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JUSTICE

Coups de feu à Saint-Laurent-du-Maroni : deux hommes condamnés à quatre ans de prison

Samuel Reffé Vendredi 16 Avril 2021 - 19h47
Coups de feu à Saint-Laurent-du-Maroni : deux hommes condamnés à quatre ans de prison
Une scène de western dans la commune de Saint-Laurent-du-Maroni. - D.R.

 Deux jeunes hommes de 25 ans ont été condamnés ce vendredi, en comparution immédiate, à quatre années d’emprisonnement par le tribunal. Ils étaient poursuivis pour avoir tiré plusieurs coups de feu sur une voiture avec quatre personnes à son bord dans la nuit du 26 au 27 mars à Saint-Laurent-du-Maroni. La scène avait suivi de près une nuit de violences dans la commune, sur fond de règlement de comptes entre bandes rivales.

 “Mais comment ont-il pu les distinguer l’un de l’autre au moment du tir ? ”. La question de la défense des deux prévenus condamnés pour avoir blessé par arme à feu deux des occupants d’un véhicule à Saint-Laurent-du-Maroni paraît légitime. Les deux copains à la barre, Christopher Kevin et Mavrike de leurs prénoms, coiffés de la même coloration jaune poussin, sont physiquement semblables en tout point. Dans la nuit du 26 au 27 mars, deux à trois coups de feu ont été tirés sur les quatre occupants d’une Clio qui circulait dans le quartier de la Charbonnière.

Ce qui revêt l’apparence d’une “expédition punitive” pour employer les termes du substitut du procureur prendrait racine dans une rencontre furtive la veille. Les deux hommes âgés de 25 ans expliquaient, d’une manière éparse au gré de leurs rapides déclarations, que quelques heures avant les faits qui leur sont reprochés ils avaient fait les frais d’un vol à l’arraché. Selon leurs dires, l’auteur du larcin présumé qui était aujourd’hui présent dans le prétoire en qualité de victime serait une des têtes d’un gang local. Rien dans la procédure ne prouve cela, mais l’un des avocats de la défense tenait en sa possession une vidéo où l’une des victimes, deux cousins, aurait été aperçue en train de danser sur la page Instagram dudit gang.
Scène de western
Dans la soirée du 26 mars, les deux prévenus avaient pris en chasse une Clio, pensant apercevoir à son bord l’auteur du vol dont ils auraient été victimes (aucune plainte n’avait été déposé pour ces faits). Cet après-midi, ils expliquaient avoir suivi le véhicule puis demandé aux occupants de quitter son habitacle. Pourtant, ça n’est pas un cordial échange verbal mais une scène de western qui a pris le pas.

Selon les déclarations des victimes, un des deux hommes s’est placé derrière la voiture, l’autre du côté de la portière. “Deux coups de feu ont été tirés [trois selon les déclarations d’une des victimes] puisqu’il y a eu deux impacts dans la carrosserie. Les éléments matériels corroborent les deux tirs et le fait qu'il y avait bien deux tireurs.” énonçait dans ses réquisitions le représentant du ministère public. Des affirmations réfutées par les prévenus, qui ont assuré tout au long de l’audience que c’est un troisième protagoniste, “Zegue”, qui est l’auteur des coups de feu.
"Ce sont des faits de nature criminelle"
“Lorsqu’on part en expédition comme ça avec des armes et qu’on décide de bloquer des gens ça s’appelle des violences en réunion” arguait le substitut du procureur au cours de ses réquisitions, au terme desquelles il a demandé au tribunal une peine de quatre années de prison ferme pour les deux hommes originaires de Saint-Laurent-du-Maroni. Les “troubles particuliers de l’ordre public” qui avaient eu lieu dans la même période émanaient de cet affrontement, qui a tout de même coûté 21 jours d’ITT à l’une des victimes, un chauffeur de taxi au Suriname atteint par une des balles au niveau de la cuisse

“Ici ce sont des faits de nature criminelle qui auraient nécessité une instruction et qu’on ait le retour des expertises balistiques.” déplorait Me Constant, avocat de Christopher Kévin, un chanteur dont la notoriété n’avait plus rien à prouver du côté de Saint-Laurent. “Des analyses balistiques et ADN sont parties mais ne sont pas encore revenues notamment concernant la poussière de tir dans le véhicule de Mavrike.” regrettait quant à lui Me Khiter. D’une manière unanime, les deux avocats ont décrié la “volonté du ministère public” de surcharger les audiences de comparution immédiate, réclamant la relaxe de leurs clients. Le tribunal a finalement suivi les réquisitions, et les deux hommes ont tous deux étaient condamnés à quatre ans d’emprisonnement ferme (assortis de 12 mois de prison pour Mavrike) ainsi qu’à l’interdiction de détenir une arme pendant cinq ans.

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