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FAITS DIVERS

À Apatou, les habitants «choqués» et attristés par les ennuis judiciaires de Paul Diolanki

Samuel Zralos Mercredi 19 Août 2020 - 01h05
À Apatou, les habitants «choqués» et attristés par les ennuis judiciaires de Paul Diolanki
Les habitants d'Apatou attendent avec attention les conclusions de l'enquête judiciaire. - F.P

Quelques jours après l'interpellation de leur maire, les Apatoussiens sont partagés entre tristesse, incrédulité, confiance affichée dans l'édile et colère.

 L'arrestation de Paul Diolanki, mis en examen et placé sous contrôle judiciaire mardi après-midi, la plupart des Apatoussiens n'ont pas vraiment envie d'en parler à un journaliste. « Je ne sais pas ce qu'il s'est passé », souffle un homme d'âge mur au bord du fleuve. Un autre, assis sur un banc, refuse de parler, affirme qu'il ne veut pas de problèmes.

« Pas de peurs des représailles », dans cette attitude, mais un respect de la « présomption d'innocence », d'après Jean-Yves, trentenaire sportif rencontré au volant de sa voiture. « J'entends ici et là qu'on prend pas les bagages des gens sans en connaître le contenu. Moi ça m'est arrivé de prendre une valise pour des gens ». Le jeune homme reconnaît « une négligence » de la part de l'élu et ne veut pas prendre sa défense, mais il attend l'enquête de la justice pour émettre un jugement.
La thèse de la naïveté fait écho

La thèse de l'abus de confiance, défendue par l'édile et son avocat, notamment dans France Guyane, semble généralement séduire les Apatoussiens qui acceptent de s'exprimer. Ainsi Antoine « choqué » par l'affaire, ne pense pas que son maire soit « impliqué dans des histoires de drogues ». Il croit «qu'il a du prendre la valise à quelqu'un à qui il faisait confiance », mais craint tout de même que l'élu ait du mal à « prouver son innocence ».

Installés sous un arbre, face à l'épicerie, cinq amis vont plus loin : à leurs yeux il s'agirait d'une « attaque » contre Paul Diolanki.« Certains, ses ennemis politiques, tentent de le détruire, croît savoir l'un d'entre eux, qui se présente comme Palata. D'ailleurs, pourquoi le maire « irait faire ça », s'interroge-t-il à voix haute. « Il a plein d'argent, il a pas besoin de ça ! ».
Tristesse et surprise

Plus serein, plus âgé également, Joël Akoeba, responsable de la glacière d'Apatou, ne peut pas, lui, « dire si c'est faux ou pas ». L'un des rares à témoigner sous son nom complet, il se dit avant tout « triste » et incrédule. Deux sentiments partagés par nombre des habitants croisés dans la ville, qui ne comprennent pas comment un élu, en route pour rencontrer le ministre des Outre-mers, a pu se retrouver interpellé, porteur de 2,6 kilos de cocaïne.
« Il fait honte à son village»

Quelques voix discordantes se font toutefois entendre au fil des rues. « Il fait honte à son village », s'indigne une femme énergique qui partage la tristesse de beaucoup, mais espère que le scandale fera « bouger les choses ».

Plus sobre, un membre de l'opposition municipale trouve tout de même qu'il « n'y a pas de fumée sans feu », rappelant les autres démêlés du maire d'Apatou avec la justice. L'élu a auparavant été soupçonné de délit de favoritisme, de recel d'abus de confiance, de prise illégale d'intérets et de détournement de biens publics, ce qui lui a notamment valu deux jours de garde à vue.
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9 commentaires

Vos commentaires

seu otário 20.08.2020

Tel maire, tels électeurs, pas très fûtés et plutôt assistés, clientélisme oblige

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tronoki 20.08.2020

"La thèse de l'abus de confiance, défendue par l'édile et son avocat, notamment dans France Guyane, semble généralement séduire les Apatoussiens"
Ne soyez pas étonnés : Trump ou Bolsonaro, quoi qu'ils fassent gardent toujours le même pourcentage d'inconditionnels...
La crédulité du bon peuple c'est "no limits"

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jess 19.08.2020

la honte ce nounours

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Laurent du maroni 19.08.2020
Camorra guyanaise

La Guyane a décidément beaucoup de ressemblance sociétale avec la Sicile. Des "grandes familles" ( ici métros ou créoles) gèrent ou détiennent les grandes sociétés et les principales administrations (presque impossible de rentrer travailler au CHOG, à la mairie, à EDF...si vous n'êtes pas proche de l'une d'entre elles), les commerces sont monopolisés par un groupe ethnique tout comme les activités de maraichage par un autre et etc. Les édiles sont considérés par les décideurs comme des capitaines (tel que Napoléon les avaient installés sur le Maroni. L'Etat est une vache à lait et le travail au black une coutume. Bref la liste des ressemblances est encore longue ! Ce coup-ci nous avons à faire à une personne plusieurs fois inquiétée dans des "affaires" qui habite un village dans une zone vérolée par la drogue et les magouilles politiques("Par le passé, Paul Dolianki a vécu deux jours de garde à vue, soupçonné de délit de favoritisme, de recel d'abus de confiance, de prise illégale d’intérêts et de détournement de biens publics.Il avait également été poursuivi pour une affaire de travail dissimulé en 2011 avant d'être relaxé dans ce dossier en 2014" dixit FG)qui se fait chopait avec une assez grosse quantité de drogue et qui clame son innocence. Une question me vient : croyez-vous que les abrutis poussent dans les arbres ? C'est tellement gros à avaler que je me demande si il n'y a pas anguille sous roche.

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zene973 19.08.2020

ou baleine sous gravier????

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Laurent du maroni 20.08.2020
ok mais laquelle

Je ne vois pas laquelle de baleine. Des orpailleurs éconduits ? Des administrés mécontents ? Des concurrents ou futurs concurrents politiques ? Des dealers surinamais ? C'est donc pour cela que je parle de probable anguille.

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seu otário 19.08.2020

la seule différence c'est que la Camorra n'embauche pas sur des critères ethniques, est beaucoup mieux organisée. La Guyane ressemble plutôt à un état africain subventionné par la métropole, clientélisme, tribalisme, coopérants techniques venus de l'hexagone , la Guyane ressemble plus au Liberia qu'à un pays européen et puis en Sicile on ne fait pas 5 ou 6 enfants à 25 ans...

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Nicolas Hory 19.08.2020
Ne pas confondre.....

Ne pas confondre métros et békés, les deux sont d'origine européenne mais le métro ne détient pas de grandes, ni de grosses sociétés en Guyane.

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Laurent du maroni 20.08.2020
Besoin de précisions

Que penser de la SOMASCO, d'une partie de la direction de HSM, de NOFRAYANE, de l'entreprise qui détient la filière "lait" etc. Sont-ils des békés ? (sincèrement je n'en sais rien et vous fais confiance)

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