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sécurité

Le premier scanner millimétrique de l'aéroport opérationnel le 16 juin

Stéphane HESPEL Mardi 9 Juin 2020 - 18h24
Le premier scanner millimétrique de l'aéroport opérationnel le 16 juin
Le premier appareil entrera en service la semaine prochaine. Un autre est prévu en juillet. - Montage photos DR

En cours d'installation depuis plusieurs jours, le premier scanner millimétrique à ondes portées sera opérationnel le 16 juin. Un outil supplémentaire de dissuasion dans la lutte contre le trafic de drogue.

En mettant en place un scanner millimétrique à l'aéroport de Paramaribo, le Suriname a, malgré lui, repoussé une partie de « ses » trafiquants vers d'autres villes d'Amérique du sud, et notamment vers l'aéroport Félix-Eboué, à Matoury. La mise en service la semaine prochaine, le 16 juin, de ce premier outil de lutte contre le trafic de drogue sera suivie par une autre, courant juillet.
A même la peau
Feu l'écographe, jamais opérationnel — faute de salle dédiée, de médecin ou encore d'une personne qui a l'habilitation pour interpréter les clichés — le scanner millimétrique à ondes portées a la faculté de déceler la drogue que les trafiquants peuvent cacher à même la peau. Le trafic in corpore, comme l'a rappelé le préfet Marc del Grande devant les sénateurs, fin mai, en visioconférence, ne représente « que 5 % puisque les voyageurs peuvent en ingérer de quelques centaines de grammes à 1 kg en moyenne. Les trafiquants préférèrent désormais augmenter la quantité transportée pour tenir compte des pertes potentielles liées aux saisies. »

Ce scanner est une « revendication de longue date de certains collectifs de lutte contre l'insécurité en Guyane, ajoute le préfet. « La mise en place d'un appareil type « scanner corporel » à l'aéroport, pour contrôler de façon systématique tous les passagers, et détecter ainsi toutes les mules est vue comme une solution apte à tarir le flot. » Dans un communiqué diffusé sur les réseaux, le collectif Tròp Violans, dont le leader est Olivier Goudet, rappelle que la « lutte a démarré en 2015 » (Lire notre article ici). Les scanners qui sont prévus « sont bien ceux que nous avons exigés, et exigeons depuis 2015. La seule technologie qu’il est possible d’installer à ce jour, pour un territoire français, donc européen. » Et d'assurer aussi que «  que ce n’est pas ce seul outil ou moyen que nous avons réclamé et qui sera mis en œuvre ... »
400 000 euros
Le scanner à ondes millimétriques est déjà en usage dans certains aéroports américains, au Suriname, ainsi qu'en France, à Orly et à Lyon. L'Accord de Guyane, en 2017, avait opté pour l'écographe. « Les travaux visant au déploiement de cet équipement, poursuit le préfet, ont débuté à l'automne dernier, en partenariat avec la CCI de Guyane, qui est titulaire de la délégation de service public de l'aéroport Félix-Eboué, ainsi qu'avec la Direction générale de l'Aviation civile. » Deux exemplaires ont été commandés pour un coût de 400 000 euros, financés à parité par la Collectivité territoriale et par l'Etat.

Le scanner viendra en complément du poste d'opération filtrage. Tous les passagers n'ont pas vocation à passer sous ce portail : seuls ceux qui sonnent et ceux qui ont été ciblés passeront, a-t-il été indiqué, fin mai.
236 kilos saisis et 71 passeurs déjà appréhendés en 2020
« Le phénomène explose sur la période récente, indiquait récemment le préfet Marc del Grande devant la commission de 23 sénateurs (une mission parlementaire sur le trafic et ses conséquences dont le rapporteur est le Guyanais Antoine Karam). 1 071 kg de cocaïne ont été saisis par la douane en 2019 sur 337 passeurs (auxquels il faut ajouter les saisies réalisées par les autres forces engagées, police aux frontières et gendarmerie). Déjà, sur les quatre premiers mois de l'année 2020, ce sont 236 kg et 71 passeurs qui ont été appréhendés par la douane, malgré la crise sanitaire en cours et la réduction importante des liaisons aériennes transatlantiques (2 vols par semaine contre 13 auparavant) ». Des chiffres auxquels pourraient aussi être ajoutés ceux des mules qui ont réussi à voyager jusqu'à Orly et interceptées à leur arrivée.
« L'Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) estime quant à lui que 20 % de la cocaïne consommée en France chaque année a transité par la Guyane, qui est désormais le deuxième « point d'importation » en France après les aéroports parisiens. Une fois parvenue en Europe, le kilo de drogue - plusieurs fois « coupée » - acheté 5 000 € au Suriname est revendu 65 € le gramme aux consommateurs », a également précisé Marc del Grande.
 


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2 commentaires

Vos commentaires

Ergo sum 20.06.2020

Ce scanner permet de voir à la peau... Observer la taille du pénis de l'individu, par exemple. Bon sujet de rigolades pour les manipulateurs, comme cette histoire US (?) où les agents se sont amusés à se regarder avec, puis l'un d'entre eux est devenu cible de blagues à cause de sa taille très réduite. La blague s'est terminée en meurtre..

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benoit.guyane 19.06.2020

En quoi ce genre de scanner va lutter contre le trafic de drogue ????
La drogue est soit ingeree ou placee dans les bagages....
Ce scanner ne permet pas de "voir" a l interieur du corps humain..
En 2015 FranceGuyane elle meme publiait dans ses colonnes que ce type de scanner ne pouvait absolument pas detecter la drogue incopore....
Votre titre de l'epoque (septembre 2015) :
Mules : un scanner corporel, pour quoi faire ? En septembre 2015

Vous etes amnesiques ???

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