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Le malathion : interdit en Europe, pulvérisé en Guyane

Thomas FETROT Jeudi 14 août 2014
Du malathion sera pulvérisé en Guyane pendant 180 jours.

Une dérogation a été donnée à la Guyane pour faire usage du malathion, un insecticide hautement toxique interdit en Europe depuis 2007, afin de lutter contre le chikungunya. Problème : le degré de nuisance du produit, qualifié de « mortel » par des scientifiques.

Le malathion est un insecticide et un neurotoxique. Un composé dit « organophosphoré » dont l'utilisation est interdite en Europe depuis 2007 et en France depuis 2008. Pourtant, par le biais d'une dérogation, la préfecture et le conseil général (chargé des opérations de démoustication) ont reçu le 5 août l'autorisation d'en faire usage dans le département. Ce, pendant une durée de 180 jours, dans le but de lutter contre la propagation du virus du chikungunya, qui a touché 1528 personnes en Guyane selon l'Agence régionale de Santé.
LES AUTORITÉS APPROUVENT
Une décision devenue effective depuis la parution hier au Journal officiel de l'arrêté signé par le ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie ainsi que celui des Affaires sociales et de la Santé. Pour justifier de cette dérogation (inscrite à l'article 55, paragraphe 1 du règlement de l'Union européenne), sollicitée par le préfet depuis le 21 février, il est fait état de la résistance des moustiques au produit actuellement utilisé en Guyane, la deltaméthrine. Une décision approuvée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire et de l'alimentation ainsi que par le Haut conseil de la santé publique. Un consensus des plus surprenants, compte tenu de la haute toxicité du malathion.
« ÇA TUE TOUT! »
Christophe Duplais, chimiste du Centre national de la recherche scientifique, s'insurge contre cette mesure. « Il s'agit d'une molécule qui va se dégrader en quelque chose d'encore plus nuisible, affirme-t-il. Ça tue tout. » De fait, le malathion pulvérisé se décompose en une autre substance nommée le malaoxon et considérée comme étant 60 fois plus nuisible.
« Le problème est que les pulvérisations se font depuis la route, sur 5 à 10 mètres, poursuit le scientifique. Plus loin, on ne trouve que des traces du produit. Elles ne suffisent pas à tuer le moustique mais constituent des doses homéopathiques qui favorisent la résistance. Par ailleurs, pulvériser, ça veut dire que le produit va dans les jardins, les fruits, les légumes. » De plus, le malathion s'attaque aussi aux insectes dits « utiles » , comme les abeilles. Sur les zones aquatiques, il s'avère nocif pour les populations d'amphibiens.
« Des gens prennent des décisions et choisissent d'utiliser un produit mortel et toxique sans consulter ni les scientifiques ni la population, peste Christophe Duplais. Quel niveau de risque doit-on atteindre pour se protéger contre le chik ? »
Une dérogation a également été accordée pour Tahiti et la Nouvelle-Calédonie. À Nouméa, l'usage du malathion suscite de nombreuses réactions d'hostilité au sein de la population.

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14 commentaires

Vos commentaires

nïl@ 14.08.2014
Extermination

Non mais il faut arrêter là!!!Ce n'est plus les moustiques qu'ils veulent tuer mais c'est la population qu'ils veulent empoisonner.Ceux qui ont donné cette dérogation savent bien ce qu'ils font...Et ils diront après: C'EST LA FAUTES AUX MOUSTIQUES...BEN VOYONS OUI OUI

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Sacco 14.08.2014

C'est grave...
En même temps,si les communes,à commencer par Cayenne, plutôt que d'empoisonner la population avec cette saleté faisait leur travail c'est à dire une réelle prévention en procédant à l'épuration systématique des zones favorables au développement des moustiques au lieu de les laisser proliférer dans de véritables égouts à ciel ouvert tel que par exemple ce grand marais traversé par un cours d'eau nauséabond et bourré de larves situé en plein milieu d'habitations et de l'hôtel Novotel?
Si des contrôles étaient effectués dans les jardins et innommables cloaque/favelas qu'on a laissé s'installer par pur laxisme jusqu'au cœur même de Cayenne ?
Lors de la grande épidémie de Chik à la réunion,je peux vous dire que les zones d'habitations, les villas, les casses illégales et légales étaient visitées par des agents assermentés et qu'en cas de contrôle positif, les amendes pleuvaient tant et si bien qu'à force,les gens faisaient attention et au final l'épidémie a été vaincue!
Pourquoi n'est-ce pas le cas en Guyane? Les maires et les habitants inciviques auraient-ils ici le droit de mettre tout le monde en danger par leur négligence?
Non, plutôt que d'assumer leurs obligations de police sanitaire, nos maires préfèrent empoisonner la population avec un poison déclaré illégal depuis bientôt 10 ans,c'est un scandale et vous aurez à rendre des comptes!
Alors avant de faire n'importe quoi,faites la chasse à la négligence coupable...a commencer par la votre !

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madidine972 14.08.2014
Politiciens inconscients

C'est incroyable comme les politiciens sont irresponsables, lorsque les animaux vont périr, les gens auront des problèmes de santé, les élus vont encore jeter la responsabilité sur d'autres personnes... SOUVENEZ VOUS DE CETTE DECISION AFIN QUE LES ELUS QUI L'ONT PRISE SOIENT TRADUITS EN JUSTICE LORSQUE DES GENS SOUFFRIRONT DE D'AUTRES MALADIES....

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Keskimariv 14.08.2014
criminel

C'est tout simplement criminel !!! De quel droit peut-on mettre en danger la santé de toute une population ??? En Martinique, nous avons eu le préfet qui donnait dérogation sur dérogation pour le chlordécone. Heureusement que nos associations de défense sont monter au créneau pour faire annuler toutes ces dérogations intempestives par le tribunal administratif. J'espère que chez vous, vous allez réagir......

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