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Rentrée des profs mouvementée au collège d’Apatou

Mardi 1 Septembre 2020 - 12h02

 Cela aurait dû être une journée d’accueil et de retrouvailles des personnels pour préparer la rentrée mais les choses ne sont pas passées comme prévues au collège d’Apatou…

 Les assistants d’éducation de l’établissement ont appris ce lundi 31 août, que seuls ceux d’entre eux disposant du diplôme du baccalauréat pourraient voir leur contrat de travail renouvelé au 1er septembre pour la nouvelle année scolaire.

Sur une équipe de 14 personnels recrutés parmi les jeunes de la commune, seul deux disposent du diplôme requis, les douze autres personnels se retrouveraient donc au chômage dés ce lundi malgré plusieurs années d’ancienneté dans l’établissement.

En cause ? Une décision du rectorat de ne pas renouveler la dérogation permettant jusqu’alors chaque année à l’établissement de recruter des personnels de vie scolaire sans baccalauréat.

" Cette dérogation nous permet de recruter chaque année des AED issus du territoire. Ils connaissent ainsi les familles, les élèves, la plupart d’entre eux vivent dans les campoes de la commune et sont pour nous un véritable relais auprès des familles. Leurs missions dépassent celles des AED ordinaires, ils font office de médiateurs, de traducteurs, ils n’ont pas tous le diplôme du bac, mais ils ne sont pas recrutés au hasard, ils correspondent au profil dont nous avons besoin dans un établissement comme le nôtre " détaille Mathurin Lévis, CPE depuis trois ans au collège Ma Aiye d’Apatou.
« Continuer à pouvoir faire notre travail et faire vivre nos familles »
" On est en colère parce que cette décision est un manque de respect, certains d’entre nous travaillent ici depuis cinq ans en tant qu’assistant d’éducation. Les choses se passent bien, les enseignants, le chef d’établissement sont satisfaits de notre travail. Les parents d’élèves nous connaissent et ils nous font confiance. Et pourtant on décide du jour au lendemain de se débarrasser de nous parce que l‘on a pas le bon diplôme… Vous trouvez cela normal ? Cela ne posait pas problèmes les autres années " explique Dichi Sida, assistant d’éducation au collège mais aussi père de famille.

" Derrière chacun d’entre nous il y a des familles, nous sommes des pères ou des mères de familles, que va-t-on devenir ? On demande une chose : continuer à pouvoir faire notre travail et faire vivre nos familles ".

Le rectorat alerté sur la situation par le chef d’établissement n’avait pas encore apporté de réponse favorable ce mardi matin. Les assistants d’éducation ont donc pris la décision de se mobiliser tôt ce mardi matin pour se faire entendre. Dès 6h du matin, ils ont disposé des barrières pour dresser un barrage filtrant sur l’avenue principale de la commune aux abords de l’établissement. L’accès au collège a également été bloqué et aucun enseignant n’a pu accéder à l’intérieur. Ces derniers ont massivement soutenu la mobilisation des leurs collègues. A 8h, prés d’une centaine de personnes étaient rassemblées devant les portes closes de l’établissement, M. Ribeiro, professeur d’EPS abonde : " Cette mobilisation est justifiée, apprendre la veille de la rentrée que sur quatorze AED, seul deux seront renouvelés, sous prétexte de diplôme c’est choquant. Peut-être que c’est la loi, mais il y a aussi l’esprit de la loi. Il faut savoir qu’ici, les AED participent réellement à la vie du collège et occupent d’autres fonctions. En EPS par exemple, nous avons un moniteur certifié de kayak qui est AED. Si il n’est pas reconduit, l’activité kayak disparaitra au collège… ".
Inquiétude pour la rentrée des élèves
En milieu de matinée, la mairie de la commune d’Apatou a apporté un soutien logistique à la mobilisation en installant des chapiteaux sur le bord de la route. Signe que la mobilisation va s’ancrer dans la durée alors que le collège doit accueillir ses premiers élèves dès demain ?

" Nous allons nous battre jusqu’au bout, nous n’avons plus rien à perdre car aujourd’hui nous n’avons plus de travail. Bien sûr on pense aux enfants qui doivent revenir à l’école nous voulons qu’ils puissent rentrer le plus vite possible mais nous voulons aussi être là pour les accueillir, nous espérons que le rectorat va nous entendre sinon nous serons obligé de poursuivre notre mouvement ".

A 24h de l’accueil des premiers élèves la situation est donc préoccupante. " Si la situation n’évolue pas de manière positive, nous ne serons pas en capacité d’ouvrir l’établissement et d’accueillir les élèves dans de bonnes conditions ", ’inquiète le CPE du collège avant d’ajouter : " le rectorat doit prendre conscience des réalités qui s’exercent ici, ces AED ont acquis de l’expérience, ils connaissent le fonctionnement du collège, ils ont été formés, ils sont un rouage indispensable de l’établissement. S’ils nous quittent, tout ce travail sera perdu. J’espère que le bon sens finira par l’emporter. Je reste optimiste ".
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Vos commentaires

Nespresso 01.09.2020

En + de 40 ans de carrière, j'ai pu constater à de très nombreuses reprises un principe cher à l'éducation nationale : il suffit que quelque chose fonctionne correctement et aille dans le bon sens pour que le système s'empresse de le détruire.
Je n'ai pas de contre-exemples.

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