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INSÉCURITÉ

Balata : blocage du lycée par des parents en colère pour réclamer du concret

XP.LP. Jeudi 11 Février 2021 - 13h36

Direction de l’établissement d’un côté et parents et élèves de l’autre. - XPLP

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Insatisfaits du peu d'application des engagements pris par la direction et les forces de l'ordre afin de pallier à l'insécurité qui paralyse le bon fonctionnement du lycée Balata, des parents d'élèves en colère ont ce matin décidé d'en bloquer l'accès principal au moyen de chaînes. Exigeant d'être reçus par le préfet et le recteur, élèves et parents ont participé à des réunions de concertation tandis qu'une centaine de lycéens qui avaient choisi de rester sur place plutôt que de regagner leur domicile ont fait part de leur ras-le-bol en présence de l'ancien proviseur et actuel député Gabriel Serville et de membres de Trop Violans. Au delà des agressions, c'est tout un système qui les néglige que dénoncent les lycéens.

Se lever à 4 H 00 du matin pour assurer son avenir : c'est le sacrifice que bien trop d'élèves de Guyane consentent afin d'attraper un bus qui les déposera aux abords de leur établissement vers 6H00. Dans le cas du lycée de Balata où les cours ne démarrent pas avant 7 H 30, c'est généralement près d'une heure et demie perdue à attendre devant les grilles du lycée. Des grilles qui n'ouvrent que rarement avant 7 H 15 et en cas de fortes pluies. 

Partir de chez soi la nuit, rentrer le soleil couché

 
" Je viens de trois palétuviers à une heure de pirogue de Saint-Georges, vous imaginez ? interpelle un élève. Je loge à Paramana la semaine, ce qui fait que je pars de chez moi à 5 H 00 et suis rarement de retour avant la nuit. C'est déjà assez dur comme ça, c'est pas possible de venir étudier la peur au ventre."

Des petits-déjeuners avaient été mis ponctuellement en place grâce à des financements de l'ARS et de la direction de l'Agriculture et des Forêts (DAF) afin de permettre aux élèves de ne pas démarrer la journée le ventre vide ; mais la nouvelle direction de l'établissement n'aurait pas souhaité pérenniser cette initiative. Faute d'infrastructures de restauration dans la périphérie de l'établissement, bien des élèves se contraignent à contourner le bâtiment par le gymnase pour acheter à manger à Balata. Au risque de devenir une des victimes des nombreuses agressions qui mettent en émoi l'opinion depuis le début de l'année et dont le dernier épisode sanglant a eu lieu deux jours auparavant lorsqu'un élève s'est fait poignardé à coup de tournevis au niveau de l'épaule pour une histoire de briquet. Une agression qui s'était déroulée alors même que la mobilisation des lycéens avait permis de déplacer sur place le recteur, le président de la CTG et le maire de Matoury.

Une mère dont le fils n'est pas scolarisé au lycée mais au collège voisin Lise Ophion intervient : " Mon fils n'est même pas de l'établissement et pourtant il s'est fait agressé dans le bus simplement parce que le trajet passe par là. On l'a giflé et on lui a dérobé son portable tout neuf, c'est inacceptable et ça en dit long sur le climat qui règne aux abords du lycée ! ". Massés devant les grilles, des élèves ajoutent leur signature à des pétitions et pointent du doigt les messages qu'ils y ont accroché. On y retrouve régulièrement les mots "peur" et "démission" ; ce dernier à l'adresse du chef d'établissement. 

"Un nouveau problème, c'est que désormais de plus en plus d'élèves viennent armés pour pouvoir se protéger, ça n'est pas la solution que l'on souhaite pour nos enfants. Ils sont l'avenir de la Guyane et pourtant on les néglige" conclut une des mamans désolée. 

Le maire de Matoury est cet après-midi sur place pour participer à de nouvelles réunion ; parents et élèves n'entendent pas se démobiliser tant qu'ils n'auront pas obtenu d'engagements concrets. 

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