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MACOURIA

Double-meurtre sur la plage : un récit en lettres rouge sang

Samir MATHIEU Mardi 6 Août 2019 - 03h25
Double-meurtre sur la plage : un récit en lettres rouge sang
La plage vue depuis la mer. C'est sur ce site remarquable que ce drame s'est déroulé dimanche soir. - Samir MATHIEU

Deux jeunes Guyaniens âgés d’une trentaine d’années ont été abattus par balles, dimanche soir à Macouria. Les faits se sont produits lors d’un sound-system sauvage. L’auteur a pris la fuite.

Le sound-system a viré au drame. Dimanche soir, il est presque 19 heures. La nuit vient de tomber. La fête va pouvoir commencer. Sur la plage de Sablance à Macouria, des jeunes commencent à arriver progressivement. La musique retentit déjà dans les enceintes installées « à l’arrache » dans cette impasse qui donne sur la mer. À cent mètre de là, une carcasse de bateau gît sur la plage, vestige d’une activité de pêche côtière. Les oiseaux du rivage survolent le site sans broncher. Rien ne laissait présager un tel dénouement. Pourtant, les choses vont aller très vite. René, un jeune homme à peine majeur, circulait hier matin à vélo à quelques encablures du lieu du drame. Ce jeune homme se laisse aller à la confidence. Il nous explique qu’il était présent dimanche soir à la fête. « Tout se passait normalement. C'était tranquille. Le gars, il était là depuis un moment. Et c’est quand les deux autres sont arrivés que tout a déraillé. Le mec, il a commencé à les engueuler en anglais. J’ai pas compris ce qu’il leur disait. Il parlait fort et vite. Puis il a pris son « gun » et il a tiré. Il tué le premier mec qui était juste devant lui d’un coup de feu. L’autre, il est parti en courant. Mais le type a marché vers lui et l’a abattu pareil d’un coup de feu. Puis il est parti. » Ce témoignage de René est l’un des tout premiers recueilli sur le site hier matin. Sur l’auteur des faits, René est formel : « Un seul gars a tiré sur les deux autres.» René n’a pas souhaité rentrer plus en détail sur l’événement traumatique qu’il a vécu. D’autres riverains ont aussi entendu des choses. Mais beaucoup préfèrent se taire de peur d’avoir des ennuis. Ricardy explique qu’il sait qu’il y a souvent « des choses qui se passent sur la plage », mais préfère « ne pas y aller ». Prémilson indique pour sa part qu’il a vu la gendarmerie dimanche soir : « Il y avait beaucoup de gendarmes, et les pompiers... J’ai compris que quelque chose de grave s’était passé. » Sur la soirée en question, Prémilson confirme qu’il « y avait beaucoup de monde à ce moment là ».

Un travail de longue haleine

Maintenant, place à l’enquête. Dès le dimanche soir, la scène du crime a été gelée par les gendarmes. Les techniciens en identification criminelle (TIC) se sont rendus sur place dans la soirée de dimanche. Il y avait également les secours (pompiers et Smur), les gendarmes de Macouria et de Kourou, les gendarmes de la section de recherches de Cayenne et le procureur de la République adjoint, Jean-Claude Belot. C’est lui qui a dirigé l’enquête. Jean-Claude Belot a donné toutes les instructions et a confié l’enquête à la section de recherches. Hier matin encore, les TIC étaient à nouveau sur place pour faire un dernier tour des lieux. En ce qui concerne l’enquête, « c’est un très gros travail qui attend les gendarmes en charge du dossier », explique-t-on de source proche de l’affaire. Le procureur adjoint Jean-Claude Belot a précisé que l’un des deux Guyaniens avait été formellement identifié hier matin. Selon nos informations, les autopsies des deux victimes ont lieu aujourd’hui pour l’un et jeudi pour l’autre. « Aucune piste sérieuse n’est pour l’heure privilégiée », a rappelé le procureur adjoint. L’auteur des faits n’avait hier soir pas été identifié. Une prudence qui contraste avec certaines rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux. « Tout dans cette affaire invite à la prudence », estime-t-on de sources proches du dossier. Il s’agit des 24e et 25e homicides recensés depuis le début de l’année en Guyane. Et il s’agit du premier double meurtre depuis celui d’Eau-Lisette, en novembre 2017 à Cayenne.

Samir MATHIEU

C'est ici, sur l'accès à la plage de Sablance qu'a eu lieu le drame. - Samir MATHIEU
Vue complète de la plage de Sablance où les deux guyaniens d'une trentaine d'années ont été abattu dimanche soir. - Samir MATHIEU
Le camion des gendarmes techniciens en identification criminelle sur site. Ils ont recueillis tous les indices exploitables pour l'enquête. - Samir MATHIEU
La plage vue depuis la mer. C'est sur ce site remarquable que ce drame s'est déroulé dimanche soir. - Samir MATHIEU

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1 commentaire

Vos commentaires

joko973 07.08.2019

On laisse venir tous les tueurs des pays environnants. Ensuite on joue les étonnés, sur le refrain, tout va trés bien. Reste plus qu'à savoir qui est "on" ?

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