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DANS LA TÊTE DE... (1/6)

« J'ai porté mon premier coup. Il s'est dégagé. Je l'ai poursuivi »

Pierre-Yves CARLIER Lundi 22 juillet 2013
« J'ai porté mon premier coup. Il s'est dégagé. Je l'ai poursuivi »
Le 6 juillet 2006, Sylvain Lingibé reçoit sept coups de Maurice Césaire. Deux lui seront fatals. (photo archives)

Maurice Césaire, devenu momentanément fou en prison, voulait à tout prix savoir depuis quand son ex sortait avec un autre. Il a fini par tuer ce dernier.

Ne rien lâcher. Avoir le dernier mot. Maurice Césaire, 32 ans, aurait pu avoir la vie de Monsieur Tout-le-monde. Celle d'un employé modèle, qui s'est formé dans la chaîne de restauration rapide qui venait de l'embaucher jusqu'à finir directeur assistant. Celle d'un homme qui s'est ensuite orienté dans l'éducation des jeunes. Un peu jaloux, certes. Obstiné, sans doute. En fait, il purge une peine de quinze ans de réclusion criminelle, pour le meurtre de Sylvain Lingibé, animateur de KFM, le 6 juillet 2006.
Au terme d'un cheminement judiciaire tortueux, le jeune homme s'est expliqué sur ce qui lui est passé par la tête ce jour-là. Il voulait à tout prix savoir depuis quand son ex fréquentait l'animateur. Ne rien lâcher. Pas même celle qui l'a quitté. Pour l'avocate Lucie Louzé-Donzenac, qui représentait la jeune femme, il ne s'agit pas d'un crime passionnel : « C'est un crime profondément sexiste. » « Un homme jaloux qui n'avait pas supporté que son ex-compagne rencontre une autre personne » , ajoute Étienne-Yves Barrat, l'avocat de la famille de la victime.
Maurice Césaire fera tout pour récupérer le numéro de son concurrent. Visite à la radio, coups de téléphone. « J'ai tout fait pour le faire sortir » , expliquera-t-il à la cour d'assises. Quand il sort, suivi de la jeune femme, « elle n'avait plus son alliance. J'étais furieux. Elle est repartie. Quand il s'est retourné pour la suivre, je l'ai attrapé par son tee-shirt. » Ne rien lâcher... « Il a tenté de se défendre. J'ai pris cela comme une agression. J'ai porté mon premier coup. Il a tenté de se dégager, je l'ai poursuivi et continué à lui porter des coups. » Sept. Dont deux mortels.
Le sentiment de se faire agresser a fait bondir les avocats de la partie civile. Maurice Césaire s'est déjà retrouvé au coeur d'une bagarre. Parce qu'il avait voulu aller régler ses problèmes. C'était quelques semaines après son incarcération, en 2006. Des détenus tabassent son compagnon de cellule. Sa pochette a disparu. Ils montent chercher ses agresseurs. Ne rien lâcher... Il basculera par-dessus une rambarde. Coma. Folie.
Une folie qui a failli rendre impossible son procès. Avant une amélioration de sa santé mentale début 2012. Cette période, douloureuse, exacerbe une autre facette. Celle d'un homme qui veut avoir réponse à tout, avoir le dernier mot. Qui estime par exemple que la cour d'assises a demandé son expertise psychiatrique uniquement pour pouvoir le garder en prison sans le juger. Avoir le dernier mot.
Devant le juge d'instruction déjà, il voulait avoir le dernier mot. L'enquête raconte à loisir comment il coupait la parole du magistrat quand il lui posait des questions. « Je ne comprends pas que l'on ne m'écoute pas ?[...] Vous cherchez quoi ? N'essayez pas de porter la confusion dans mes déclarations. »
En 2006, lors du procès sur la bagarre qui avait provoqué sa chute trois mois plus tôt, il avait retenu une dernière fois les juges avant qu'ils partent délibérer. Pour leur « dire ce qui se passe » en prison. Avoir le dernier mot...

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1 commentaire

Vos commentaires

cécé973 22.07.2013
prison a vie

250 ans de prison moi je dis !

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