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Environnement / Education

Les déchets par terre, un défi encore loin d’être gagné au lycée Bertène Juminer

Samuel Zralos Samedi 6 Mars 2021 - 14h10
Les déchets par terre, un défi encore loin d’être gagné au lycée Bertène Juminer
Même après le passage des agents, on retrouve rapidement des détritus abandonnés autour des poubelles. - Samuel Zralos

La maison des lycéens du lycée polyvalent Bertène Juminer, à Saint-Laurent du Maroni, a lancé un « éco-challenge » dans l’établissement, pour tenter de lutter contre la prolifération des déchets au sol.

Canettes, emballages, papiers divers… Au lycée Bertène Juminer de Saint-Laurent, comme d’ailleurs dans la plupart des établissements scolaires guyanais, les déchets se retrouvent plus facilement à même le sol que dans les poubelles, pourtant nombreuses. La maison des lycéens tente donc de « sensibiliser les élèves » à la question, comme l’explique Trecya Donarto, en terminale au lycée polyvalent. Ils ont donc décidé de lancer un « éco-challenge » tout au long du mois de mars, pour pousser leurs camarades à ramasser un maximum de choses sur le sol, pour espérer remporter un repas pour deux au restaurant pédagogique du lycée. Une initiative accompagnée d’une campagne de communication – toujours en cours -, avec vidéo de sensibilisation sur Instagram et affiches dans le lycée.

L’objectif affiché d’obtenir le label E3D, qui indiquerait que le lycée est engagé pour le développement durable, semble toutefois encore loin, malgré l’installation récente de nouvelles poubelles à roulettes. «  Je rouspète sans arrêt, je ne peux pas comprendre que des jeunes adultes ne jettent pas leurs déchets dans les poubelles. Si ça n'avait tenu qu'à moi j'aurais carrément fermé la cafétéria » (à proximité de laquelle les emballages s'entassent) s’emporte Nicaise Orizono, gestionnaire agent comptable de l’établissement. Très impliquée dans la lutte contre le phénomène, elle a « déjà cherché tellement de solutions » ces dernières années qu’elle aborde « l’éco-challenge » avec un certain scepticisme. La situation a parfois été tellement catastrophique que la restauratrice qui vient tous les midis vendre des sandwichs à Bertène a déjà été contrainte de refuser de travailler au milieu des détritus, confie la gestionnaire, qu’on sent fatiguée de combattre des moulins.

« Jeter, c’est naturel »

Quelques mètres plus loin, une demi-douzaine de lycéens, partagés entre hilarité et volonté de ne pas trop s’incriminer, viennent confirmer ses dires en quelques minutes. A croire chacun d’entre eux, leurs camarades jettent tout le temps et n'importe où  – « lui notamment » entend-on à propos de l’un ou de l’autre – mais eux-mêmes sont « bien éduqués » et très respectueux des sols. Evidemment, chaque protestation d’innocence est immédiatement moquée par le groupe, sous le regard quelque peu atterré de Nicaise Orizono.

« Les agents [de nettoyage] servent à quoi ? » finit par demander un lycéen, repris sans merci par la gestionnaire, qui lui demande d’expliciter le fond de sa pensée. Quelques instants d’hésitation avant que le jeune homme ne tente maladroitement de se justifier d’un « ils sont là pour nettoyer » que lui même a l’air de trouver faible. « Jeter, c’est naturel, on l’a toujours fait », tente de reprendre un autre, provoquant une nouvelle salve de rires. « Quand j'ai la flemme je jette par terre. Des fois on a la flemme », lâche en parallèle Maxence, en 1ère. Une honnêteté qui ne dure pas : deux minutes plus tard, il nous assure la main sur le cœur que ça a du lui arriver « deux fois dans l’année », au maximum.
Des progrès

« Honnêtement, on vit ici pratiquement, faudrait que ça arrive naturellement », soupire Néman Dawnalan. Avant le début de « l’éco-challenge », il a rencontré les éco-délégués de chaque classe, sauf que « beaucoup n’ont même pas été élus ». Surtout, « personne n’est venu » leur proposer de l’aide pour la collecte des déchets, ce qui « n’est pas motivant ». Mais le jeune homme assure ne pas se décourager : « On s’est engagés, donc on va continuer jusqu’à fin mars ».

Le problème des détritus, extrêmement commun en Guyane, semble toutefois s’amoindrir ces dernières années, souffle Nicaise Orizono. « On avance pas assez vite, mais il y a du progrès » et, à force de multiplier les actions « ça viendra peut-être ». « L’éco-challenge » demeure « une très bonne initiative, qui a donné quand même une réduction de déchets », après une « première expérience pas tout à fait concluante », il y aurait depuis le retour des vacances de février « beaucoup moins de déchets déposés à terre », affirme Gérald Biyoundoudi, proviseur-adjoint, qui juge « important de mettre à contribution les élèves pour tout ce qu'il se passe dans le lycée ».

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Vos commentaires

mikeromeo 08.03.2021

Bizarrement, à coups d'heures de retenues, on enlève 90% des incivilités.

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