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LES RECORDS DE LA NATURE (2/6)

Le pian, c'est dans la poche

Karin SCHERHAG Mardi 16 juillet 2013
Le pian, c'est dans la poche
Ce marsupial, proche du kangourou, a été découvert par une expédition espagnole en 1499 au large des côtes brésiliennes (DR)

Nouveau record aujourd'hui avec la gestation la plus courte du monde. Et le grand gagnant est... le pian. Un petit marsupial présent en Amérique et qui ne manque pas d'intérêt.

Cet animal est souvent mésestimé. En Guyane, le pian est considéré comme un gros rat. Un nuisible qu'on n'hésite pas à éliminer. Ce petit marsupial, proche du kangourou, est pourtant tout à fait intéressant. Et détient même le record de la gestation la plus courte au monde : douze ou treize jours. Les petits ne mesurent alors que 12 millimètres pour 0,15 gramme. Vingt-quatre de ces larves peuvent tenir dans une cuillère à café!
Des grands prématurés en quelque sorte puisque seuls les membres antérieurs des nouveaux-nés sont formés. Sans poils, aveugles, sourds, ils poursuivront leur développement pendant les deux mois suivants, dans la poche ventrale (le marsupium) de leur mère. Pour y arriver, les petits nagent une sorte de crawl, guidés par leur sens olfactif ; la salive dont la mère a auparavant imprégné la zone leur servant à se diriger.
Ironie de la nature, les portées peuvent compter beaucoup plus de larves que ne peut en contenir la poche marsupiale. La femelle ne possède en outre que treize tétines auxquelles s'accrochent les treize petits les plus résistants. Atteindre l'âge adulte quand on est pian n'est pas de tout repos... Une mise en condition, en fait, car la vie de ce petit opossum nocturne est un perpétuel combat. Peu rapide et ne possédant que ses dents pour se défendre, le pian est une proie facile pour de nombreux prédateurs : rapaces nocturnes, serpents constricteurs et félins en tête.
Alors l'opossum fait avec les moyens du bord : sous l'effet du stress, il tombe en catatonie. Allongé sur le côté, yeux fermés, langue pendante, il ressemble à s'y méprendre à une vulgaire charogne. Une expression typiquement nord américaine joue de cette particularité : « play at the opossum » , qui se traduit littéralement par « jouer à l'opossum » et signifie « faire le mort » .
Le subterfuge est d'autant plus crédible que le pian est capable de répandre une odeur repoussante, rappelant l'ail et l'ammoniac, et produite par des glandes situées dans la région anale. Le nom de cet animal est d'ailleurs dérivé du mot « puant » .
On compte en Guyane deux espèces de pian. Proches l'une de l'autre par leurs habitudes et leurs comportements, elles ne se distinguent que par leur fourrure. Noire chez le Didelphis marsupialis, blanche chez le Didelphis albiventris. A vous maintenant de les reconnaître.
Avec la collaboration de Jean-Marie Prévoteau, guide animateur Parc naturel régional de la Guyane
- REPÈRES - Découverte royale
La découverte du pian par les Européens revient à l'Espagnol Vicente Yáñez Pinzón. Conquistador et commandant de la Ninã de Christophe Colomb, il explora les côtes du futur Brésil en 1499. C'est là qu'il captura une femelle pian. L'étrange animal fut présenté à la cour d'Espagne et, intriguée, la reine Isabelle introduisit son doigt royal dans la poche marsupiale. Elle y découvrit des larves en train de téter et s'émerveilla de ce spectacle. Les kangourous australiens ne furent découverts que bien plus tard mais éclipsèrent rapidement leurs cousins américains.
K. S. (avec J-M. P. )

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1 commentaire

Vos commentaires

cricri973 16.07.2013

Manikou ké ariko rouj, sa chwit ! Si to konèt roun moun la martinik ka préparé sa pou to bye mo so adrès.

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