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« Le projet artistique de Kokolampoe a permis l'intégration des étudiants »

Propos recueillis par Lima FABIEN Mercredi 09 juillet 2014
« Le projet artistique de Kokolampoe a permis l'intégration des étudiants »
À l'issue de leurs trois années de formation, les étudiants de la première promotion du théâtre école Kokolampoe ont présenté leur pièce Le Songe d'une autre nuit, ce week-end à Mana (LF)

Depuis trois ans, à Saint-Laurent, le théâtre école Kokolampoe forme des comédiens et des techniciens. La première promotion vient d'être diplômée et présente une pièce. Ewlyne Guillaume et Serge Abatucci, directeurs de la compagnie KS and Co, dressent le bilan.

Vos premiers étudiants viennent d'être diplômés. Où en sont-ils ?
Ewlyne Guillaume. Notre école a deux publics : les techniciens et les comédiens. Les techniciens sont tous qualifiés. Pas un n'est resté sur le carreau, trois ont une mention. La Guyane n'a pas à rougir ou à être complexée. Pour les comédiens, Le Songe d'une autre nuit est un spectacle professionnel tremplin (lire ci-dessous). Il permettra de montrer nos professionnels à des personnes susceptibles de les accueillir au sein de projets. Certains sont déjà embauchés, d'autres ont des projets pour août ou pour 2015. Ils ont tous des projets professionnels spécifiques et des offres d'emploi. C'est la première promotion. On est satisfait du résultat.
Pourquoi avoir fait le pari d'un théâtre école à Saint-Laurent ?
Serge Abatucci. Le parallèle que je fais, c'est qu'Aimé Césaire m'a probablement transmis le virus de dire que la culture est accessible à tous. Pas dans une optique sociale d'intégration. Plus dans l'idée d'un projet artistique. Le projet artistique est beaucoup plus riche qu'un projet où on dit : « Bon, il faut insérer les jeunes. » Le projet artistique questionne le social, donc amène une intégration. On évolue avec un projet artistique, un propos artistique. Aimé Césaire disait qu'il avait réuni des jeunes de quartiers populaires des campagnes. Il avait vraiment cette volonté de faire du théâtre, il avait monté cette école. Ça a ouvert sur l'Afrique et d'autres choses. C'est un peu ce qu'on fait là.
E.G. Certains sont très peu scolarisés. Ça veut dire que, motivé, si on a vraiment envie de travailler, on peut arriver à un très haut niveau de compétences. Les étudiants sont des personnes très intelligentes, avec un sens artistique développé. Certains estiment que, quand on n'a pas été à l'école de la République, on est « mal inséré » . Je n'aime pas trop ce terme. Chez nous, les étudiants ont dit : « Oui, c'est ce que nous voulons faire, c'est ce que nous aimons passionnément. » Leur passion du théâtre fait que certaines « lacunes » peuvent être très vite comblées. Le théâtre réunit énormément de disciplines. On s'y cultive d'une autre manière que sur les bancs de l'école.
Quelle sera la suite ?
E.G. Je crois que c'est eux qui vont me donner des signaux. Tout est possible, quand on voit des étudiants dont ce n'était pas la culture. [...] Pour la prochaine promotion, il y a déjà beaucoup d'inscrits, mais on ne peut pas prendre énormément d'élèves.

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