• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
GUYANE

Le point complet sur la plus grosse affaire de drogue jamais réalisée en Guyane avec au final 594 kilos de cocaïne saisis et 50 000 euros en espèce

Samir MATHIEU & Rodolphe LAMY Mardi 6 Octobre 2020 - 17h19
Le point complet sur la plus grosse affaire de drogue jamais réalisée en Guyane avec au final 594 kilos de cocaïne saisis et 50 000 euros en espèce
594 kilos de cocaïne ont été saisis en tout dans la plus grande affaire de drogue ayant jamais existée en Guyane - Gendarmerie de Guyane

Les quatre individus arrêtés dans le cadre de la plus grosse saisie jamais réalisée en Guyane vont prendre l'avion ce soir pour rejoindre la Martinique où il seront présentés dans la semaine au JIRS. Les perquisitions réalisées ont mis en lumière un trafic de drogue d'envergure. L'enquête se poursuit. L'occasion pour nous de faire un point complet sur cette affaire historique que France-Guyane vous a révélé en exclusivité dès vendredi soir, où ce sont finalement 594 kilos de cocaïne qui ont été saisis, ainsi que 3 voitures de luxe ou encore 50 000 euros en espèces !

C'est une affaire sans précédent en Guyane que France Guyane vous a révélé dès vendredi soir. Il faut savoir qu'elle est encore plus importante que les premières indications fournies. Ce sont 594 kilos de cocaïne qui ont été saisis par les forces de l'ordre. Et ce n'est pas tout : 3 voitures de luxe et 50 000 euros en numéraire ont, entre autre, aussi été saisis. 4 personnes, âgées de 26 à 56 ans, ont été interpellées, placées en garde à vue et vont être présentées dans la semaine à la Juridiction Interrégionale Spécialisée de Fort-de-France (JIRS). En attendant leur transfert prévu ce soir vers la Martinique, les quatre suspects ont passé la nuit  dernière à la prison de Rémire-Montjoly. En Martinique, au terme de leur présentation devant le magistrat en charge du dossier, ils risquent d'être mis en examen et incarcérés à la prison de Ducos. Des perquisitions ont mis en exergue un trafic de drogue d’envergure et l'enquête a permis d'acquérir la certitude que ce n'était pas la première fois que cela se passait...

"C’est la plus grosse saisie de cocaïne jamais réalisée en Guyane" confirme ce mardi le parquet de Fort-de-France. Une information judiciaire était ouverte depuis le mois d’août à la Juridiction Interrégionale Spécialisée (JIRS) de Fort-de-France  après que le parquet de Cayenne ait transmis le dossier au vu de l'ampleur de l'affaire.

Début de l'affaire en juillet

"En réalité, l’affaire a commencé en juillet dernier" indique ce mardi, le procureur de la République de Fort-de-France Renaud Gaudeul. Les militaires de la compagnie de gendarmerie de Matoury ont alors recueilli des éléments relatifs à un trafic de stupéfiants d’envergure, transitant par la Guyane.

Les premiers éléments ont permis de vérifier le sérieux des éléments réunis, justifiant l’ouverture d’une enquête judiciaire, rapidement pilotée par le parquet de la JIRS de Fort-de-France. A l’issue d’une enquête préliminaire d’un mois, une information judiciaire a été confiée à un magistrat instructeur spécialisé.

Les investigations, menées conjointement par l’OFAST Antilles-Guyane et la gendarmerie en Guyane, ont mis en évidence un départ imminent de cocaïne fin septembre. « C’est dans ces conditions qu’il a été décidé de mener une opération de police judiciaire le 1er octobre 2020, dans la soirée. Celle-ci a mobilisé une cinquantaine de gendarmes de Guyane, ainsi qu’une dizaine d’enquêteurs de l’OFAST », précise le parquet de Fort-de-France.

Lors de cette opération, 594 kilogrammes de cocaïne, conditionnés en 18 sacs en toile, ont été saisis. Ils étaient accompagnés d’un plomb de fermeture de container. La marchandise a été trouvée jeudi soir dans un véhicule Citroën Berlingo, aux abords du port de Dégrad des Cannes à Rémire-Montjoly.
Le soir des faits...
Le conducteur dudit véhicule ainsi que les occupants d’un second véhicule qui se trouvait à proximité immédiate, ont été interpellés. Un quatrième individu, mis en cause par les éléments de l’enquête, a également été interpellé à l’intérieur du port. Tous les quatre ont été placés en garde à vue. Des gardes à vue qui ont pris fin lundi après-midi avant que ces individus ne soient présentés à un juge des libertés et de la détention au tribunal du Larivot à Cayenne. Ces quatre individus sont âgés entre 26 et 56 ans. Il s'agit pour trois d'entre eux de locaux, nés en Guyane, sauf le dernier, qui est un Haïtien. L’un d’eux était établi au Suriname, tandis que les trois autres demeuraient à Matoury et à Cayenne. Deux d’entre eux ont déclaré ne pas avoir de profession, l’un se déclarait comme étant orpailleur et négociateur en bois au Suriname, tandis que le dernier était employé dans une entreprise de transport maritime et manutention portuaire œuvrant sur le port de Rémire-Montjoly. Il s'agit du plus âgé des 4, dont le nom et la photo ont largement été relayés sur les réseaux sociaux. Cet homme, cadre à la Somarig, était aussi un des responsables syndicaux des dockers FO du port. C'est d'ailleurs le seul mis en cause qui a choisi de garder le silence tout au long de la garde à vue, comme nous l'a confirmé son avocat, maître Jérôme Gay qui rajoute que pour lui "l'affaire est plus complexe qu'il n'y paraît". Les trois autres suspects ont tous accepté de faire des déclarations au cours de leur garde à vue. 

Ce n'était pas la première fois...
A ce stade de l’enquête, il apparaît que cette organisation criminelle avait mis en place une filière de transport de cocaïne entre le Suriname et l’Europe, en transitant par les infrastructures portuaires de Guyane.

A ce stade de l’enquête, il apparaît que ce n’était pas la première fois que cette organisation procédait à ce transport de stupéfiants vers l’Europe par la voie maritime. Les ports de destination étaient ceux du Havre et d’Anvers.

Les perquisitions menées ont d’ores et déjà permis de mettre la main sur plus de 50 000 euros, trois véhicules de luxe (Audi Q5, Aaudi A7 et Renault Talisman), sur un jet ski et une motocyclette Honda.

A l’issue de leur garde à vue, les quatre personnes interpellées ont fait l’objet d’un mandat d’amener, dans cette procédure ouverte des chefs notamment d’importation et exportation en bande organisée de produits stupéfiants, faits pour lesquels les auteurs encourent une peine de 30 années de réclusion criminelle. Les quatre individus doivent être présentés au magistrat instructeur de la JIRS de Fort-de-France dans le courant de la semaine. L’enquête se poursuit afin de préciser l’ampleur de ce trafic, et le rôle exact des divers protagonistes.


La technique du « Ripp-on / Ripp-off »

Les trafiquants présumés ont employé la technique communément appelée de « Ripp-on / Ripp-off ». Elle consiste à polluer des containers légaux en y intégrant de la drogue, celle-ci étant ensuite déchargée en Europe, soit à l’intérieur du port, soit à l’extérieur.

« Ce type d’organisation est complexe à mettre en œuvre car elle suppose des complicités dans les ports de départ et d’arrivée, mais elle est particulièrement lucrative : la quantité découverte dans cette affaire représente celle transportée par plus de 400 mules transitant par la voie aérienne depuis la Guyane, la quantité moyenne transportée étant de 1,7 kilogrammes (données 2018) », précise le parquet.

La valeur de la marchandise saisie dans cette affaire, une fois parvenue en Europe, était d’au moins 18 millions d’euros (et encore nettement plus une fois recoupée et revendue au détail). La somme totale de la valeur de cette drogue étant bien supérieure si on compte les ventes au gramme. On parlerait alors de plusieurs dizaine de millions d'euros.

-----------
Les saisies en chiffres

594 kilogrammes de cocaïne saisis

Plus de 50 000 euros en numéraire

Plusieurs véhicules, dont 3 de luxe, un jet ski, une motocyclette

4 interpellations et présentations devant le magistrat instructeur
 
----------
Il a dit :
Renaud Gaudeul, procureur de la République à Fort-de-France : « Grâce à une coopération entre services »

« Je tiens à féliciter les magistrats et enquêteurs, de la police comme de la gendarmerie, qui ont œuvré dans cette affaire. Nous supposions depuis plusieurs mois que les filières criminelles devaient s’intéresser à la voie maritime pour le transport de cocaïne depuis la Guyane. Cette affaire, rendue possible grâce à une coopération entre services de police et de gendarmerie, démontre que cette hypothèse était exacte ».

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
1 commentaire

Vos commentaires

GILLES BERNARD 14.10.2020

Donc, dans le club des 4, un syndicaliste de la SOMARIG, qui émargeait à 5000 Euros nets par mois au minimum... et qui faisait surement chier tout le monde pour des toilettes bouchées... Tu sais, le genre de bras cassé qui a été embauché par copinage, et qui se servait de sa délégation pour passer ses journées à glander... A 56 ans, toujours pas rangé des voitures. Médiocre jusqu'au bout.

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
2 commentaires
3 commentaires
1 commentaire
A la une