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Levée de bouclier face au malathion

Thomas FETROT Samedi 16 août 2014
Levée de bouclier face au malathion
Le malathion, insecticide et neurotoxique, interdit en Europe, sera pulvérisé en Guyane pendant près de six mois (photo d'illustration)

L'annonce dans nos colonnes, mercredi, de la dérogation accordée à la Guyane afin d'utiliser le malathion (puissant insecticide interdit en Europe depuis 2007) pour lutter contre le chikungunya, a provoqué de nombreuses réactions d'indignation. Une pétition contre l'usage de ce produit a été mise en ligne dès jeudi.

Avant même d'avoir été pulvérisée, la nouvelle molécule choisie pour lutter contre la propagation du chikungunya provoque une vague de réprobation au sein de la population (lire ci-dessous). L'annonce de la dérogation accordée à la préfecture de Guyane et au conseil général, responsable des opérations de démoustication, afin de pulvériser du malathion (puissant insecticide et neurotoxique) pour éradiquer les gîtes larvaires n'a pas été accueillie de la manière la plus favorable. Principalement en raison du fait que l'utilisation de cette molécule est interdite en Europe depuis 2007 et en France depuis 2008.
SIX MOIS DE PULVÉRISATION TERRESTRE
Toutefois, les autorités gouvernementales et sanitaires du département maintiennent que le malathion ne présente aucun caractère de dangerosité. Ce, dans la mesure où les opérations de pulvérisation du produit, autorisées par arrêté ministériel pour une durée de 180 jours (Journal officiel de mercredi), se feront dans le cadre d'une réglementation très stricte.
C'est le Haut conseil de la Santé publique qui définit les conditions d'utilisation du malathion dans la lutte anti-vectorielle. Seul un traitement par voie terrestre est autorisé.
Comme pour la deltaméthrine, l'insecticide actuellement employé mais dont l'efficacité est désormais quasi nulle, en raison de l'accoutumance des moustiques au produit. Le malathion ne pourra être pulvérisé autour des cours d'eau, des cultures vivrières et des captages d'eau de surface. Des précautions sont également recommandées en cas de pulvérisation à proximité de piscine. Car il existe « un risque de production d'impuretés toxiques en présence de chlore » .
ADAPTATION AUX RAFALES
Par ailleurs, il est précisé dans l'arrêté ministériel que les agents applicateurs (donc du conseil général) devront suivre une formation spécifique « en s'appuyant sur les guides de l'OMS » (Organisation mondiale de la santé). Ils devront également bénéficier « d'une protection particulière à travers le port d'équipements de protection individuels » . De plus, l'exposition des populations au produit doit être « réduite au maximum » . Elles devront être averties des opérations 24 heures à l'avance. Et les pulvérisations devront être proscrites lorsque la vitesse du vent sera supérieure à 15 km/h, pour éviter « une forte dérive de l'aérosol » . Quant à la quantité de produit qui sera utilisé pour les pulvérisations, il est précisé dans le décret l'élément suivant : « Compte tenu du niveau de résistance des populations d'aedes aegypti de Guyane au malathion, la durée de l'usage de cette substance biocide doit être la plus courte possible (180 jours, donc, quand la durée maximale autorisée est de 190 jours), aux valeurs les plus hautes de la gamme de doses d'emploi préconisées par l'OMS. »
Silence politique
Pour l'heure, aucun élu de Guyane n'a émis la moindre remarque, favorable ou défavorable, quant à l'emploi du malathion dans le cadre de la lutte vectorielle. Lundi, une conférence de presse sera organisée par la préfecture, l'Agence régionale de la Santé et le conseil général afin de clarifier les conditions d'utilisation de l'insecticide.

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