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« Nous devons bénéficier de ces fonds internationaux »

A.G. Mardi 27 Août 2019 - 03h15
« Nous devons bénéficier de ces fonds internationaux »
Hélène Sirder, 1re vice-présidente de la collectivité territoriale de Guyane, déléguée à l’énergie, au développement durable et aux mines - Angelique GROS

Hélène Sirder, 1ere vice-présidente de la Collectivité territoriale, déléguée à l'énergie, au développement durable et aux mines réagit à la volonté d'Emmanuel Macron de lever des fonds pour l'Amazonie

 
Emmanuel Macron a annoncé vouloir mobiliser les membres du G7 pour lever des fonds afin de reboiser l’Amazonie au plus vite…

Nous aussi, en Guyane, nous devons bénéficier de ces fonds internationaux car notre territoire et notre biodiversité sont chaque jour un peu plus dégradées par l’orpaillage clandestin, la pêche illégale ou les squats. C’est aussi l’occasion de rappeler que le 8 juillet dernier, nous avons pris une motion en assemblée plénière pour dénoncer cette situation, et nous demandions déjà à l’état la mise en place d’un fond pour restaurer notre biodiversité, prendre en charge la pollution, les populations, etc.

On parle de l’Amazonie comme d’un bien commun de l’humanité, qu’en pensez-vous ?

ll ne faut pas que ce concept marginalise le territoire et exclue les populations qui doivent pouvoir profiter de la valorisation de cette ressource naturelle qu’est la forêt. S’agissant de la conservation de la biodiversité, pour moi, il faut repenser les mécanismes actuels. Si on prend l’exemple des aires protégées, qui sont des outils de protection de la biodiversité, on voit que ça n’a pas eu les résultats escomptés puisque nos zones sont détériorées par l’orpaillage illégal et le squat. Il y a des problèmes de surveillance et de financement. Il faut donc qu’aujourd’hui ces zones puissent représenter des zones de développement durable avec de l’écotourisme, de l’artisanat… afin qu’on en tire un développement économique et social. Nous avons des contraintes qui empêchent toute commercialisation.

Qu’est ce qui empêcherait les ZDUC de devenir des zones économiques ?

Et bien, c’est interdit. […] Kaw-Roura par exemple c’est tout de même 94 000 hectares ! C’est un territoire qui doit se bâtir.

Le programme régional de la forêt et du bois est-il bientôt achevé ?

Il sera prochainement présenté à l’autorité environnementale. Ce plan aborde la formation, la protection, l’écotourisme et notamment les plantations forestières pour le bois d’œuvre et le bois énergie pour la biomasse. […] J’avais par ailleurs demandé à l’ONF, pour la forêt dont il a la gestion, une évaluation du carbone, mais ça n’a pas encore été fait. Il faut qu’on avance sur le sujet de la finance carbone par rapport au rôle que notre forêt joue, car ça doit nous rapporter de l’argent.

Nombreux sont ceux à faire la comparaison entre les problématiques de déforestation et l’orpaillage…

La biodiversité est devenue un enjeu politique et sous prétexte de discours verts, ce sont des discours qui sont dogmatiques et qui amènent des modèles économiques que nous rejetons. […] La forêt a toujours été un enjeu parce que c’est du foncier. Nous avons des ressources qu’il va falloir exploiter durablement.

Propos recueillis par AG

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« Ce ne sont pas de simples feux, c’est l’œuvre du capitalisme »

Dimanche, dans une tribune intitulée « Amazonie, une forêt et des peuples », le grand conseil coutumier (GCC) des populations amérindiennes et bushinengue, rappelle que le lien qui unit les peuples autochtones d’Amazonie « transcendent les frontières administratives […] La forêt est bien plus qu’un ensemble d’arbres et d’animaux. Nous y avons, nous peuples amérindiens et bushinenge, un attachement particulier au niveau culturel, spirituel, économique, etc. » Aussi, bien que la responsabilité du président brésilien, Jair Bolsonaro, soit directement pointée quand aux feux qui ravagent l’Amazonie, le GCC souligne : « Ce ne sont pas de simples feux, c’est l’œuvre du capitalisme […] Le Brésil n’est pas le seul pays amazonien touché par les flammes, l’Amazonie n’est pas la seule forêt en feu, en Afrique aussi la forêt brûle. » L’extractivisme est directement mis en cause. « Le feu n’est pas le seul danger qui menace ou qui détruit l’Amazonie. » Bien que Sylvio Van Der Pijl, président du GCC avait dans un premier temps cosigné la tribune de la ministre des Outre-mer (voir ci-dessus), il s’est finalement rétracté, mais le GCC soutient la proposition d’augmenter les fonds alloués par l’Union européenne sur le développement de l’Amazonie. Il demande cependant, « la garantie de la participation pleine des peuples autochtones à sa gestion ». Il soutient également la création du fond international pour l’Amazonie mais demande là aussi qu’il soit « directement géré en Amazonie par les peuples autochtones et les communautés ». Enfin, pour que les peuples autochtones aient les moyens de participer à l’ensemble des décisions concernant la Guyane et l’Amazonie, le GCC requiert « le renforcement du Grand Conseil Coutumier en instance décisionnaire avec de véritables moyens de fonctionnement. » La tribune s’achève sur une requête vieille de plusieurs décennies : celle de la ratification de la convention 169 de l’OIT visant à reconnaître véritablement le droit des peuples autochtones. 

Les élus de Guyane demandent un fond international pour l’Amazonie

Dans une tribune parue dimanche, dans le JDD, intitulée « La France, pays d’Amazonie. Préservons ce bien commun de l’humanité », la ministre des Outre-mer et les élus, Rodolphe Alexandre, président de la CTG, le député, Lénaïck Adam, et les sénateurs Antoine Karam et Georges Patient, appellent à la création d’un fonds international « contre les feux de forêt et pour le reboisement ». Alors que l’Amazonie continue d’être ravagée par les flammes, ils rappellent que « plus de 2 500 km2, équivalent à la taille de La Réunion, ont été abattus pendant le seul mois de juillet, principalement au Brésil ». Ils appuient par ailleurs la volonté du président de la République de refuser la ratification de l’accord discuté avec le Mercosur par rapport à l’opposition entre la politique de Bolsonaro et « le choix d’une transition écologique et sociale respectueuse de ce bien commun de l’humanité, conformément aux engagements internationaux en matière de climat ». Ils demandent aussi, « à l’Union européenne de doubler son fonds de développement interrégional dédié à la biodiversité et au développement de l’Amazonie. »

Photo aérienne montrant un panache de fumée qui s'élève d'un incendie dans la forêt amazonienne au nord-est du Brésil, le 26 août 2019 / Carl DE SOUZA (AFP) - Carl DE SOUZA (AFP)

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