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Deux livres rares dérobés à Mama Bobi

Lundi 04 février 2019
Deux livres rares dérobés à Mama Bobi
Antoine Aouegui dit Lamoraille, Chevalier des arts et des lettres, Membre du Grand Conseil Coutumier, Doko kiltir 2017 - DR

Les locaux de l’association Mama Bobi ont été cambriolés ce week-end, à Saint-Laurent du Maroni. Deux livres du XVIIe siècle sur l’histoire des bushinengués ont été volés. Les présidents de Mama Bobi, Antoine Aouegui-dit-Lamoraille et Gérard Guillemeau, se refusent à croire à une coïncidence.

Le collectif Mama Bobi, qui œuvre à la transmission des cultures et sociétés issues du marronage, a été victime d’un étrange cambriolage dans la nuit de vendredi à samedi. Plusieurs documents et ouvrages rares qui servaient de base au collectif pour une étude sérieuse des « premiers temps » ont été dérobés. « Laissés en l’état des recherches du jour pour servir dès le lendemain, des livres et documents relatant l’histoire des mouvements des peuples en marronnage au XVIIe siècle étaient donc immédiatement accessibles à des voleurs », explique Antoine Aouegui-dit-Lamoraille, membre du Grand Conseil coutumier.

Les braqueurs se sont emparés de rares originaux que Mama Bobi détenaient de la communauté séfarade de Paramaribo. Trois ordinateurs du centre de formation bilingue et transfrontalier Makandi Makandra ont également été dérobés ainsi que plusieurs tembe anciens. Hier encore, les bénévoles tentaient de dresser l’inventaire des pertes.

Gérard Guillemeau, président de l’association, est dépité : « Ce sont des documents uniques sur l’installation des bushinengues en Guyane de 1760 à 1970. Pour nous, c’est la base, la référence sur l’histoire des peuples du marronage avant qu’ils viennent s’installer en Guyane. » Or ces livres n’ont jamais été numérisés.

Soupçons et politique

« Le vol de la nuit du sabat nous réduit encore au silence. À qui donc profite le crime ? », questionne Antoine Aouegui-dit-Lamoraille. Gérard Guillemeau, lui, ne croit pas à un hasard : « Je soupçonne un vol commandité depuis le Suriname. » Il prête des tractations politiques à ce cambriolage. Depuis les décès des Gran Man Paul Doudou en 2015 et Joachim en 2017, eux-mêmes successeurs de Tollinga, le Maroni, après une année de deuil, devrait désigner son nouveau Gran Man dans l’année. De nombreux candidats sont en lice, dont deux demi-frères Tollinga. En toile de fond, celui qu’on surnomme Papa G, pointe les enjeux de cette désignation par rapport aux relations entre Aluku et Djuka. « Nous, à Mama Bobi, nous luttons contre le tribalisme et ces documents, ce sont des éléments d’histoire que nous ne pourrons plus présenter à la nouvelle chefferie aluku. »

Angélique GROS

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Vos commentaires

josy 04.02.2019
Papa g?

Ce gourou est encore la? Le blanc savant qui dirige les successions? Ca suffit

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