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4 mois de prison ferme requis pour la candidate FN

Daniel SAINT-JEAN Mercredi 09 juillet 2014
Les avocats de Walwari, de gauche à droite, Me Ernest Daninthe, Me Maryse Sagne, Me José Lama, Me Lucie Louze-Donzenac, Me Alex Leblanc et Joël Pied, secrétaire général de Walwari (D. St-J)

Convoqués devant le tribunal correctionnel, le Front national et Anne-Sophie Leclere n'ont pas fait le déplacement. Seuls les avocats de Walwari ont plaidé. L'affaire est mis en délibéré jusqu'au 15 juillet.

La salle d'audience du tribunal correctionnel n'est pas comble ce mardi matin, pourtant c'est « un procès historique » qui s'y déroule, de l'avis des intervenants. Le Front national doit comparaître, suite à la plainte déposée par Walwari, en réaction aux propos tenus par sa candidate Anne-Sophie Leclere. Dans le cadre de la campagne aux élections municipales, elle avait publié sur sa page Facebook, le 17 octobre 2013, un photomontage de la Garde des sceaux, Christiane Taubira, à côté d'un petit singe et avait commenté sa publication. À l'ouverture de l'audience, le Front national et Anne-Sophie Leclere sont absents. Une absence que Me José Lama, un des six avocats de Walwari, analyse comme « une forme de mépris supplémentaire » .
UN PROCÈS SANS PRÉVENUS
L'audience se déroule donc sans débat contradictoire. Joël Pied, secrétaire général de Walwari, est le premier à venir à la barre expliquer « la nécessité du respect de la personne humaine » . Jean-Claude William, président d'honneur de l'Université des Antilles Guyane, invite à la vigilance précisant que : « Le racisme est un problème international qui gangrène de plus en plus la société. Il rappelle que : « La réaction a tardé à se manifester, vis-à-vis de Christiane Taubira. Le Front national a toute sa place dans ce procès » , enchaîne Me José Lama. Me Lucie Louze-Donzenac dénonce « les thèses racistes du FN » . Elle évoque : « Cette petite fille de 10 ans qui jette une banane à la Garde des sceaux » . « Aucune décision de justice n'a été prise pour ces faits à ce jour » , précise l'avocate. Me Maryse Sagne et Me Alex Leblanc mettent l'accent sur la recevabilité de l'action engagée au nom du respect de la dignité humaine.
Me Jérôme Gay invite « à être à l'origine d'une nouvelle jurisprudence face à de tels faits tellement inhumains » . Enfin Me Ernest Daninthe, de Guadeloupe, demande une réponse « à une offense majeure » et que la décision « fasse jurisprudence, inscrite en lettre d'or » .
« Un procès déséquilibré en l'absence des prévenus » , regrette le procureur Yvan Auriel qui dénonce « la gravité des faits et le préjudice à la communauté humaine » . Si la culpabilité d'Anne-Sophie Leclere est établie, pour le Front national il se montre plus dubitatif : « Elle était sur son site personnel. Il n'est pas démontré qu'elle en avait informé son parti. » Le procureur requiert à l'encontre de Sophie Leclere quatre mois de prison ferme, une inéligibilité de cinq ans et une amende de 5 000 euros. L'affaire est mise en délibéré jusqu'au 15 juillet.