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La Réunion : libéré, un Surinamien jeté à la rue

Nicolas Goinard Lundi 29 juillet 2013
La Réunion : libéré, un Surinamien jeté à la rue
Humphrey Anakaba était impliqué dans un trafic de drogue entre la Guyane et la Réunion (DR)

Humphrey Anakaba est libre. Ce Surinamien de 34 ans impliqué dans un trafic de cocaïne est sorti de prison, jeudi. Mais sans un sou, il se retrouve totalement isolé à La Réunion.

La liberté. Beaucoup de détenus en rêvent. Beaucoup, mais pas Humphrey Anakaba, un Surinamien de 34 ans qui était écroué depuis février 2012. Impliqué dans un trafic de drogue entre la Guyane et la Réunion, sa détention provisoire n'a pas été renouvelée jeudi. Interpellé en Guyane, il est transféré à la Réunion à la demande d'un juge. « Il aurait très bien pu être jugé en Guyane pour ça » , note son avocat Me Marie Briot, qui trouve ce transfert « inutile » .
La sortie de prison de l'intéressé est loin d'être une délivrance pour lui car cette fin de détention provisoire marque le début du cauchemar. Déjà libéré en mars dernier, Humphrey Anakaba avait mal vécu son contrôle judiciaire. Il avait finalement fait en sorte de le violer pour pouvoir retourner entre quatre murs. A l'époque, il avait raconté qu'il était pris de crises d'angoisse et qu'il n'arrivait pas à s'adapter à La Réunion, lui qui avait été interpellé en Guyane où il vivait en situation irrégulière avec femme et enfants. L'homme parle mal français et n'a aucune connaissance localement.
Jeudi après-midi, à Domenjod, l'éducatrice du SPIP (Service pénitentiaire d'insertion et de probation) a donc fait des pieds et des mains pour lui faciliter la sortie. Dans le même temps, son avocate a contacté la préfecture pour qu'un arrêté de reconduite à la frontière soit prononcé. « Il n'a pas de ressources. Ça ne sert à rien qu'il reste ici. Le jour où il sera jugé, le tribunal risque en plus de prononcer contre lui une interdiction du territoire français. » Mais la préfecture demandait certains papiers et la juge d'instruction a décidé jeudi soir de prononcer un contrôle judiciaire ne comportant que l'interdiction de quitter la Réunion. Après être venu au cabinet de son avocate, Humphrey Anakaba est allé passer sa première nuit de liberté dans un immeuble en construction. L'avocate est allée vendredi matin rencontrer la juge pour lui relater la situation. L'accueil a été, selon nos informations, très frais. Elle a donc saisi la chambre de l'instruction pour la levée de cette interdiction de quitter le territoire. Le dossier sera audiencé demain. Etonnamment, le contrôle judiciaire ne prévoit pas que Humphrey Anakaba pointe régulièrement au commissariat. Le parquet a désormais trois mois pour rendre ses réquisitions. Le juge devra rendre ensuite son ordonnance de renvoi. Avec une dizaine de personnes, toutes libres, cette affaire ne sera probablement pas jugée avant un an.
Nicolas Goinard (Journal de l'île de la Réunion)

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5 commentaires

Vos commentaires

stormy973@hotmail.fr 31.07.2013
Jeté à la rue???

Ce n'est pas grave il aurait pu être jeté au requin. Quand j'aurai du temps je le plaindrai.

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benj77 31.07.2013
Effectivement...

Si tous les gens qui ont des fins de mois difficiles voire même qui sont dans la misère se lançaient dans le trafic de drogue, ça se saurait. Pas vu pas pris, mais vu et pris, on assume. D'autant plus que je suis sûr que s'il roucoulait et donnait des détails sur le trafic, les douanes lui donneraient un statut "d'aviseur" qui lui permettraient de payer une partie de son retour, quand le juge aura décidé qu'il peut rentrer (depuis quand choisit-on sa juridiction en France?)

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dny97300 30.07.2013
On marche sur la tete!!!!

A en lire cet article, cet individu serait a plaindre. En déplaise a certains et certaines, et bien non, pas a mon humble avis. Ce n'est pas un simple feu rouge non respecte ou un stop !!! C'est un individu qui a participe a un trafic de cocaïne. Il n'est pas tout noire mais pas tout blanc aussi. Certains diront que ce genre d'individu est une proie facile aux "recruteurs ", mais ils savaient les risques et les gains bien entendus. Combien d'entre nous triment chaque mois pour atteindre les deux bouts? Combien n'arrivent pas a s'en sortir ?Après avoir payé le loyer, les factures et les divers courses alimentaires, souvent il ne reste quasiment rien pour finir le mois. Et pourtant, on ne participe pas tous a un trafic de cocaïne. Je pense que mes propos pourront paraître crus mais on ne cède pas a la facilite sans risques. Et puis, une fois rentre dans son pays,le Suriname, pensez vous que ce Surinamais (et non SURIMANIEN comme écrit dans l'article) restera sagement dans son pays, alors qu'il a femme et enfants en Guyane ? Et bien non. Et même s'il écope d'une interdiction du territoire, il se fera contrôler par la Police puis incarcéré mais il sera toujours mieux que dans son pays. Les lois sont très différentes au Surimane, surtout pour ceux qui les enseignent. Je pense qu'il existe des gens sans emploi dans nos rues, qui a misère ""équivalente "" si je puis m'exprimer en ces termes, méritent plus d'attention et de soutien.

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Tamous 30.07.2013
vacances

Le pauvre !!!!!
J'espère que mes impôts ne vont pas payer ce retour en Guyane...où il n'est pas le bienvenu !
Qu'il soit assigné à résidence à Paramaribo avec les impôts de ses compatriotes.....rien de plus, rien de moins

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benj77 30.07.2013
Que les services consulaires du Suriname

le prennent en charge, ou sa famille, ou ses amis, ou les trafiquants qui l'ont envoyé là-bas. On ne va pas payer pour un type qui pourrit nos jeunesses en vendant de la came au lieu de bosser honnêtement, quand des fois il manque des crédits pour un rapatriement sanitaire!
Si son avocat veut faire pleurer les chaumières avec ce cas, c'est raté. Il y a plein de SDF à la Réunion ou ailleurs, qui n'ont jamais attenté à la loi, on ne fait pas plus pour eux.

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