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La statue de Victor Schoelcher maculée de peinture rouge sang

P.R. Jeudi 2 Juillet 2020 - 08h49
La statue de Victor Schoelcher maculée de peinture rouge sang
De la peinture rouge a été jetée sur la statue de Victor Schoelcher à Cayenne - (photo : réseaux sociaux)

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la statue de Victor Schoelcher, sur la place du même nom à Cayenne, a été vandalisée et maculée de peinture rouge. Un geste non revendiqué, qui fait écho au déboulonnage de deux statues de l'abolitionniste décrié en Martinique le 22 mai dernier, à l’heure où la Guyane connaît une grave crise sanitaire. 

 Ce n’est pas la première fois, que la statue de Victor Schoelcher à Cayenne fait l’objet de vandalisme. En décembre 2017, quelques mois après le mouvement social, cette statue fut « encagoulée » (notre photo). Des gestes qui traduisent un certain malaise. En effet, la posture donnée ici est celle de l’abolitionniste Schoelcher montrant la voie de la Liberté à un esclave affranchi qui semble épris de reconnaissance. Réalisée en 1896 par le sculpteur Louis-Ernest Barrias, celle-ci est située sur la place du même nom à Cayenne (anciennement place Victor-Hugo). Un endroit stratégique puisque la place comprend également depuis au moins un siècle une banque, la première à avoir existé en Guyane, autrefois appelée « La Banque de Guyane ».

Le 22 mai dernier, jour de commémoration de l'abolition de l'esclavage en Martinique, un groupe d'activistes de l'île a fait tomber deux statues de Victor Schoelcher de leur socle avant de les endommager à coups de masse. Les militants ont déclaré contester ainsi l'action de Schoelcher, lui reprochant notamment le décret suivant l'abolition de l'esclavage ayant permis l'indemnisation des propriétaires d'esclaves. Décret duquel découlerait la position dominante des "Békés" dans l'économie de l'île aujourd'hui. 

En décembre 2017, les têtes des statues de Victor Schoelcher et de l'esclave affranchi étaient respectivement enveloppées de maillots noir et rouge. - (ARCHIVES FRANCE-GUYANE) -

Des rues portant des noms d’esclavagistes
En Guyane, comme aux Antilles, l’esclavage a été trop longtemps occulté.

Quelques rues portent encore aujourd'hui à Cayenne le nom d'esclavagistes (ex : la rue Malouet). Par contre, d'autres hommes dont nos rues portent le nom, comme François Arago, avaient fait le choix d'aider les esclaves à acquérir leur liberté. Autre anecdote : Madame Payée, de son nom africain Suzanne Amanba, esclave à l'époque, aurait profité de l'abolition. Elle aurait été affranchie après s'être mariée avec un soldat. Durant la période coloniale, elle possédait l'une des plus grandes exploitations avec son mari.

À noter qu'une autre rue porte le nom de Schoelcher à Cayenne, et qu'un collège porte également son nom à Kourou.
Des lieux et des monuments
De nombreux lieux chargés de l'histoire de l'esclavage auraient été oubliés. Comme le Canal Laussat, la Crique Fouillé, le Canal Beauregard à Rémire-Montjoly... Des lieux nés de la main des esclaves. À l'angle des rues Général de Gaulle et du 14 juillet, existait auparavant une fontaine portant le nom d'un célèbre esclave, Dunez. La fontaine a été démolie pour permettre la construction de cet immeuble.

Par ailleurs, de nombreux monuments d'aujourd'hui nous rappellent les atrocités de l'esclavage ou son épilogue : le monument du rond-point Adélaïde-Tablon (anciennement nommé Vidal), le monument des Chaînes-brisées au boulevard Mandela, la tombe de Victor Hugues au cimetière de Cayenne...

Ce n'est que tardivement, depuis les années 1970, que cette prise de conscience a commencé et que ces monuments ou statues ont été érigés. La Guyane a parfois encore du mal à parler de l'esclavage. Mais petit à petit, la vérité de l'histoire se fait jour.
• POUR ALLER PLUS LOIN
 - Statues de Schœlcher : raisons et réactions
- (Débats) Victor Schœlcher, nouvelle victime du Schœlchérisme
- (Débats) Casser les statues de Schœlcher : « un coup d'éclat érroné »

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7 commentaires

Vos commentaires

Fredopoulo 28.07.2020

Ce que les gens ne comprennent pas c'est que sans indemnisation, l'esclavage n'avait aucune chance d'être aboli, dans le contexte de l'époque. Il faut toujours remettre les choses dans le contexte d'une époque et si Schoelcher n'avait pas pris cette décision il n'y aurait eu aucune avancée sur la question. Les gens qui ont déboulonnée cette statue sont stupides.

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Vendeta973 04.07.2020
Une autre époque,

L’époque a changé, l’histoire reste. Nos anciens avaient des valeurs qui ne sont plus actuelles et ont laissé des monuments reflétant les valeurs et symboles de leurs époques.
On peut toujours juger les faits selon notre perception actuelle mais il faut aussi preserver ces témoignages d’une époque dépassée qui rappellent les affres du passé et donc de l’histoire de notre histoire.
Si l’on prenait le risque de tout effacé du passé, on préparerait le futur d’une possible repetition de l’histoire.

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jayjay5 03.07.2020
Paternaliste

Cette statue est ignoble. Elle montre toute l'attitude condescendante des colons contre nos ancêtres. Il faut continuer à effacer tous les vestiges de cette époque. Rien ne m'énerve autant que les ignares qui continuent à appeler l'aéroport "Rochambeau" alors que ce triste sire a consacré sa vie à tuer les esclaves.

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RAF973 03.07.2020

Vous devriez vous renseigner avant d’écrire des bêtises ( depuis 2 jours vous n’arrêtez pas ...).
Vous confondez Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur de Rochambeau qui a participé à la guerre d'indépendance des USA avec Donatien de Rochambeau ( son fils ).
Si je ne trompe pas ( de historiens pourront corriger ou préciser) , ce sont les américains qui ont donné le nom de Rochambeau ( celui qui a participé à leur guerre d'indépendance en 1780) à l’aéroport pendant le seconde guerre mondiale en hommage à cet homme qui a participé à leur indépendance. Le second, son fils donc, a en effet un passé esclavagiste mais il n'a rien à voir avec l'aéroport.
Toujours ( sous réserve de vérification bien entendu) une personne d'origine haïtienne s'est offusquée du nom de l'aéroport en arrivant mais ne connaissait pas la véritable origine du nom et de la débuté le processus de changement de nom.On part d'une méconnaissance ...
Vérifier avant d’écrire des choses mais n'affirmez pas des faits qui sont faux.
Vous devriez vous renseigner sur Schoelcher avant d’écrire autant d’inepties...

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Laurent du maroni 03.07.2020
Anarchistes ou manichéens ?

J'invite ceux qui ont la flemme de réfléchir avant d'agir à regarder le très instructif reportage sur Arte : 476 - 1375 : Au-delà du désert "Les routes de l'esclavage"

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rien 02.07.2020
Directrice adjointe musée des cultures

Votre anecdote concernant Madame Payé renferme des erreurs:
Madame Paillé est décédée en 1755, soit près d’un siècle avant l’abolition définitive de l’esclavage (1848), et même avant la première abolition (1794). On ne peut donc dire qu’elle en a profité.
Son nom de jeune fille – peut-être son nom africain d’origine - était Amomba et non Amanba. Quant à Suzanne, c’est probablement le prénom (français / chrétien) qui lui a été attribué quand elle est devenue esclave.
Enfin, il ressort entre autres de son acte de mariage, qu’elle est déjà libre quand elle épouse le soldat Jean Paillé le 29 juin 1704.

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philsa973 03.07.2020
Merci

Merci de rétablir les faits, car souvent par ignorance ou quelquefois par parti pris, l'Histoire est réécrite et peu importe le contexte de l'époque...
Certains souvent pour des raisons politiques préfèrent juger avec les yeux d'aujourd'hui et refaire l'Histoire.
Chacun doit rester dans son domaine s'il n'a pas les compétences...
La politique aux politiciens, la médecine aux médecins...

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