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Education

L'éducation nationale fait grève en France hexagonale et en Guyane

Samuel Zralos Mardi 26 Janvier 2021 - 13h35
L'éducation nationale fait grève en France hexagonale et en Guyane
Des surveillants et enseignants de Saint-Laurent rassemblés devant l'annexe du rectorat, ce mardi 26 janvier. - Samuel Zralos

Les syndicats de l'enseignement ont suivi sur le territoire l'appel national à arrêter le travail ce mardi, pour dénoncer les conditions d'enseignement, en particulier en pleine crise sanitaire. Sur le territoire, le mouvement a été diversement suivi, autour de problématiques locales.


Si la grève est nationale dans l'éducation aujourd'hui, les problèmes relevés par les grévistes guyanais reflètent pratiquement tous une réalité propre au territoire. A commencer par les effets de la crise sanitaire : alors que dix clusters de covid-19 ont déjà été détectés dans des établissements scolaires, le personnel scolaire s'inquiète d'une explosion des cas.

« Il y a pas mal de profs malades ou cas-contact dans mon lycée », relève ainsi Sébastien Caugant, du lycée Raymond Tarcy de Saint-Laurent du Maroni, qui constate que, comme dans les autres établissements, « le protocole sanitaire ne fonctionne pas ».

Un protocole inefficace à propos duquel l'ensemble des organisations syndicales ont alerté le recteur dès octobre, « sans réelle réponse , regrette Florent Hennion, co-secrétaire général du FSU en Guyane.
Crise sanitaire et sociale

Si le protocole a autant de ratés, c'est bien sûr en partie dû à la difficulté inhérente à faire respecter les gestes barrières à des enfants ou adolescents, mais aussi et surtout à cause du sureffectif qui touche de nombreuses écoles guyanaises. Car le problème sanitaire est lié aux énormes manques sociaux de l'école guyanaise, dénoncent les grévistes.

Malgre les besoins criants, « on se rend compte que les établissements ne sont pas encore sortis de terre, que les constructions ne correspondent pas aux besoins », abonde Gabrielle Newton, responsable du Steg-UTG, qui s'est rassemblé devant le rectorat à Cayenne ce matin. « Le rectorat et l'Etat ne font aucune projection. »
« On porte un masque mais pas un bâillon »

« Il n'y pas non plus suffisamment de moyens, financiers, humains et matériels, pour lutter contre l'illettrisme » sur le territoire, continue la syndicaliste, d'autant que l'enseignement y est « un copier-coller de [celui] en France hexagonale, ce qui ne correspond pas aux élèves » nés en Guyane. Et les dernières réformes ne prévoient pas de changer ce cap. Au contraire, dans un territoire où les professeurs ne restent en général que peu d'années, les établissements touchés par la réforme des Rep+ (quasi toute la Guyane donc) « risquent d'être complètement isolés », s'inquiète Florent Hennion.

Avec environ 10% de grévistes selon les chiffres du rectorat - les syndicats évoquent le double -, le mouvement de grève n'a toutefois été que peu suivi ce matin, comme une témoignaient les rassemblements clairsemées de Cayenne ou Saint-Laurent du Maroni. Pas question pour autant de baisser les bras, assène Sébastien Caugant : « Si personne ne se levait, ça veut dire on a accepté la situation, ce manque de moyens. Même à une dizaine, on porte un masque mais pas un bâillon, nous sommes une minorité qui peut grandir ».

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Vos commentaires

cap40 26.01.2021
16...

16 grévistes...les temps sont durs pour les syndicats...


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