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La collecte des déchets et le tri sélectif à la peine dans les Outre-mer

Lundi 17 décembre 2018

La délégation Outre-mer de l’Assemblée nationale a adopté jeudi une résolution visant à améliorer les conditions de la collecteet du tri sélectif dans les territoires ultramarins en attendant la loi sur l’économie circulaire.

Les députés ont auditionné des représentants ultra-marins de l’Amorce, l’Association des collectivités territoriales et des professionnels pour la gestion des déchets, de l’énergie et des réseaux. L’Amorce regroupe entre autres quinze collectivités d’Outre-mer et 1,8 million d’Ultramarins et a été missionnée pour négocier avec Citéo, l’ex-Eco-emballage, organisme agréé pour assurer la collecte et la valorisation des emballages ménagers selon le principe pollueur-payeur. À quelques mois de l’examen de la future loi sur l’économie circulaire, la délégation Outre-mer a réuni ses représentants de Guadeloupe, Martinique et Guyane. Ensemble, ils ont élaboré une motion qui vise à réviser le cahier des charges et des techniques, des moyens à mettre en œuvre par Citéo et les établissements publics de coopération intercommunale sur chaque territoire.

Un défaut de valorisation des déchets

Si la collecte sélective a démarré dans l’Hexagone dès 1993, le démarrage a été bien plus tardif Outre-mer, entre 2002 et 2015  ! En 2016, l’agrément de Citéo a été reconduit pour la période 2017-2022, mais dans des conditions qui ne permettent pas du tout d’atteindre les objectifs, à savoir 100  % de déchets recyclables d’ici 2025 et zéro déchets en 2035. «  Comme il n’y a pas de recyclage en aval, observe Olivier Castagno, responsable pôle déchets Amorce, il n’y a pas de recettes.  » Amorce a fait une analyse du coût de gestion des déchets  : c’est 33 euros par habitant et par an dans l’Hexagone contre 46 euros en Outre-mer. Dans l’Hexagone, les recettes additionnent 10 euros la tonne pour le soutien apporté par l’éco-organisme et 5 euros pour la valorisation. Outre-mer, l’éco-organisme apporte 4 euros en soutien, mais le recyclage n’est valorisé qu’à hauteur de six centimes car la valeur ajoutée se fabrique ailleurs, dans l’Hexagone généralement.

«  Nous faisons le travail qui est pourtant de la responsabilité des emballeurs et Citéo se dit victime du cahier des charges, déplore Pierre Porlon, vice-président de la communauté d’agglomération du Nord Grande-Terre en Guadeloupe. Il faut donc le changer, avec ou sans barème, pour continuer à sauver nos pays. Nous faisons une révolution, mais sans moyens  !  »

« Dix ans de retard »

Même son de cloche chez Yvon Pacquit, vice-président de la communauté d’agglomération du Centre de la Martinique  : «  On s’inscrit dans les objectifs nationaux de collecte, mais la méthode n’est pas adaptée à nos territoires. Nos coûts sont supérieurs de 50  % et les aides autant de fois inférieures… Nous avons dix ans de retard et pas d’aide de lancement. Il faut un modèle par territoire.  »

Pour l’heure, seule La Réunion (avec ses 800 000 habitants) est parvenue à élaborer une vraie filière de recyclage tant de pneus (8 000 tonnes par an et 300 points de collecte) que de palettes. Aux Antilles, 70  % des déchets sont enfouis et seulement 10 % recyclés. En Guyane, il n’existe aucune filière sur place de recyclage à l’exception de celle des déchets verts.

Au final, la résolution élaborée consiste à améliorer la rémunération des collectivités en matière de collecte, les aides dédiées à la collecte sélective (comme pour les véhicules hors d’usage). La résolution sera présentée au gouvernement dans le cadre de la préparation de la future loi sur l’économie circulaire… Jérome Dancoisne, responsable environnement et déchets à la Région Guadeloupe, a fait savoir que sa collectivité aspirait à décrocher une habilitation législative en matière de filière de responsabilité élargie des producteurs pour la collecte des emballages ménagers. « Ça permettra de peser sur le montant de l’éco-contribution car tous les citoyens cotisent depuis 1992.  »

FXG, à Paris

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