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Le rectorat reçoit une délégation intersyndicale pour échanger sur le dossier de Camopi

Jade Letard-Methon (j.letard-methon@agmedias.fr) Lundi 23 Mai 2022 - 19h24
Le rectorat reçoit une délégation intersyndicale pour échanger sur le dossier de Camopi
Une vingtaine de personnes au total s'était déplacée. - DR

C’est un petit coup de pression qui a porté ses fruits. Ce lundi matin une délégation intersyndicale enseignante a été reçue au Rectorat de la Guyane au sujet du climat de tension qui règne en ce moment au collège Paul-Suitman de Camopi ; et qui s’est traduit par un mouvement de grève initié depuis le vendredi 20 mai dernier.

Un bilan mitigé
La délégation de 5 représentants syndicaux (du STEG-UTG et de Sud Éducation) étaient soutenus par des collègues sur place, ce qui a porté à une vingtaine le nombre de personnes mobilisées de bon matin au siège du rectorat, à Cayenne. Sur les coups de 9 heures et demi, des membres du rectorat - parmi lesquels on pouvait notamment compter le secrétaire général académique adjoint, une directrice des ressources humaines, au moins deux personnes pour la division des examens et des concours ainsi que la cheffe de cabinet - ont reçu les représentants des enseignants. L’entrevue ainsi a duré entre 1 heure et 1 heure 15 minutes.

À la sortie des échanges, Sabine Labreze, membre du syndicat Sud Éducation évoque, entre autres choses, un « bilan mitigé », notamment pour faire référence aux réponses apportées : « Ça n’a pas bien avancé mais au moins, là, on a des choses à annoncer aux collègues puisque c’était des choses que la direction aurait pu leur dire mais qu’elle n’a pas fait. » La professeure de lettres classiques au collège Gérard Holder de Cayenne déplore la transformation de la situation en mouvement de grève, quand le nécessaire aurait pu être fait en amont. Du côté STEG-UTG, le constat est le même et on estime que « le rectorat est dans son rôle ». « Ils vont toujours trouver des excuses à tout. Ils nous font venir, ils nous entendent mais il ne nous écoutent pas. Ils ont déjà leur postulat : une fois qu’ils ont donné leurs solutions à eux, ça s’arrête là », déplore Cindy Pollux, du STEG UTG.

Les enseignants grévistes de Camopi en plein débrayage. - DR


La jonction devrait être faite avec les personnels mobilisés de Camopi pour voir quelle est leur volonté désormais car le préavis de grève actuel court jusqu’au 25 mai 2022 inclus. Ce matin, au même moment que l’entrevue à Cayenne, un simple débrayage au lieu de la reprise complète du mouvement qui était prévue. Et pour cause : certains élèves du collège doivent avoir un brevet des collèges blanc ce mardi et mercredi. Il y a donc eu une volonté de ne les impacter de la part des enseignants grévistes.
Une mission d’évaluation salvatrice ?
En ce qui concerne l’affaire de détournement de mineur présumé, la haute autorité des enseignants aurait pris le parti de suivre la conclusion du parquet, qui aurait prononcé l’abandon des poursuites engagées contre le mis en cause présumé, après une enquête déclenchée par des signalements faits auprès du Procureur de la République. « Cette réponse ne nous satisfait pas et ne nous convient pas parce qu’on a quatre enseignants qui ont fait des rapports et on va essayer de voir pourquoi il y a eu cet abandon des poursuites », selon Sabine Lagreze. Pour le STEG, « l’enquête a été bâclée et les enfants ne sont pas protégés » cela à cause d’une « proximité entre les gendarmes et certaines personnes de cet établissement ».

Il est bien confirmé qu’une mission d’évaluation du rectorat sera en déplacement durant la semaine à venir du 30 mai, sur la commune de Camopi. Pendant ce temps où la présence des syndicats a été autorisée, les enseignants de Paul-Suitman pourront être fixés sur l’évaluation de la dotation horaire globale : « des ajustements seraient encore possibles », selon Sud Éducation ; le STEG, quant à lui, est plus sceptique et ne se fait guère d’illusions compte tenu du fait que l’institution partirait avec un « a priori négatif ».

Certains membres de la délégation intersyndicale qui a été reçue ce matin au Rectorat de la Guyane - DR


Le point des difficultés de communication entre certains enseignants et la cheffe d’établissement devrait aussi rentrer dans le cadre de la mission d’évaluation, ce que déplore le STEG-UTG qui rappelle que les professeurs mobilisés réclamaient une enquête administrative.

Enfin, concernant la question du recrutement d’une assistante sociale, d’une infirmière et d’une conseillère d’orientation psychologue pour prendre en charge des élèves qui « se scarifient et qui font des tentatives de suicide » : « Le rectorat n’a pas de réponse mis à part celle de dire qu’il n’y a pas de moyens attribués par le ministère pour créer des postes. Ils ont également avancé qu’il y a une difficulté de recrutement pour ces postes-là. », conclut Sabine Lagreze.

Le Rectorat de la Guyane a, pour sa part, indiqué qu’il communiquera à l’issue de la mission d’évaluation prévue dans les prochains jours à Camopi. La « préfecture de l’Éducation » en Guyane indique, par ailleurs, « communiquer et travailler avec les syndicats et les personnels. »

DR


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