France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +
CAYENNE

Adolescent tué par balle : ce que l'enquête a établi

Sébastien ROSELÉ Mercredi 30 octobre 2013
Adolescent tué par balle : ce que l'enquête a établi
Policiers faisant des relevés, le lendemain du drame, à l'endroit où l'adolescent s'est effondré. (SR)

Il y a une semaine, un adolescent périssait par balle. Depuis, un jeune adulte a été mis en examen pour homicide involontaire. Le point sur l'enquête.

C'était la semaine dernière. C'était mardi. Trois jeunes adultes, un mari et sa compagne et un ami, s'amusent à tirer des billes de plomb avec un pistolet à gaz. Ils sont dans le jardin du domicile des parents de l'un des trois, dans le quartier de Bourda à Cayenne. Les réserves de gaz venant à manquer, ils sont allés en chercher chez l'armurier du coin. Et c'est là que l'un des trois adultes, celui chez qui la séance de tir avait lieu, s'est dit qu'il pourrait aussi utiliser la carabine de son père, une 22 long rifle. Il achète deux boîtes de cartouches. Deux cents munitions au total.
Ils retournent à la maison familiale. La séance de tir prend une nouvelle configuration. On change d'axe. Désormais, les tirs se feront sur une cible en contreplaqué adossée à un conteneur maritime en acier. Au total, cent huit cartouches seront tirées.
Le jeune homme, 22 ans, chez qui l'après-midi se déroule, a dit à la juge d'instruction qu'il avait tiré « 70% des cartouches » cet après-midi-là. C'est donc « uniquement pour une question statistique » que le jeune homme en question a été le seul à avoir été mis en examen pour homicide involontaire. Étrange.
À 18 h 30, alors que les trois jeunes continuent à tirer, un adolescent s'effondre à quatre cents mètres de là. Il était devant chez lui, dans une rue qui longe le conseil régional à Cayenne. Touché sous le coeur, il est emmené d'urgence à l'hôpital. Il y décédera à 21 h 30.
De tout cela, les trois tireurs n'ont pas conscience. Ils se sont bien rendu compte que la police errait dans le quartier mais n'ont pas fait le lien avec leurs activités. De l'inconscience ? Non, répond une source. « Ils tiraient en direction du conteneur. Derrière celui-ci il y a un terrain vague et encore derrière des fourrés. Ils n'ont jamais imaginé qu'ils pouvaient représenter un danger. » Et à chaque fois qu'il appuyait sur la détente, le suspect entendait le bruit métallique de la balle qui touche le conteneur. Ce qui laisserait à penser qu'il n'est pas l'auteur du coup de feu mortel.
L'autopsie pratiquée sur la victime a permis d'extraire une balle qui est en cours d'examen. Elle serait dans un état compatible avec une expertise balistique. Il s'agira de dire si le projectile mortel provenait du fusil du père du suspect. Ce qui n'est pas certain car le fameux après-midi, des témoins ont entendu d'autres coups de feu dans le quartier. Et si la balle provient bien de la 22 long rifle, rien ne prouve pour l'heure que c'est le mis en examen qui a tiré la balle létale. Ils étaient trois à tirer cet après-midi-là.