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EDUCATION

Sud éducation dénonce une "gestion calamiteuse" de la crise sanitaire

Ayodele GERMA Jeudi 7 Octobre 2021 - 05h34
Sud éducation dénonce une "gestion calamiteuse" de la crise sanitaire
De droite à gauche, Sonia Le Perru, Marion Décavé, Sabine Lagreze, membres du Sud éducation. - AG

 Le syndicat Sud éducation a tenu ce mercredi 6 octobre, une conférence de presse pour dénoncer des défauts d’organisation, de prévention et d’anticipation de cette rentrée scolaire par le Rectorat, dans un contexte sanitaire délétère. Tour d’horizon des récriminations du syndicat.

 De prime abord, le syndicat enseignant remet en question le plan de continuité pédagogique que le recteur affirme avoir mis en place lors de sa conférence de presse de ce lundi, suite à l'annonce des fermetures des classes 6ème, 5ème, 4ème et 2nde en zone orange 1 et 2. 
“ Des clés 4G et des ordinateurs mis à dispositions des élèves? Nous sommes sur le terrain, il n’ y a aucun collègue de Sud éducation qui nous a fait remonter cette info là. Pour le premier confinement oui. Et seulement à partir du mois de mai. Mais actuellement, il n' y a rien de rédigé pour anticiper; aucun plan qui pourrait être utilisé en cas de besoin. On fait du bricolage.”  martèle Marion Décavé, professeure en Lettre et Histoire à Melkior Garré ( déchargée) et membre de Sud éducation.
Questionné à ce propos, le rectorat par son service de communication, nous affirme avoir « conventionné avec la Préfecture, l'opérateur Orange et l'association Guyaclic, spécialisé dans le recyclage d’ordinateurs portables et fixes, afin de faire des dons à des familles via les établissements d'équipements internet (boxs, clefs 4g et ordinateurs). En mai 2020, 100 box ont été distribuées à des élèves éloignés du numérique, résidant sur l'île de Cayenne et Kourou . Chaque boîtier offre un forfait de 200 GO de données mobiles et permet 10 connexions simultanées en Wi-Fi” , peut-on lire sur le site Internet du Rectorat.

Toujours en 2020, en juin, la préfecture, l’Académie, la Collectivité Territoriale et l’association Guyaclic ont signé une convention qui avait pour but la mise à disposition de “1200 outils numériques qui seront répartis entre EPLE, inspecteurs de l’Education Nationale et directeurs d’école du premier degré”. 
“ Il y a encore quelques jours, Guyaclic a approvisionné le Collège Paul Kapel en matériel informatique à destination de familles modestes",  précise la cellule de communication.

24 613 élèves en Zone orange 1 et 2 sont concernés par la continuité pédagogique. Mais, ni le syndicat, ni le rectorat n’ont su nous communiquer les chiffres du nombre d’élèves dans l’incapacité technique de participer à ces cours en distanciel. 

Néamoins, pour le syndicat, les moyens déployés restent insuffisants. La continuité pédagogique tient grâce au "système D”: des cours envoyés par le biais de la célèbre application mobile au logo vert, et des polycopiés réalisés sur fonds propres et distribués à des heures convenues aux élèves qui ne peuvent pas se connecter sur Pronote, le logiciel de gestion de la vie scolaire.

Défaut d'hybridation 
Sur la longue liste des reproches adressées à la « gestion calamiteuse du Rectorat de Guyane », l’absence du recours à l’hybridation des classes. “En Guyane, les zones classées en rouge auraient dû être soumises au niveau 4 du protocole national - avec des cours en hybride, 50 % des élèves pouvant être en présentiel en même temps à partir de la 4e. Mais rien n'a été fait en ce sens”, dénonce le syndicat . « Et nous avons commencé la rentrée avec tous les effectifs”, déplore Sabine Lagreze, professeure en lettre classique à Gérard Holder. « Avec un taux de vaccinations de 31% , le protocole adopté par le Recteur ne correspond pas à la réalité du terrain. »
En réponse à cela, le service de communication du Rectorat nous explique que " l’hybridation est impossible chez nous, tout simplement parce que, même si on limite les brassages en établissement, il est impossible de le faire dans les transports. Plus de 80% de nos élèves du 2nd degré viennent en classe en transport scolaire avec des multiples origines et de multiples destinations. Donc on ne pourrait pas organiser des transports en demi-jauge, à moins de multiplier de façon exponentielle le nombre de rotation de la CACL et de la CTG. D’autant que leurs prestataires n’auront pas nécessairement la flotte de bus pour le faire ".
Le syndicat Sud éducation déplore également le nombre insuffisant d’agent de la CTG pour désinfecter correctement les classes. Ces dernières étant parfois mal ventilées. Mais aussi le sous-effectif au sein du personnel médical des établissements; " 5 médecins scolaires sont partis à la retraite et n'ont jamais été remplacés ". Pour les élèves des catégories professionnelles où il existe une obligation vaccinale, une insuffisance d’information pour éclairer leur choix. En tout état de cause, Sud éducation regrette l’absence de consultation par le Rectorat du CHSCTA (Comité d'Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail Académique) pour la mise en place du protocole sanitaire controversé.

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6 commentaires

Vos commentaires

g6d 07.10.2021

Cela fait plus de 30 ans que les enseignants réclament des moyens supplémentaires et ne semblent rien faire pour améliorer la prise en charge des eleves. Dans le domaine de la santé, il n'y a pas plus de moyens, mais les personnels motivés amelirent, malgré tout la prise en charge de la population, depuis 30 ans. Trouvez l'erreur !

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jayjay5 07.10.2021
catastrophique

que fait l'etat? Ya beaucoup d'eleves qui n'ont presque pas eu "classe" depuis mars 2020. Prof absent, motif "covid" ect..., classe fermer motif "cas contact" et autre kouyonade pour se justifié... Faut vite reglez la situation car le peuple Guyanais devient fou: on n'en a marre des couvre feu, confinement ect depuis mars 2020, sa n'arrete pas! faut tout rouvrir!

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René 07.10.2021
Solution

Ailleurs, la situation est réglée, pas de problème.

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g6d 07.10.2021

Combien d'enseignants ont été affectés par cette maladie dans 1 cadre professionnel ? Qui pouvait ignorer que très peu d'élèves pourraient suivre les cours à distance, acces internet hors smartphone, exiguite des logements. les syndicats, comme beaucoup de parents et les politiques ont toujours préféré que tout soit fermer sans tenir compte de l'absence d'alternative. Comment aurait on pu équiper en pc tous les élèves et avec quel argent ? Toujours des récriminations pour se dédouaner de ses propres insuffisances, c'est ça le syndicalisme en Guyane ?

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jayjay5 07.10.2021
bah

c'est simple... les prof font pas leur boulot, ils refuse de faire cours en "visio", mon voisin il a 2 gosses, un college, une en seconde, y ont pas eu cours depuis mars 2020...

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lestranger 07.10.2021

Plus de 24000 élèves et 100 box puis 1200 annoncées soit 5 % théorique !!! c'est à dire au mieux.
La réalité de parent c'est qu'à chaque fermeture de classe c'est vacance et aucune nouvelle de l'éducation nationale.
Mais le recteur est satisfait, il tient bon la barre.
Merci pour ces générations de sacrifiés...

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