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Alain Ayong Le Kama, recteur de l'académie de Guyane

"L'académie est prête à accueillir les élèves"

Propos recueillis par Hermann ROSE-ELIE Samedi 9 Mai 2020 - 06h38
"L'académie est prête à accueillir les élèves"
Pour le recteur, "les conditions sont réunies pour accueillir les élèves" - Archives - Rectorat

 A moins de 48 heures de la réouverture théorique des établissements scolaires, le recteur d'académie accorde un entretien à France-Guyane. Pour Alain Ayong Le Kama, toutes les conditions étaient réunies pour assurer cette reprise des cours en Guyane.

 Que souhaitez-vous dire aux parents dans le contexte actuel ?

Je souhaite d'abord les rassurer. Je sais l'inquiétude des parents et leurs doutes, mais je garantis que tout sera mis en oeuvre. Aucun détail ne sera négligé pour l'accueil et la prise en charge des enfants dans le strict respect du protocole sanitaire, visant à garantir leur sécurité.
Je souhaite également qu'ils comprennent l'importance du retour, le plus tôt possible, des enfants à l'école. Notamment des plus fragiles d'entre eux. C'est important afin que leur parcours scolaire ne soit pas excessivement affecté par la situation que nous vivons et l'expérience inédite du confinement, qui aura des conséquences : psychologiques, sociales et bien entendu, pédagogiques et éducatives. En dépit du travail remarquable réalisé par nos personnels pour la continuité pédagogique sur laquelle je reviendrai un peu plus tard, rien, absolument rien ne peut remplacer la relation directe et l'interaction entre élèves et enseignants et entre les élèves, pour la construction des connaissances et des compétences.
Le retour à l’école des enfants est non seulement un impératif pédagogique, mais également un impératif de justice sociale, en particulier pour ceux qui peuvent difficilement suivre l’enseignement à distance ou qui sont en situation de décrochage.

Malgré les positions affichées par les élus et des parents d’élèves, l’académie serait-elle prête à accueillir les élèves?

L'académie est prête à accueillir les élèves, dès que les maires et la collectivité territorale de Guyane autoriseront l'ouverture des écoles et des établissements scolaires. Malgré le confinement, les responsables (directeurs d'école, inspecteurs de l'Education nationale, chefs d'établissement) et leurs équipes, n’ont jamais cessé de travailler, ce dont je les remercie. Ils ont préparé le plan de reprise de leur établissement, dans le strict respect du protocole sanitaire national et des mesures d'adaptation au contexte local qui ont été arrêtées, en accord avec le Préfet et l'ARS, après concertation avec l'ensemble des représentants de la communauté éducative, dont les élus responsables des collectivités de rattachement. Cette note qui a été distribuée à l'ensemble des acteurs et soumise au Comité d'Hygiène de Santé et des Conditions de Travail Académique (CHSCTA), détaille les modalités de mises en oeuvre de la reprise. Elles tiennent compte de nos particularités en matière de transport, de restauration et d'hébergement.
Quels sont les points qui posent problème aujourd’hui ?

En ce qui nous concerne, aucun. Les protocoles de reprise de chaque école et établissement ont prévu une organisation tenant compte : des contraintes sanitaires, de transport et de restauration scolaire et sont à la disposition des responsables des collectivités. Les produits et équipements qui manqueraient aux collectivités pour assurer le respect du protocole sanitaire (masques, gel hydro alcoolique, essuie-tout) sont disponibles, fournis par les services de l'Etat. Nous poursuivons, en outre, notre travail avec les partenaires pour trouver des réponses à chaque interrogation.
Quel bilan pour l’accueil des enfants des personnels soignants durant le confinement ?

Un bilan extrêmement positif et satisfaisant malgré des débuts hésitants, car nous nous lancions dans l'inconnu, comme dans à peu près tous les domaines de notre vie quotidienne depuis le début de la crise sanitaire. Par ailleurs, ce dispositif n’accueille pas seulement les enfants des personnels soignants. Il accueille également les enfants des personnels indispensables à la gestion de crise et sans solution de garde (Préfecture, ARS, médecins de ville, Sage-femme, médecins spécialisés…). Des masques nous ont été fournis par l’ARS et par l’association des Chinois de Guyane que nous remercions. Ce dispositif montre justement que l'école est possible, si on se donne tous les moyens de protéger les personnels et les élèves. Il s'est construit sur le volontariat de directeurs d'écoles, de chefs d'établissement, des inspectrices et inspecteurs de l'Education nationale en charge des circonscriptions concernées et, bien entendu, de professeurs des premier et second degrés. La coordination en a été assurée par les deux inspectrices de l'Education nationale adjointes au DASEN chargées du premier degré, les IENA du Centre Est et de l'Ouest guyanais, comme on a coutume de les appeler. Je m'associe avec force aux parents qui n'ont eu de cesse de les remercier et de les féliciter pour l'efficacité du dispositif qui s'est amélioré de jour en jour et qui leur a permis d'exercer en toute sérénité leurs missions de personnels en première ligne pour la gestion de la crise du covid-19.
La continuité pédagogique a-t-elle été correctement assurée ?

Absolument, je dois dire que les enseignants, les personnels d'éducation et d'accompagnement ainsi que nos cadres ont fait preuve d'une réactivité, d'une créativité et d'une capacité d'adaptation extraordinaires, dans tous les sens du terme, pour maintenir la continuité pédagogique, par tous les moyens et ressources disponibles:
• à distance via les espaces numériques de travail (CNED, Ma Classe à la maison, les classes virtuelles, la plateforme de continuité pédagogique en ligne sur le site de l'académie, la plateforme téléphonique dédiée), les messageries électroniques et appels téléphoniques,
• Les émissions de télévision et radiophoniques comme l'Ecole sous le Tukusipan qui a été appréciée par les élèves et leurs familles sur l'ensemble du territoire et est devenu un rendez-vous incontournable pour nombre d'entre elles pendant le confinement,
• la mise à disposition des devoirs et leur correction grâce aux permanences dans les écoles, la distribution en lien avec certaines communes et l'appui d'associations, pour n'en citer que quelques uns.
Je tiens d'ailleurs saluer tous nos personnels et tous nos partenaires qui se sont impliqués et à les remercier très chaleureusement pour cette mobilisation collective sans précédent. L'engagement et l'implication des équipes pédagogiques au service de la réussite des élèves ont été plébiscités et ont aidé les familles à ne pas porter seules la responsabilité de l'entretien et de la consolidation des acquis, durant le confinement.

Ne craignez-vous une augmentation du taux de décrochage scolaire déja très élevé chez nous?

Justement, malgré tout les efforts consentis par nos personnels et les familles qui ont activement pris part à la continuité pédagogique, il y a tout de même environ 6% des éleves que nous n'avons pas pu toucher. Pas directement, du moins...
La question du rattrapage de ces semaines de cours perdus est récurrente. Qu’est-il prévu concrètement ?

Dans le contexte actuel, il est essentiel de consolider les acquis du premier et deuxième trimestre, puisque le confinement a été mis en place quasiment à la fin de ce deuxième trimestre. C'est vers cet objectif qu'il faudra tendre durant les semaines à venir. D’ailleurs, en plus de la continuité pédagogique qui a été mise en œuvre rapidement, la plupart des EPLE (ndlr : Etablissement Public Local d'Enseignements) ont tenu leurs conseils de classe permettant ainsi de répondre à certaines exigences du calendrier scolaire.
En septembre, le virus n’aura pas disparu. Aurez-vous des évolutions dans le cadre de la prochaine rentrée ?

Cette pandémie ne sera pas terminée en septembre selon les spécialistes. Il nous appartient donc, de façon collective, d’innover et de formaliser les modèles pédagogiques qui seront mis en œuvre pour cette rentrée dans un cadre national, en prenant en compte les exigences d'une vie avec le Covid-19.
Qu’en est-il des principaux examens ?

Concernant l’oral du bac de Français pour les élèves en classe de 1ère, seule épreuve maintenue pour l’instant, le Ministre a annoncé hier vendredi 8 mai qu’il prendrait la décision définitive d'ici à la fin du mois de mai, en fonction de ce qui sera décidé pour les lycées. Donc à cette date rien n’est encore inscrit dans le marbre.Les épreuves du Diplôme National du Brevet (DNB) et du Baccalauréat général, technologique et professionnel sont validées à partir des notes du livret scolaire. Les informations restent disponibles sur notre site académique www.ac-guyane.fr.
• SI LES ÉLÈVES RETOURNAIENT À L'ÉCOLE :

infographie protocole de réouverture des écoles en mai 2020 en Guyane

Le recteur a réceptionné en présence du préfet, les masques commandés pour la sécurité des élèves et des personnels -




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11 commentaires

Vos commentaires

MartinEden 11.05.2020

Alors tous les établissements ont reçu leur matériel ?
Faîtes nous rêver...

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cap40 09.05.2020
ah zut alors....

On va devoir travailler???
Que nenni, car heureusement nos zélus veillent au grain...
Ne craignons donc rien au moins jusqu'à septembre où le méchant virus toujours actif permettra aux écoles de se préparer peut-être pour Noêl. Dans la foulée, je crains pour la tenue du carnaval 2021. Quoique ...

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Nespresso 09.05.2020
Nopanic

Je ne pense pas qu'il faille se faire du souci pour Vaval. Le Carnaval c'est quand même la seule période de l'année où toute la Guyane se mobilise, ce sera donc un îlot de travail (pardon pour la rudesse du mot) au milieu de la douceur du semi-confinement.

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MartinEden 09.05.2020
De la communication

Donc tous les établissements ont reçu masques et autres à 48h de la rentrée. Il y a environ 79 000 élèves scolarisés dans l'académie. En comptant tout le personnel dans les établissements, 85 000 personnes doivent être concernées. Il faut 2 masques par jour.
Combien de masques, gels ont été réceptionnés ? Pas de réponse.
Ont-ils été répartis dans tous les établissements de Guyane à 48h de la rentrée ?
Non.
Nos élus ont pris la bonne décision de ne pas ouvrir alors que rien n'est prêt. Les belles paroles abstraites n'ont aucune valeur en temps de crise. Il faudrait apprendre à informer et non simplement à communiquer pour soigner son image.

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cap40 09.05.2020
Zut alors...

On va devoir travailler???
heureusement les élus veillent au grain...

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A. LEA 09.05.2020

Tout va très bien Mme la Marquise !

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MartinEden 09.05.2020
De la communication

Donc tous les établissements ont reçu masques et autres à 48h de la rentrée. Il y a environ 79 000 élèves scolarisés dans l'académie. En comptant tout le personnel dans les établissements, 85 000 personnes doivent être concernées. Il faut 2 masques par jour.
Combien de masques, gels ont été réceptionnés ? Pas de réponse.
Ont-ils été répartis dans tous les établissements de Guyane à 48h de la rentrée ?
Non.
Nos élus ont pris la bonne décision de ne pas ouvrir alors que rien n'est prêt. Les belles paroles abstraites n'ont aucune valeur en temps de crise. Il faudrait apprendre à informer et non simplement à communiquer pour soigner son image.

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bozo 09.05.2020
Reprise septembre

Qui est assez fou pour envoyer ses enfants en première ligne ?
La France est l'un des seuls pays à envoyer les enfants avant les parents vers l'inconnue...
Seuls des fanatiques, iront défendre cette position.
Rien de bon ne sortira de la précipitation, pour une fois que les élus de guyane ont fait le choix de la raison.

Rdv en septembre.

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Nespresso 09.05.2020
En auront-ils ?

Les arguments sont des arguments de bon sens et la préparation semble solide.
Il ne reste plus à nos élus qu'à faire preuve de bon sens, de courage, plutôt que de lâcheté et de basse démagogie.
Il est plus facile d'entretenir des peurs fantasmatiques et d'encourager la population à paresser dans le cocon du pseudo confinement (pseudo : il suffit de parcourir nos rues...).
Nous les avons élus, nous jugerons sur pièce...

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MartinEden 10.05.2020

'' Préparation solide''. Quelle naïveté !
De la précipitation dans les régions France avec des moyens colossaux mais en Guyane, le département des oubliés nous aurions une bonne organisation ?!
Vous croyez les belles paroles, je suis comme Saint Thomas, je crois ce que je vois et non ce que j'entends.
Les transports scolaires, la cantine, écoles surpeuplés, manque de moyens criants. Ouvrez les yeux.

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