféré vendre ces terrains déjà habités à un ou des hommes d'affaire ayant historiquement contracté avec elle. Pas bizarre tout ça ? Et le social ? Et l'Etat dont les hauts fonctionnaires bénéficient d'avantages d'un autre âge devient le bras armé de la finalité de cette opération.

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BonPom 11.12.2019

"trois francs six sous", d'après votre commentaire. Plus de 2 millions d'euros d'après l'article de FG.

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Gérard Manvussa 11.12.2019

FG ? Ramenez à la superficie et au mètre carré. On est en pleine spéculation. De gens qui ont déjà tout.

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dany85 11.12.2019

A qui appartient le terrain actuellement ?

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Josse 11.12.2019

Ça c'est une très bonne question.
De là à ce qu'un projet immobilier se dessine dans un avenir proche à cet endroit...

Vous avez noté l'absence des Kolectifs apéro & dominos ! Pourtant, ils étaient bien en évidence, quand leur ami s'est fait expulser de la route de plages, l'année dernière...

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BonPom 12.12.2019

Pour avoir une réponse à cette question, lisez l'article du 11-12-2019 du journal qui publie votre commentaire.

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Ergo sum 10.12.2019

Le durcissement politico-militaire, réponse au mouvement des Gilets jaunes arrive en Guyane.

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Gérard Manvussa 10.12.2019

Pourquoi France-Guyane n'a jamais creusé le coût d'un préfet et des hauts cadres administratifs français pour le contribuable ? On ne veut pas fâcher l'Etat ? Un Etat qui semble faire ce qu'il veut en Guyane. On y vire les pauvres de manière militaire, sous une pluie diluvienne, dans un silence total de la classe politique, de l'évêque, de ses curés et j'en passe. Triste monde de la finance, des marchands de sommeil, des nantis et des spéculateurs...

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Josse 11.12.2019

Quel est le rapport entre le cout d'un préfet, haut fonctionnaire et cet article?

Vous devenez sénile mon pauvre Gégé !!
Vous avez fait trop de parties de dominos au soleil ??

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