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« Harpie n'est la chasse gardée de personne »

Propos recueillis par Sébastien ROSELÉ Mercredi 04 septembre 2013
« Harpie n'est la chasse gardée de personne »
Le général Lambert Lucas (SR)

Le général Lambert Lucas, 54 ans, a pris la tête des gendarmes de Guyane en juillet. Entretien.

Vous êtes le premier général à commander les gendarmes en Guyane ?
Il y a eu la volonté à Paris de positionner un officier général. La Guyane est d'ailleurs le seul département d'Outre-mer où il y a un général. Il y a une soixantaine de généraux dans la gendarmerie mais aucun en Outremer.
Avant d'arriver, que vous a-t-on dit aux ministères des Outre-mer et de l'Intérieur ?
La Guyane est une terre de défi. L'augmentation de la population nécessite de réarticuler et d'adapter les effectifs. Il faut adapter la gendarmerie aux évolutions de la population. Il faut refuser l'immobilisme et recentrer le gendarme sur la production de sécurité. On est sur une évolution de la délinquance à deux chiffres depuis deux à trois ans. Les cambriolages et les atteintes aux personnes augmentent. Pour répondre à votre question, une des priorités qui nous est fixée, c'est la mise en place des zones de sécurité prioritaires (ZSP). Ici, le dispositif doit être tenu rênes courtes et s'adapter en permanence aux évolutions du terrain. En matière de partenariat, on a encore beaucoup de progrès à faire. La production de sécurité, c'est un travail collectif : avec les associations, avec les maires, avec les polices municipales, avec la population, avec l'Éducation nationale...
L'ensemble des services de l'État en Guyane ont fait l'objet d'un audit en avril. Quelles en sont les conclusions pour Harpie ?
Le rapport n'a pas encore été rendu public. Sur l'ensemble des 52 propositions, 16 concernent les forces de sécurité intérieure et en partie Harpie. On sent qu'on arrive à la fin d'un cycle et il va falloir qu'on revisite le dispositif. On connaît les contraintes. Et puis il y a les difficultés de la coopération internationale même s'il y a de la bonne volonté au Brésil et au Suriname. Mais c'est là que les marges de progrès à réaliser sont les plus importantes : la coopération. Il faut aussi revisiter nos modes d'action et ne pas céder à l'immobilisme. [...] Le rythme des réunions opérationnelles sous l'autorité du préfet et du procureur sera plus soutenu.
Vous avez décidé de rapatrier sur le littoral des gendarmes affectés initialement aux missions Harpie pour lutter contre la délinquance ?
Cela concerne cent personnels mais ça s'est fait sur les deux à trois dernières années. Cela a conduit à la réarticulation de Harpie.
Toujours concernant Harpie : en théorie c'est une mission associant toutes les administrations mais dans les faits les douanes, la police aux frontières, la police judiciaire, etc. sont exclues de la prise de décision... Vous allez davantage les intégrer ?
Tout évolue très vite : l'orpaillage comme la délinquance. Harpie ne concerne pas que les forces de l'ordre. Cela doit être une coproduction sous l'autorité du préfet et du procureur. Harpie n'est la chasse gardée de personne. Et puis sans l'aide de la population, on ne peut rien faire.
Un mot sur votre prédécesseur qui laisse un souvenir mitigé ici ?
Il a fait son métier dans des conditions difficiles et je lui rends hommage.
Vous avez été en poste en Guyane dans les années 80. Le contraste avec aujourd'hui en matière de délinquance doit être frappant...
À la fin de l'année 1986, c'était la guerre civile au Suriname. Entre 10 000 et 15 000 réfugiés arrivaient à Saint-Laurent. Les gendarmes et les forces armées sécurisaient les camps de réfugiés confrontés à de la violence et qui servaient parfois de base arrière au Jungle Commando. Ce n'était pas idyllique à l'époque. Sur l'Oyapock, des orpailleurs s'installaient sur des barges. Il a fallu commencer à lutter contre ce phénomène. Mais la Guyane, c'était 110 000 habitants. La situation de l'emploi était un peu plus favorable qu'aujourd'hui. Mais il y avait les prémices de ce qui se passe aujourd'hui. Alors, oui, c'était différent. Mais la Guyane est restée la Guyane.
- CV EXPRESS
- Lambert Lucas, 54 ans
Saint-cyrien, général de brigade
Marié, six enfants, 10 petits-enfants
1982 - 1986 : commandant de l'escadron de gendarmes mobiles de Marmande (Aquitaine)
1986 : 1988 : commandant du peloton de gendarmes mobiles de Guyane
1988 - 1989 : adjoint du commandant de compagnie de Cayenne
1988 - 1992 : commandant de la compagnie de gendarmerie départementale de Mâcon (Bourgogne)
1992 - 1994 : gestion des escadrons de mobiles à la direction générale de la gendarmerie (Paris)
1994 - 1995 : élève à l'école de Guerre (Paris)
1995 - 1998 : chargé de mission auprès du major général de la gendarmerie (Paris)
1998 - 2001 : intègre l'état-major de l'Otan à Mons (Belgique)
2001 : 2004 : commandant du groupement de la gendarmerie départementale à Grenoble (Rhône-Alpes)
2004 - 2010 : participe au groupement des opérations extérieures (Gopex) au Kosovo et en Bosnie
2010 - 2011 : intègre la direction des opérations de la gendarmerie (Paris)
2011 - 2013 : commandant en second de la région zonale qui comprend la Provence - Alpes - Côte-d'Azur, le Languedoc-Roussillon et la Corse (1 500 personnes)

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2 commentaires

Vos commentaires

Doujou 06.09.2013

La réunionite, l'un des maux guyanais. Bienvenue général !

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benj77 06.09.2013
Ah bon....

"Le rythme des réunions opérationnelles sous l'autorité du préfet et du procureur sera plus soutenu."

S'il y aura plus de réunions, on est sauvés. Tout va s'arranger, cela vaudra sans aucun doute mieux que de harceler les délinquants sur le terrain, de les emprisonner, de confisquer leur matériel et leurs prises (huit kilos en un an... sur 13 tonnes!), de les expulser à l'expiration de leur peine.
Bonne chance Mon Général. Je ne doute pas de votre sincérité, mais cet entretien "langue de bois" montre à quel point vous êtes coincé par les autorités politiques.

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