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Relever le défi énergétique guyanais avec réalisme

SPONSORISÉ PAR FRBTP, CPME et MEDEF Guyane
Relever le défi énergétique guyanais avec réalisme

Au moment du lancement de la concertation pour la nouvelle programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), Franck Ho-Wen-Szé, de la Fédération Régionale du Bâtiment et des Travaux Publics (FRBTP) de Guyane, Didier Magna, de la Confédération des petites et moyennes entreprises et Thra Govidin, pour le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) signent un tribune où ils confirment le potentiel des acteurs guyanais, tout en exigeant des garanties et appelant à rester réalistes.

Le lancement de la concertation pour la nouvelle programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) confirme le potentiel des acteurs industriels à atteindre l'objectif d'un mix énergétique renouvelable à 100% d'ici à 2030. Avec 30 projets de diverses dimensions, et 600 emplois à venir, le défi énergétique guyanais peut être relevé. Pour atteindre cet ambitieux objectif, le mix énergétique a toutefois besoin de garanties et de réalisme.

L'ancienne centrale de degrad-des-cannes fonctionnant au fioul lourd, combustible extrêmement polluant et d'un autre temps, a d'ores et déjà dépassé sa limite d'âge (elle a plus de 40 ans) et aurait dû être remplacée depuis plusieurs années comme les anciennes installations des autres territoires ultra marins (Réunion en 2013, Martinique et Guadeloupe en 2014).

Son remplacement par une centrale à la biomasse liquide est déjà plus qu'engagé, le chantier de la centrale du Larivot a été lancé en mars 2021 et sa mise en service était prévue pour 2024. Ce calendrier a été mis à mal par la suspension demandée par une minorité de personnes, en décalage avec la réalité locale et les ambitions du territoire, et qui ne proposent aucune alternative sécurisée pour le territoire. Les besoins de tous les secteurs qui explosent pour satisfaire la croissance de la population et les impératifs de développement du territoire s'imposent au service public de l'énergie comme une nécessité absolue. Le tissu des entreprises est trop fragile, la précarité des logements et des sites d'activités économiques est trop grande. La Guyane mérite un avenir serein.

Pourtant, la centrale renouvelable du Larivot reste l'objet d'une contestation devant le tribunal administratif. Or les intempéries des derniers mois ont démontré la nécessité de disposer d'un outil de production disponible quelle que soient les aléas climatiques : barrage de petit saut soumis à la crue, les barrages saut Maripa et saut maman Valentin inondés, le solaire en sous-production.

La Guyane a des atouts qu'il faudrait valoriser au bénéfice de sa population et de ses entreprises : ses opportunités technologiques liées à l'industrie aérospatiale, sa biodiversité amazonienne, ses réserves d'eau douce, de minerais ou de biomolécules, la grandeur de son territoire.

Sans accès à l'eau, au logement et à l'électricité, de manière sécurisée, les habitants comme les opérateurs ne peuvent accéder à une qualité de vie et à un développement que ces ressources pourraient leur offrir.

L'ensemble des entreprises guyanaise petites comme grandes développent au quotidien le territoire, et ont besoin d'énergie pour répondre à leurs ambitions. Elles préservent et actualisent les savoir-faire locaux qui offrent des alternatives écologiques dont s'inspirent désormais nombre d'opérateurs extérieurs. L'architecture et l'habitat bioclimatiques, les mobilités fluviales ou les composants biochimiques du roucou à l'awara, en témoignent. Elles seront au coeur de la montée en compétences locales.

Le tissu industriel guyanais qui émerge est en effet multisectoriel et prometteur. Il présente des débouchés concrets et de long terme sur le marché intérieur et sur le marché mondial. Les entreprises de l'industrie guyanaise, sont créatrices d'emplois, structurent le secteur économique et le territoire. Elles ont une dimension humaine et un ancrage dans la réalité guyanaise qui leur permettent d'assurer leur pleine responsabilité écologique. L'essor de ce tissu industriel et ses retombées positives ne peuvent être freinés par un mix énergétique non sécurisé.

C'est pourquoi l'ambition énergétique ne peut se réaliser sans nous et ne saurait être monopolisée ou détournée par des partis pris idéologiques. Il s'agit de faire front pour consolider ce qui est déjà engagé et faire preuve de réalisme et de prudence sur les projections en termes de demande et d'offres énergétiques. La population de Guyane est en forte croissance et dépend pour partie de l'économie informelle. L'urgence économique et sociale ainsi que la frustration de cette population est réelle. Et les risques qui pèsent sur l'essor de projets industriels sont réels.

Pour réaliser l'objectif d'un mix énergétique durable et respectueux de l'environnement, nous devrons importer des équipements et des matériaux du monde entier : les panneaux solaires, les batteries, les pales d'éoliennes, les turbines hydrauliques. Or la crise géopolitique et économique mondiale complexifie les accès aux ressources nécessaires pour produire ces matériaux. Dans ce contexte, les projets qui s'appuient sur des importations issues de France, d'Europe ou de pays alliés, sont plus sûrs et vertueux. D'où l'utilisation de biomasse liquide issue de ces zones géographiques pour la centrale du Larivot à son démarrage, avant le développement d'une filière endogène.

L'ambition énergétique ne peut se réaliser sans concertation. Or, la centrale du Larivot a fait l'objet d'une concertation particulièrement longue, dense et riche impliquant l'Etat, les collectivités, les entreprises locales, les opérateurs industriels ainsi que les associations environnementales. Ces négociations, ont abouti à une centrale renouvelable et à puissance garantie, représentant le plus grand projet jamais confié à des entreprises de Guyane.

Les procédures juridiques systématiques et répétitives à l'encontre de nombreux projets industriels deviennent insoutenables. Ces attaques anxiogènes inquiètent fortement le tissu économique et les industriels pour lesquels l'énergie est un bien de première nécessité. Ces contentieux à répétition contre les projets autorisés et conformes à la réglementation, sont menés par des groupuscules qui ont pourtant participé à la concertation. Ils bloquent des chantiers et des activités qui touchent plusieurs centaines d'entreprises à travers le territoire et ne proposent aucune solution opérationnelle. Des tensions et des menaces apparaissent désormais sur des projets dans les secteurs de l'hydrogène, de l'hydraulique, de la biomasse bois et du solaire.

Pour construire une ambition énergétique accessible et acceptable qui apporte une amélioration du quotidien et des garanties pour l'avenir, il est temps d'arrêter de tergiverser. L'union seule permet d'avancer et de débloquer des situations inacceptables.

C'est pourquoi, nous appelons à ce que la concertation pour la programmation pluriannuelle de l'énergie soit l'occasion d'un débat ouvert et constructif avec l'ensemble des entreprises de Guyane et du grand public, pour éviter les faux espoirs, sécuriser sans délais les projets programmés et éclairer le chemin de la croissance durable au bénéfice de notre Territoire et de ses habitants. La Guyane sera ainsi le premier territoire français 100% renouvelable électriquement, un exemple mondial respectueux de l'environnement.

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2 commentaires

Vos commentaires

Nicolas Hory 02.06.2022
Eh oui, mais.........

Vous écrivez:" les aléas climatiques : barrage de petit saut soumis à la crue, les barrages saut Maripa et saut maman Valentin inondés, le solaire en sous-production." Barrage de Petit Saut soumis à la crue et alors il y a de l'eau, cela produit de l’énergie, le trop plein est géré avec le lâchage du trop plein, ensuite Saut Maripa et Maman valentin ce sont les bâtisseurs qui se sont lamentablement planté dans la conception,enfin les panneaux solaires faudrait les nettoyer un peu, beaucoup poussière et algues pénalisent le rendement. Et surtout, toujours mettre les centrales électriques dans des endroits marécageux, comme celle de Dégrad des Cannes ou il a fallu pendant des années injecter du béton pour gérer l'affaissement des certains massifs supportant les diesels. L'on recommence au Larivot dans le marécage.Rappelez vous aussi qu'a Dégrad des Cannes du projet écologique "Gazogène" de 6 mW avec une unité pour faire des buchettes de bois qui n'a jamais fonctionné et qui a fini par fonctionner au Gasoil. Et du projet écologique de "Gazogène" de 40 kVA de Saul, abandonné car les buchettes de bois ne voulaient pas se fabriquer seules.A Saint Georges une centrale biomasse financée par l’Europe donc une partie de nos impôts,et importée en totalité du Brésil avec tout les ingrédients nécessaire au fonctionnement.Que de projets surtout beaucoup de subventions à la clef.

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Paassy 02.06.2022
Il y a rien de sérieux

Dans le même temps, les nombreuses fermes solaires présentes sur le littoral ne sont pas entretenues depuis des lustres, les panneaux sont recouverts de micro-algues qui les opacifient faisant considérablement chuter leur rendement.
Il y avait du monde pour toucher les subventions mais il y a plus personne pour l'entretien...

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