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Education

Institut de formation des enseignants: les grévistes exigent le départ de la directrice

Samuel Zralos Mercredi 10 Février 2021 - 15h18
Institut de formation des enseignants:  les grévistes exigent le départ de la directrice
La tribune de l'Assemblée générale de grève de l'Inspé, mercredi 10 février. - DR

En grève ce matin, les enseignants de l'Institut national supérieur de l'enseignement et de l'éducation ont décidé de reprendre leur mouvement après les vacances. En conflit ouvert avec leur directrice, ils entendent obtenir son départ.


A l'issue d'une assemblée générale d'une heure et demi, les enseignants grévistes de l'Institut national supérieur de l'enseignement et de l'éducation (Inspé) ont voté à l'unanimité la reconduction de leur grève de ce matin, mais pas dès demain. La nouvelle grève aura lieu sur une demi-journée, à une date tenue secrète après les vacances scolaires, pour ne pas perturber plus que nécessaire la scolarité des futurs profs, expliquent les enseignants en colère.

A l'origine de leur mouvement, une « souffrance au travail » du personnel causée par un « irrespect des équipes pédagogiques », affirme Anne-Marie Vigues, secrétaire général du Snesup-FSU de l'établissement. La directrice de l'Inspé, Sonia Francius, est nommément attaquée par les grévistes, qui voient dans sa gouvernance la cause de leur « souffrance ».

Nommée en mai 2018, la dirigeante de l'école des professeurs est accusée d'avoir pratiquement dès son arrivée écarté certains enseignants détachés par le rectorat, dont deux qu'elle aurait poussé la démission.
Bras de fer autour de la direction des mémoires

Surtout - et c'est le coeur de la contestation -, la directrice a décidé en septembre dernier que seuls les enseignants-chercheurs seraient dorénavant autorisés à diriger les mémoires de fin d'études des étudiants. Une position justifiée par l'application des textes réglementaires, notamment une note ministérielle de 2015.

Sauf que les textes en question parlent seulement d'une « responsabilité » des enseignants chercheurs, laissant des possibilités d'interprétation, argue Anne-Marie Vigues, par ailleurs responsable du Master lettres modernes de l'institut.

Et comme il y a 340 étudiants pour 11 enseignants chercheurs, il serait très difficile d'encadrer correctement tous les élèves s'ils étaient seuls à diriger des mémoires, continue l'élue syndicale. Ce que ne conteste pas Sonia Francius, qui explique que c'est pour ça qu'elle a voulu « élargir le vivier » d'enseignants chercheurs en faisant appel aussi à des universitaires extérieurs, ainsi que mettre en place des formations pour les formateurs.

La directrice de l'Inspé, qui attribue par ailleurs l'origine du conflit à des « clans » au sein de l'Institut qui chercheraient à la faire tomber depuis son arrivée parce que convoitant son poste, affirme qu'avec sa méthode seuls 15 étudiants n'ont à l'heure actuelle pas trouvé de directeur de mémoire, contre « en 2020, 114 étudiants sur 250 qui avaient eu zéro au master parce qu'ils n'avaient pas [...] de directeur de mémoire ».

Pour Anne-Marie Vigues au contraire, le dispositif mis en place par l'équipe pédagogique depuis 2016, avec des séminaires mensuels, un encadrement collégial géré par les enseignants chercheurs et des directeurs individuels pris parmi les 45 membres de l'équipe pédagogique, fonctionnait et n'avait pas besoin d'être abrogé. A contrario de sa directrice, la gréviste en veut pour preuve qu'aujourd'hui encore « certains étudiants n'ont pas de directeur de mémoire », alors qu'ils doivent soutenir en mai ou juin. Un dispositif dont Sonia Francius affirme avoir découvert l'existence seulement en décembre 2020. D'après elle, jusque là personne ne lui avait mentionné la pratique et elle même ne serait pas posé la question car elle « fai[t] confiance et ne [va] pas contrôler en direct » les équipes pédagogiques.

Soutiens de la directrice - notamment au travers d'un texte anonyme sur les réseaux sociaux - et syndicats s'affrontent sur des détails techniques d'application des textes et au travers de batailles de chiffres, notamment concernant la chute ces dernières années des résultats de l'organisme. « Elle utilise des chiffres faux » accuse ainsi la secrétaire du Snesup-FSU.
« Autoritarisme » contre « « diktat »

Mais le fond du problème semble être à chercher dans la façon de diriger de Mme Francius. D'après les grévistes, elle serait « extrêmement autoritaire » et déciderait « tout toute seule », là où les universitaires attachent énormément d'importance à la notion de collégialité, du travail collectif. Des reproches balayés par Sonia Francius, pour qui au contraire, « quand ils disent autoritarisme c'est parce que je suis insoumise à leur diktat ». A ses yeux, les reproches des grévistes sont « un tissu de diffamation et de mensonges ».

« On ne peut pas travailler contre une équipe et sans une équipe », s'emporte Anne-Marie Vigues, pour qui le dialogue est devenu aujourd'hui impossible car « la souffrance au travail est très grande ». A ses yeux, il ne reste donc qu'une solution : « Si elle veut travailler seule, il vaut mieux qu'elle rentre chez elle ».

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5 commentaires

Vos commentaires

jayjay5 13.02.2021
Ne pas se tuer au travail

Surtout ne pas se tuer au travail, les enseignants ! Entre les 4 mois de vacances, les heures de travail-télé à la maison, le confinement et les grèves, il va mieux falloir compter le nombre de jours travaillés dans l'année, ça ira plus vite que de compter les jours chômés !

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cap40 12.02.2021
Pour...

Pour avoir enseigné dans 4 iufm et/espe et donc avoir connu de nombreux directeurs, je note qu'une opposition de cette nature est rarissime... Il peut y avoir des désaccords en matière de choix de politiques de formation -c'est somme toute le jeu démocratique et/ ou idéologique- mais une telle mobilisation en réaction à un "management directorial" relève de l'exception...
Incompétence et absence de souplesse sont certainement les motifs de cette rébellion d'enseignants-formateurs qui en règle générale sont plutôt légalistes et respectueux des rouages hiérarchiques

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lestranger 11.02.2021

En réponse à g6d,je ne pense pas que l'on puisse parler d'une inconnue de la directrice SF. Son passage en tant que directrice de la DJSCS, qui s'est fini en 2016 par son éviction(dans un placard de la préfecture), a été une accumulation de décisions incohérentes, de pressions sur le personnel et de l'installation d'une garde rapprochée pour mettre en œuvre une "politique particulière". A l'image de l'UTG à l'INSPE aujourd'hui, les syndicats de l'époque n'ont pas bougé pour servir leurs intérêts sous couvert d'une directrice guyanaiSE avec la légion d'honneur, une image pour le territoire ... une icône pour d'autres ...
Le seul qui ai réussi à la faire partir du territoire est notre ministre de l'éducation nationale actuel (recteur à l'époque)! pour de la promotion en 2007 ... revenue en 2010 grâce aux politiques.
Mais réussira-t-elle à atteindre son Graal ? première guyanaise rectrice de l'académie de Guyane ? surement si le politiquement incorrect continue de la soutenir les yeux fermés.
Bravo et soutien au personnel de l'INSPE, ne lâchez rien, Blanquer, Blanquer reviens, Blanquer reviens parmi les tiens !!!!

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g6d 12.02.2021
confirmation

Cela ne change rien. Quelque soit les insuffisances ou les fautes de cette personne, il y a exclusivement un procès à charge dans les médias, ou réseaux sociaux et vous y contribuez.

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g6d 10.02.2021

toujours la même chose:large exposé du point de vue des grévistes et devoir de réserve de l'accusé qui l'empêche de s'exprimer donc jugement à charge et pression des réseaux sociaux pour faire partir une personne dont on ne sait rien. La Guyane n'est pas prête de décoller et tout encourage les personnes compétentes à partir. D'ailleurs, dans l'administration territoriale ne restent que ceux qui ne peuvent pas partir ailleurs faute de compétence

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