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Les vacataires, l'autre visage du malaise universitaire

Rosane FAYET Vendredi 25 octobre 2013
Les vacataires, l'autre visage du malaise universitaire
Ils étaient rares les vacataires mardi, dans la chaîne humaine des Palmistes (ASM)

Parmi les revendications des grévistes du Pug, la création de postes d'enseignants-chercheurs. Près de 70% des enseignements sur le pôle Guyane seraient dispensés par des vacataires. Certains dénoncent pressions hiérarchiques et retards de paiement importants.

Un enseignement de qualité. Pour les grévistes du Pôle universitaire guyanais, cela passe aussi par une réorganisation du système professoral. Plus d'enseignants-chercheurs, moins de précarité. Au Pug, près de 70% des enseignements seraient assurés par des vacataires. Filières et étudiants ne sont pas seuls à subir l'impact de la précarité, les vacataires eux-mêmes se disent lesés. Marc (*), professeur d'anglais, est sollicité depuis 2009. « Je me suis souvent retrouvé dans des situations où j'avais effectué toutes mes heures et on continuait de faire appel à moi. » Légalement, le vacataire ne doit pas dépasser 64 h de cours (ou 93 h de travaux dirigés ou 14 4 h de travaux pratiques).
Le mal est plus profond. Certains filières se retrouvent sans enseignant, par manque même de vacataire. « C'est inadmissible qu'on délivre un diplôme avec des matières non dispensées et non validées! » , s'indigne Marc. Ils seraient une soixantaine de vacataires à assumer des cours de façon régulière. Une autre centaine (2) n'intervenant qu'à raison de deux à quatre heures dans l'année. Dans la première catégorie, nombreux dénoncent des retards de paiement abusifs. Marc parle de son expérience : « J'ai déjà attendu un an et deux mois avant d'être payé! » Beaucoup craignent des représailles. Marc rapporte le cas d'un collègue qui a osé engager une démarche judiciaire. L'UAG l'a payé, puis remercié. Professeur dans le privé, Adrien (*) a été appelé en juillet par l'IUT de Kourou. Il a accepté le poste tout en écrivant à plusieurs instances, pour dénoncer la situation des vacataires. Alors que tout était en place pour son affectation, il reçoit un mail lui indiquant que l'IUT n'a plus besoin de ses services.
« J'AI DÛ ALLER AU COMBAT POUR ÊTRE PAYÉE »
C'est à un autre niveau que les pressions sont plus importantes. « On nous fait comprendre qu'on a besoin de nos voix aux élections, sinon on est sûr de ne plus faire cours » , rapporte Marc. Ce qui expliquerait, selon l'intersyndicale, l'absence de nombreux vacataires dans les rangs des grévistes. Aline (*) a tenu, elle, à être présente à la chaîne humaine formée sur la place des Palmistes mardi. Vacataire en formation continue, elle aussi accuse. « Combien de fois j'ai dû aller au combat pour être payée! » L'administration le justifie souvent par le fait que les concernés ne respectent pas la procédure, notamment au moment de la remise de feuilles d'émergement, attestant de leur présence devant les étudiants. Aline s'en défend : « J'ai toujours tout fait dans les règles et même plus. C'est du pipo! » Dans le contrat, la paie n'est réalisée qu'après « service fait » . Dans la pratique, les universités de France proposent une rémunération mensuelle (rare) ou trimestrielle (parfois). Mais la norme veut qu'ils soient payés semestriellement.
(*) Les prénoms ont été modifiés.
(2) A l'heure à laquelle nous mettions sous presse, la présidence de l'UAG n'était pas été en mesure de communiquer ces chiffres.

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6 commentaires

Vos commentaires

benj77 26.10.2013
Posez vous la question de savoir

combien de nos décideurs (politiques, économiques, syndicaux etc.) scolarisent leur jeunesse dans cette "université". 'est bon pour le peuple qu'ils chérissent, mais pas pour leur descendance! Il faut un jour dire la vérité. Un bassin de population de 200.000 habitants dont plus de la moitié des jeunes ne prolongent pas leurs études, ce ne sera jamais viable pour une université. Donner une bourse équivalent au SMIC et un logement aux étudiants pour qu'ils aillent dans l'hexagone serait moins cher et plus efficace (même en ajoutant deux Aller retour par an) quitte par justice à implanter en Guyane des formations innovantes, les seules au niveau national,pur contraindre d'autres jeunes à venir dans la région (dont ils feront la promotion en fin d'études)

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rienaciré 25.10.2013

est ce que dans une démocratie de telles pratiques peuvent exister? (vacataire = exploitation) (vacataire = précarité) (pression) chantage (mauvaise qualité de l'enseignement)
l'instruction très important pour que un peuple ouvre ses yeux, donc il ne vaut mieux pas que les habitants et les étudiants de Guyane soient trop instruits (+ facile de manipuler les cons)

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gwada 67 29.10.2013
De quelle démocratie parlez-vous?

La démocratie implique aussi de respecter la gouvernance qui a été élue et ne pas couper des têtes.

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rienaciré 30.10.2013

france = démocratie droit de l'homme et tout le tralalala
1 vacataire ne doit pas faire + de 64 heures,
retard de paiement, 70% de vacataires enseignent à l'université, (chantage de la part des instances dirigeantes pour voter pour eux) c'est normal?

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monchou 30.10.2013
têtes coupées: allé pa viré!

Pour l'instant, les têtes viennent d'être bel et bien coupées...

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Afrika 31.10.2013
vous avez dit "démocratie"?

Pour le respect d'une gouvernance on est tout à fait d'accord, mais lorsque vous analysez la situation dans laquelle est gérée l'IESG il y a de quoi prendre du recul et faire la part des choses avec un regard très objectif pour comprendre qu'à un certain niveau on ne peut plus parler de "couper des têtes" même si à la base il y a des torts à remarquer d'un côté comme de l'autre. La démocratie c'est aussi permettre à chacun d'évoluer dans des condition tout à fait légitimes mais aussi justes

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