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Frédéric Maillard, président d’EDF Production Electrique Insulaire, filiale du Groupe EDF

"Cette installation est indispensable à la sécurité d’approvisionnement en électricité de la Guyane"

Propos receuillis par Hermann ROSE-ELIE Jeudi 22 Octobre 2020 - 15h05
"Cette installation est indispensable à la sécurité d’approvisionnement en électricité de la Guyane"
Frédéric Maillard, président d’EDF Production Electrique Insulaire, filiale du Groupe EDF - DR

La ministre de la transition écologique, a annoncé le remplacement du projet de centrale électrique au fioul à Larivot par une centrale alimentée à 100% en biomasse liquide, suite à un échange avec Rodolphe Alexandre.

Barbara Pompili a souhaité réorienter et retenir la biomasse liquide comme unique source d’énergie de la nouvelle centrale.

Voici en exclusivité pour France-Guyane, la réaction de Frédéric Maillard, président d’EDF Production Electrique Insulaire, filiale du Groupe EDF qui porte le projet de centrale du Larivot.

Quel est votre sentiment sur la décision de la ministre de la Transition écologique

Je me félicite de la décision de la ministre de la Transition écologique qui, en concertation avec Rodolphe Alexandre, Président de la Collectivité Territoriale de Guyane, a donné son accord pour la construction d’une centrale de production électrique qui sera appelée à fonctionner à la biomasse liquide.

C’est une très bonne nouvelle pour la Guyane car cette installation est indispensable à la sécurité d’approvisionnement en électricité de la région, qui est marquée par une hausse de la consommation d’électricité (+2,5 % par an) et par la nécessité de mettre à l’arrêt l’ensemble des moyens thermiques installés sur le site de Dégrad des Cannes.
Les moyens techniques
Est-ce qu’EDF PEI saura répondre technologiquement à cette demande ?

Oui, tout à fait. Depuis son lancement il y a 3 ans, EDF PEI développe un projet de centrale thermique sur la presqu’île de Cayenne qui répond au besoin identifié par la programmation pluri-annuelle de l’énergie de la Guyane validée en 2017.

La technologie retenue, initialement prévue pour un fonctionnement au fioul léger, est parfaitement compatible avec une exploitation avec de la biomasse liquide.

Cette substitution s’opérera dès la mise en service sous réserve de l’obtention des autorisations préfectorales nécessaires. Nous avons réussi des essais grandeur nature à la centrale de Jarry en Guadeloupe en juillet 2020 : nous abordons cette nouvelle étape du projet avec fierté et sérénité.
Quid de la biomasse liquide
Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est concrètement la biomasse liquide et quels sont ses avantages ?

La biomasse liquide se répartit en deux filières, la filière éthanol issue de la fermentation des sucres qui est destinée aux moteurs essence et la filière huile, issue des huiles végétales, telles que le colza par exemple, qui sera utilisée dans la future centrale.

L’énergie tirée de la biomasse est une énergie renouvelable avec un bilan carbone neutre en émission directe. Son utilisation réduit également de façon significative les émissions de soufre et de poussières.

Quelles seront les sources d’approvisionnement ?

Les filières d’approvisionnement en biomasse liquide, les plus pertinentes d’un point de vue environnemental et social, seront sélectionnées en totale conformité avec les directives européennes (réglementation RED 2 notamment). Toutes les filières non éthiques comme l’huile de palme, ainsi que les OGM seront exclues.

En parallèle, le Groupe EDF contribuera, aux côtés des acteurs publics et privés du territoire et du monde de la recherche à la réalisation d’études visant à développer une filière de production de biomasse locale.
Le respect de l'environnement
Quelles sont les garanties que vous pouvez nous donner sur la préservation de la biodiversité et de l’environnement avec la construction de cette centrale ?

La prise en compte des enjeux de biodiversité est une de nos priorités.

Avec l’appui des bureaux spécialisés, nous avons mené pendant plus de 18 mois un recensement complet de tous les enjeux de biodiversité sur la zone du projet. A la suite de cette étude, toutes les mesures techniques et réglementaires d’évitement, de réduction et de compensation des impacts environnementaux (ERC) ont été mises en place.

La mangrove présente sur le terrain a été volontairement évitée par EDF PEI et a été sanctuarisée par le projet afin de préserver ce milieu et d’en garantir la pérennité dans le temps. Sa gestion a été confiée au Parc Naturel Régional de Guyane (PNRG) avec lequel EDF PEI a mis en place un partenariat pour ce projet.

Par ailleurs, nous appuierons des initiatives locales en faveur de la biodiversité. Par exemple, EDF PEI participera à la restauration d’une ferme pédagogique et d’un sentier découverte destinés à faire découvrir aux scolaires la biodiversité du Larivot. EDF PEI a également apporté son soutien financier à une étude locale sur la biche des palétuviers (espèce rare et méconnue présente dans la zone du Larivot).
L'impact économique
Quelles seront les retombées économiques du projet sur le territoire ?

Ce projet industriel participera activement au développement économique du territoire guyanais.

En effet, plus de 100 M€ de retombées économiques pour le territoire sont attendues grâce au projet. 300 personnes seront en moyenne nécessaires chaque jour pendant les 3 ans de la construction et 100 emplois durables sur la durée de vie de la centrale.

Par ailleurs, une clause d’insertion sociale a été négociée avec les constructeurs pour l'embauche prioritaire de guyanais actuellement éloignés de l’emploi (chômeurs longue durée, jeunes sans formation).

En quoi ce projet s’inscrit dans les objectifs de transition énergétique de la Guyane ?


Le projet du Larivot s’inscrit pleinement dans les objectifs de la PPE Guyane et d’une transition énergétique du territoire 100% bas carbone d’ici à 2030. EDF est déjà le premier producteur d’énergies renouvelables en Guyane avec le barrage hydraulique de Petit Saut qui assure plus de 60% de la production annuelle, faisant de la Guyane la première région de France en énergie renouvelable.

La nouvelle centrale permettra de garantir la continuité d’alimentation électrique de la Guyane en toutes circonstances, sans prendre la place des autres énergies renouvelables qui sont prioritairement appelées par le gestionnaire du système électrique pour satisfaire la consommation d’électricité.

Elle est donc tout à fait compatible avec les ambitions de la Collectivité Territoriale de Guyane concernant le développement soutenu des filières photovoltaïque et biomasse solide.

Centrale Larivot - DR




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6 commentaires

Vos commentaires

mikeromeo 23.10.2020
Redevance

C'est surtout que pour EDF SEI, la redevance versée par l'état est fixe et n'est pas liée à la quantité d'électricité produite.
Bref, le.jackpot

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jesaispas 23.10.2020
FONCIER

France Guyane Pourriez vous nous faire ou refaire un article sur le foncier : de la future centrale au Larivot
de la centrale de Dégrad des Cannes
du port de Dégrad des Cannes
Quels étaient les Propriétaires? prix à l'hectare ? arguments pour le choix de ces sites ?

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jesaispas 23.10.2020
MANGROVE

Cette centrale fonctionnera avec des moteurs thermiques qui comme tout les moteurs thermiques ils VIBRENT
Donc on est sur un terrain mou la nappe phréatique n'est pas loin et joue avec les marées.
Et cela va faire comme la centrale de Dégrad des Cannes ça va bouger !!! Mais on ne fait jamais 2 fois la même ERREUR

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jesaispas 23.10.2020
biomasse liquide

filière d'appro locale ?on n'est pas autonome en production agricole:pire les producteurs de viandes et d'oeufs sont dépendants des importations d'aliments pour leurs animaux!!!

Donc on va importer de la biomasse liquide transporter par bateaux avec du fioul LOURD

OU ALORS L ETAT RÉCUPÈRE LES TERRAINS DISTRIBUÉS GÉNÉREUSEMENT ET NON MISE EN VALEUR (NOTAMMENT LORS DU PLAN VERT ET AUTRES) ET Y INSTALLE DES GENS SÉRIEUX CAPABLES DE CRÉER UNE FILIÈRE D'ALIMENTATION ANIMALE D'OU DÉCOULERA UNE FILIÈRE BIOMASSE LIQUIDE MAIS ON PEUT RÉVER

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Pokeur 23.10.2020
avis public

80% des gens ont rejetés le projet de cette centrale, pas uniquement parce qu'elle tournait au fioul mais aussi à cause de l'emplacement en zone inondable qui va necessiter des milliers de m3 de sable pour "sortir" la centrale de l'eau.
Il faut arreter de vendre de l'écologie où il n'y en a pas. On va importer des millions de m3 d'huile de colza pour faire tourner cette centrale, huile qui va venir par bateaux qui consomment ... du fioul lourd. Et raser des forets pour planter de la canne pour faire de l'ethanol.
Il faut arreter de prendre les gens pour des abrutis svp, vos profits ont une limite, vous détruiser la planete pour du fric et vos enfants vont en crever, ca vous fait plaisir ?

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caracara 23.10.2020

L'humain détruit la planète pour faire du fric.
Et il gaspille du fric pour sauver la planète.
L'humain ne serait-il pas un peu con?

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