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Education

GuaÏana : Une revue postcoloniale guyanaise

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr Vendredi 3 Juin 2022 - 18h14
GuaÏana : Une revue postcoloniale guyanaise
La revue GuaÏana aide les enseignants à adapter leurs leçons aux réalités guyanaises comme le bulletin officiel le préconise depuis... vingt ans

Une revue sur le contenu des enseignements de Guyane renaît de ces cendres : GuaÏana. Elle veut aider les professeurs à adapter leurs enseignements avec la réalité culturelle et sociale de leurs élèves.

   Elle s'était arrêtée subitement en 2010 et elle revient de manière encore plus subite : GuaÏana. Une revue d'enseignants/chercheurs pour les professeurs et les étudiants est sortie au mois de mai.
  Au programme : une réflexion sur la nécessité de rapprocher les enseignements au plus près du milieu culturel et social de l'élève et quatre cours clefs en main.
  Derrière cette revue, on retrouve des membres de l'ancienne équipe de GuaÏana (2000-2010) comme Bruno Niederkorn et Alex Marcin, professeurs d'histoire et des membres de l'université comme les docteures Dominique Boisdron (sciences de l'éducation) et Linda Amiri (histoire).
Alex Marcin, Bruno Niederkorn et Dominique Boisdron ont relancé la revue GuaÏana. - DR

  GuaÏana se place de manière affirmée dans le champs des études postcoloniales. Un courant qui rencontre beaucoup d'oppositions dans les universités françaises.
  Ses études remettent en cause l'impérialisme occidental, la violence et l’exploitation coloniales, déconstruisent les représentations coloniales de la culture, de l’identité, et de la « race », les interactions culturelles.
Homi Bhabha, Frantz Fanon, Edward Saïd
Les auteurs font appel aux sommités de ce mouvement Homi Bhabha et son célèbre « Les lieux de la culture » ; Edward Saïd « Culture et impérialisme » ; Frantz Fanon « Les damnés de la terre », « Peau noire masques blancs »
« On est convaincu par notre expérience intellectuelle et militante des bienfaits de cette réflexion sur notre métier. Souvent je commence un cours d'EMC en questionnant mes élèves pour leur faire prendre conscience de la situation : « Pourquoi je suis blanc, professeur et j'enseigne à des élèves noirs ? Quelle est notre histoire pour que cela se produise ici en Guyane ? », confie Bruno Niederkorn, professeur d’histoire et de lettres modernes au lycée Michotte de Cayenne.
« Le premier numéro est le témoin de notre conviction », affirme Dominique Boisdron. « Maintenant, nous voulons engager un travail de partage pour faire parler et écrire d'autres collègues. Je pense que nous devons nous rapprocher des étudiants de l'université aussi. C'est une réflexion commune sur la manière d'enseigner en Guyane. J'aime rappeler les travaux du sociologue Boaventura de Sousa Santos qui insistent sur ces savoirs qui échappent au savoir scientifique conventionnel et participent de la diversité du monde », se projette l'ancienne documentaliste.
Attention, pas d'onanisme intellectuel dans cette revue mais du concret. Les professeurs d'histoire et de géographie découvrent quatre séances à utiliser directement : sur les inégalités économiques et sociales en Guyane et dans l'hexagone ; sur l'expansion du monde connu (des Européens) du XVe au XVIIe ; une organisation d'un débat sur la citoyenneté française et européenne...
Des cours placés en début d'année de quatrième, troisième ou cinquième qui peuvent aider des professeurs nouvellement arrivés afin de coller au plus près des réalités des élèves.
"Le mot colonial est tabou"
«  Il n'ya pas que le mot postcolonial qui pose problème mais le mot colonial, surtout. C'est un mot tabou en Guyane. On préfère utiliser le mot anticolonialisme qui limite la lutte à un système connu dans le temps. Les privilèges attachés à l'homme blanc continuent. Je peux, aujourd'hui oublier les papiers et traverser sans problème les barrages routiers de Régina ou d'Iracoubo », constate Bruno Nierderkorn, syndiqué au Steg-UTG.
  Une réalité que met du temps à cerner des personnes qui arrivent en Guyane ou qui refusent de poser les problèmes en utilisant ce prisme. Un obstacle qui aboutit à des gestions de classe difficiles liées plus à l’incompréhension des deux parties qu'à un manque de bienveillance.
  GuaÏana est la revue qui tente de remédier à ces écueils. On peut la retrouver dans tous les CDI et les médiathèques.
Pour en savoir plus :

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12 commentaires

Vos commentaires

jayjay5 07.06.2022
je parie

y votent pour "melenchon", celui qui veut faire entré tout les emigrés et qui est pour "islam"...

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Benkwa973 06.06.2022

Pour avoir travaillé avec deux d'entre eux, c'est la revue utgiste à fond...soyez rassurée, ils sont devenus plus créoles que les créoles...

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A. LEA 05.06.2022

Des wokistes en Guyane, mais blancs ! LOL !

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gilles SLM 05.06.2022

"Pourquoi je suis blanc, professeur et j'enseigne à des élèves noirs ?" Ben je vais te le dire : parce que les 40 % de vie chère ne s'appliquent pas sur le territoire métropolitain, tout simplement. Faut pas chercher bien loin, tu sais.

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jayjay5 08.06.2022

Commentaire supprimé par la rédaction

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Uku man 05.06.2022
merci

Merci pour cet article, ça donne envie de lire.
Où peut-on se la procurer?

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Paassy 04.06.2022
Et prof d'EMC en plus ?

"Les privilèges attachés à l'homme blanc continuent. Je peux, aujourd'hui oublier les papiers et traverser sans problème les barrages routiers de Régina ou d'Iracoubo"
Ça donne super envie de lire cette revue ce genre d'assertion tout droit sortie des réunions complotistes de l'UTG.

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jayjay5 05.06.2022
au college

quand j'etais au college, "emc" etait la matiere ou on faisait des boites en carton, decorer avec des allumettes ect

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Benkwa973 10.06.2022

Et vous n'avez pas eu la joie de vivre des réunions professionnelles avec Bruno et/ou Dominique. C'est ubuesque...l'un est bloqué à la lutte des classes version vieille école marxiste et l'autre est tellement perchée qu'on se demande si elle bosse pas au CNES...

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Laurent du maroni 04.06.2022
Trop facile

"Je peux, aujourd'hui oublier les papiers et traverser sans problème les barrages routiers de Régina ou d'Iracoubo », constate Bruno Nierderkorn, syndiqué au Steg-UTG." Benh vous avez de la chance alors... Vous pouvez aussi vous faire rejeter de certains services administratifs car vous n'êtes pas créoles, refuser l'accès au foncier agricole car vous n'êtes pas Hmong, virer d'une place de contractuel dans un lycée car le cousin "local" d'un autre "local" doit travailler, arnaquer par les piroguiers lorsque vous traverser pour aller au Suriname car vous n'êtes pas local, etc. Arrêtez de stigmatiser une population en particulier, quelle qu'elle soit, pour gagner du fric en divisant l'autre.

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Ergo sum 04.06.2022

Puis le "Pourquoi je suis blanc, professeur et j'enseigne à des élèves noirs ?"

M'a-t-on dit que les races n'existent pas... De quoi parle donc ce sieur ? Yaka leur dire qu'il a passé le concours, au lieu de s'abîmer la colonne vertébrale...

"Quelle est notre histoire pour que cela se produise ici en Guyane ?"
C'est du foutage de gueule ?

Je ne vois aucun "privilège blanc". Les privilèges ne sont pas liés à la race (oh pardon, à la couleur), mais à des rentes de situation dans le multiculti guyanais où tout un chacun a son rôle dans ce joyeux bordel racialisant. Naturellement.

Le seul "privilège" qui caractérise le "Blanc" n'est autre que leur prépondérance à la t^te des administrations étatiques, c'est tout. Mais encore, cela ne sert nullement les autres Blancs, au contraire...

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BELLOD 05.06.2022

Au contraire? Tu insinues donc qu’il y aurait même au contraire une sorte de vindicte locale particulière du fonctionnaire administratif étatique blanc, contre les autres blancs… Wouaw! Woke’n roll! Tes péripéties avec l’epfag t’ont vraiment tourneboulé à ce que je vois. Et quant à échafauder ce genre de conclusion sociologique exotique tordue, à partir d’un cas personnel… Gaffe, intellectuellement c’est tellement capilotracté que ça suinte fatalement l’entreprise de victimisation. Complotisme à deux balles, c’est l’époque qui veut ça…

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