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INTERVIEW

La nouvelle réforme de la police nationale prend forme

Propos recueillis par Bernard DORDONNE Lundi 6 Janvier 2020 - 22h07
La nouvelle réforme de la police nationale prend forme
Le commissaire divisionnaire Gil Friedman

Trois départements d’outremer ont été choisis pour être territoires pilotes de la nouvelle réforme de la Police Nationale. Il s’agit de la Guyane, de Mayotte et de la Nouvelle-Calédonie. En Guyane, une cellule déontologie, discipline, médiation et audit interne a été créée pour une meilleure organisation des services. Une réforme qui prend forme sous la houlette du commissaire divisionnaire Gil Friedman.

En quoi consiste cette nouvelle réforme de la police Nationale en Guyane ?
Elle vise à développer des synergies, rationaliser les moyens, fluidifier la communication entre les services et faciliter la gestion de crise ou d’événements de moindre intensité mais nécessitant de regrouper nos forces. Le DTPN dispose de services qui lui sont rattachés directement (Officier du Ministère Public pour les contraventions des quatre premières classes, cellule discipline-déontologie-médiation-contrôle interne, responsable de la sécurité des systèmes d’information, secrétariat), de services transversaux (état-major commun et service de gestion des ressources regroupant les services de gestion des anciennes directions) et de 5 services pour la plupart à vocation opérationnelle.
Le Service Territorial de Sécurité Publique (STSP), qui assure le maintien de l’ordre et de la paix publique (police secours), recherche, détecte et interpelle les auteurs d’infractions pénales et assure les missions de la sécurité du quotidien grâce aux effectifs chargés des missions de prévention. Il exerce sa compétence sur la circonscription de sécurité publique de Cayenne et concourt à la lutte contre la délinquance sur la Z. S. P. (Zone de Sécurité Prioritaire) de Cayenne-Rémire-Montjoly-Matoury. Ses effectifs sont situés à l’hôtel de police de Cayenne et sur le site de Baduel.
Service Territorial de Police aux Frontières (STPAF), qui assure la lutte contre l’immigration irrégulière et la mission de garde-frontière. A cet effet, il recherche, détecte et interpelle les étrangers en situation irrégulière ainsi que les passeurs et organisateurs des réseaux d’immigration irrégulière. Il lutte également contre la fraude documentaire et à l’identité et dispose d’implantations à Matoury (aéroport et centre de rétention des étrangers), ainsi qu’à Saint-Laurent-du-Maroni et à Saint-Georges-de-l’Oyapock.
Le Service du Renseignement Territorial (SRT), qui assure les missions de renseignement dans les domaines institutionnel, économique et social, ainsi que dans tous les domaines susceptibles d’intéresser l’ordre public, notamment les phénomènes de violences, y compris la prévention de la radicalisation dans le cadre de la lutte antiterroriste. Compétent sur l’ensemble du territoire guyanais, le SRT dispose d’implantations à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni. Ce service renseigne le Préfet dans son domaine de compétence et est composé également de militaires de la gendarmerie.
Service Territorial de Police Judiciaire (STPJ), qui traite la plupart des enquêtes, de la petite et moyenne délinquance à la criminalité organisée dont le trafic de stupéfiants et le démantèlement des filières d’immigration irrégulière. Ses missions de police judiciaire s’exercent sous l’autorité du parquet ou des juges d’instruction. Il s’appuie sur le Service Départemental de Police Technique et Scientifique (SDPTS), qui recherche, prélève et analyse les indices recueillis sur les scènes d’infraction.
Service Territorial du Recrutement et de la Formation (STRF), qui assure des actions de formation au profit des personnels de la DTPN ou/et de partenaires institutionnels. Il met en œuvre et développe les missions de promotion des métiers de la police et fait porter l’effort sur les secteurs géographiquement éloignés de Cayenne afin de diversifier les profils et favoriser l’égalité des chances. Pour mémoire, ce service gère l’école des cadets de la République, qui a ouvert ses portes à Cayenne l’année dernière et permet à des jeunes Guyanais d’intégrer nos rangs et préparer les concours d’entrée dans la police. Il entretient avec le SGAP (Service de Gestion et d’Administration de la Police) d’étroites relations pour faciliter les opérations de recrutement effectuées par ce service.
Ces cinq services territoriaux continueront d’entretenir des liens étroits avec les directions centrales afin de maintenir leur compétence métier. Ce qui change, c’est qu’ils sont placés sous l’autorité d’un chef unique, le DTPN, qui s’appuie sur les chefs de services territoriaux, commissaires et commandants de police et une coordination assurée par l’état-major de la DTPN et son centre d’information et de commandement.
Peut-on espérer une augmentation conséquente des effectifs avec cette nouvelle réforme comme demandé par les syndicats ?
La réforme optimise le potentiel disponible et développe les synergies mais elle ne comble pas la perte des effectifs liée aux départs enregistrés l’année dernière. L’administration centrale a ouvert une soixantaine de postes pour remettre nos effectifs à niveau et nous attendons leur arrivée début mars. Nous visons une remise à niveau et pas une augmentation continuelle des effectifs car l’objectif est de remplir nos missions avec les forces nécessaires et l’Etat y veille. Il est trop tôt pour affirmer que nous aurons suffisamment de candidats pour combler tous les postes sur un seul mouvement. Si ce n’était pas le cas, nous allons chercher d’autres moyens pour y parvenir durant l’année. Je tiens à saluer l’engagement sans faille de nos policiers sur le terrain, malgré cette baisse conjoncturelle d’effectifs.
Le sentiment d’insécurité? en Guyane est toujours palpable dans la population, la réforme permettra-t-elle à la zone police de mieux se placer ?
Le besoin de sécurité est très fort en Guyane et guide au quotidien l’action des forces de police pour se montrer à la hauteur des aspirations de la population. Comme j’ai eu l’occasion de l’évoquer, la réforme va accroître les synergies en optimisant le potentiel de forces disponibles. Elle va aussi accroître la performance dans le traitement des enquêtes grâce à leur centralisation s’appuyant sur de nouveaux outils de coordination. Parallèlement, nous allons bientôt muscler notre astreinte judiciaire pour renforcer nos capacités d’investigation. Ce sera une plus-value du service-public de la police. Au-delà de l’aspect structurel, la réforme repose naturellement d’abord et avant tout sur l’engagement des effectifs. Je tiens à saluer leur sens du devoir qui fait honneur à l’institution.
La communication tant au niveau judiciaire qu’administrative sera l’affaire de l’état-major ou de chaque chef d’unité? ?
La coordination sera assurée par l’état-major de la DTPN avec la création d’une cellule de communication mais chaque chef de service territorial y contribuera et a déjà commencé à le faire. Je suis pour la responsabilisation et non l’infantilisation. Il faut juste se coordonner. La communication sur les enquêtes s’effectue sous le contrôle et après accord du Procureur de la République, comme le prévoit le code de procédure pénale. La communication institutionnelle s’effectue quant à elle en coordination avec la préfecture, le préfet étant le patron.
Pourquoi n’avez-vous pas attendu la construction du nouvel hôtel de police à Saint-Denis pour mettre en place cette réforme ?
Je ne suis pas le maître des horloges et ma mission consistait à créer la DTPN de Guyane et maintenant à la diriger. La réforme concerne aussi Mayotte et La Nouvelle Calédonie. Ces trois territoires ont une DTPN depuis le 1er janvier et le bilan sera effectué en fin d’année pour un éventuel déploiement au reste de l’Outre-Mer. Il eut été regrettable de déployer la réforme en Guyane après celle des deux autres territoires ultra-marins alors que nous pouvons bénéficier dès maintenant de ses effets positifs.
Au fait, où en est l’état des travaux du nouvel hôtel de police ?
Le projet est lancé et nous espérons la livraison de la 1re tranche en septembre 2021 et de la seconde en septembre 2022. Depuis le temps que les Guyanais l’attendent, je sais que certains peuvent encore se montrer sceptiques, mais c’est devenu une réalité. Les services de la préfecture, qui assurent la conduite du projet, ont d’ailleurs organisé en fin d’année une présentation du projet à la hiérarchie, ainsi qu’aux organisations syndicales. J’y ai naturellement assisté et peux vous assurer que nous sommes dorénavant entrés dans la phase de réalisation.
La réalité du terrain de la Guyane va-t-elle correspondre avec la nouvelle réforme ?
Oui, ce n’est pas un hasard si notre territoire a été choisi. Nous devons lutter contre l’immigration irrégulière, le trafic de stupéfiants, les vols avec violences, les violences intrafamiliales, notamment et préserver la paix publique. Ces actions sont au cœur de notre réorganisation.
 
 
PLUS D’INFOS
Qui est le commissaire divisionnaire Gil Friedman ?
Gil Friedman est âgé de 49 ans. Il est commissaire de police depuis 25 ans dont près de 20 ans en services d’investigation. Après avoir passé un an de stage dans de nombreux services de police en Seine-Saint-Denis, il a débuté sa carrière en sécurité publique au commissariat d’Argenteuil, puis occupé des fonctions opérationnelles à l’OCRTIS (devenu l’OFAST le 1er janvier dernier, l’Office Anti-Stupéfiants). De 2000 à 2007, il a occupé plusieurs postes à la Direction Régionale de la Police Judiciaire de Versailles, comme chef de la Brigade de Répression du Banditisme, chef du Groupe d’Intervention Régional des Yvelines à la création des GIR en 2002 et enfin chef de l’antenne de police judiciaire de Cergy (Val d’Oise). Né à Paris, il a choisi au début de sa carrière, de travailler en banlieue parisienne où le travail de police est difficile mais passionnant. Son quotidien était occupé par la lutte contre les vols à main armée, le trafic de stupéfiants et l’économie souterraine. Il a rejoint la Corse mi-2007 pendant 3 ans et demi à une époque où les attentats de l’ex FLNC était encore à un niveau élevé et les règlements de compte dans le milieu du grand banditisme en forte progression. De fin 2010 à fin 2015, il a exercé les fonctions de directeur du Service Régional de Police Judiciaire de Limoges, compétent sur 5 départements (Haute-Vienne, Creuse, Corrèze, Charente et Indre) et 6 tribunaux de grande instance. Il a connu l’organisation terroriste séparatiste ETA. Il a exercé les fonctions d’Attaché de Sécurité Intérieure à l’ambassade de France à Riyad (Arabie saoudite) et développé la formation des forces de sécurité intérieure saoudiennes et la coopération opérationnelle, axée principalement sur la lutte anti-terroriste. Nommé préfigurateur à la création de la Direction Territoriale de la Police Nationale le 1er septembre dernier, il a pris ses fonctions de Directeur Territorial de la police nationale en Guyane le 1er janvier.
 
 


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4 commentaires

Vos commentaires

Féfé973 09.01.2020

si vous voulez vraiment ergoter sur les termes, la Guyane n'est plus un département mais une collectivité territoriale, comme la Martinique .

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dtc97300 10.01.2020

Vous avez bien raison...ergotons. Vivement les repentis des abrutis locaux...

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dtc97300 07.01.2020

Trois départements...la Nouvelle Calédonie ? Bravo BD.

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tronokar 08.01.2020

Oui, la Nouvelle-Calédonie est bien un département français, la Guyane est une île et tout le monde sait bien qu'en réalité la Terre est plate. CQFD.

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