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INTERVIEW

À quoi va ressembler la rentrée scolaire ?

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH Jeudi 20 Août 2020 - 16h30
À quoi va ressembler la rentrée scolaire ?
Les enseignants feront leur pré-rentrée le 31 août et le 1er septembre. Les élèves le 7 septembre. - (photo : S.G)

Pour France-Guyane, le recteur d'académie Alain Ayong-Le-Kama révèle le calendrier de la rentrée scolaire et le protocole sanitaire qui sera appliqué dans les établissements. Interview. 

Quel sera le calendrier de la rentrée ?
"Le calendrier de la rentrée sera le suivant : les enseignants font leur pré-rentrée le 31 août et le 1er septembre. Elle durera cette année 48h au lieu de 24h d’habitude. L’accueil des élèves se fera à partir du mercredi 2 jusqu’au vendredi 4 septembre. Comme les situations sont différentes d’un côté ou de l’autre de la Guyane, d’une commune à l’autre, d’un quartier à l’autre, j’ai choisi de laisser de l’autonomie aux décideurs locaux, aux directeurs d’écoles, inspecteurs de l’Éducation Nationale et chefs d’établissements. Ils connaissent leurs contraintes, la structure de leurs locaux et les populations qu’ils accueillent. Je leur laisse donc un temps d’ajustement entre le mercredi 2 et le vendredi 4, pour avoir une reprise la plus souple possible. La rentrée de tous les élèves se fera le lundi 7 septembre."
À une exception près : Saint-Laurent-du-Maroni ? 
"Oui, Saint-Laurent est l’une des rares communes où le nombre d’élèves représente quasiment la moitié des habitants de la ville. Selon les autorités sanitaires, il y a eu un basculement de l’épidémie vers l’Ouest. Saint-Laurent est aujourd’hui dans la situation dans laquelle Cayenne était il y a deux semaines. C’est pourquoi nous donnons un délai d’une semaine aux écoles primaires et maternelles de la ville - parce que le masque n’y est pas obligatoire pour les élèves - le temps que la dynamique épidémiologique s’affaisse un peu plus. Les collèges et lycées rentreront en même temps que le reste du territoire car les élèves doivent y porter le masque."
Donc la rentrée est prévue le 14 septembre dans le 1er degré à Saint-Laurent ?
"Il y aura une rentrée progressive à partir du 7 septembre, mais la date butoir est bien le 14 septembre."
Pourquoi ne pas appliquer cette mesure également à Maripasoula ?
"Je me réfère aux autorités sanitaires, qui me disent que la dynamique n’est pas la même à Maripasoula. La question se pose plus pour Apatou, du fait de sa proximité avec Saint-Laurent, et également Grand-Santi. Peut-être qu’à terme, nous aurons des décisions à prendre sur Grand-Santi."

"Port du masque obligatoire pour les collégiens et lycéens"
Concrètement, ce sont donc les établissements qui communiqueront aux parents d’élèves la date de rentrée de leurs enfants ?
"En effet. On va laisser des marges de progression. Car ce qui est vrai pour Saül ou Saint-Élie ne l’est pas pour Cayenne par exemple. Il faut laisser suffisamment d’autonomie pour que les acteurs locaux s’organisent. On va ajuster au cas par cas."
Le masque ne sera pas obligatoire pour les élèves de maternelle et primaire mais le sera pour les collégiens et lycéens ?
"Oui. Pas de port du masque pour les élèves du 1er degré. Il est même déconseillé pour les maternelles, selon les autorités sanitaires. Mais tous les personnels adultes : enseignants, administratif et collectivités sont masqués. Sur les collèges et lycées, tout le monde est masqué, élèves et personnels."
La distribution des masques sera prise en charge par le rectorat ?
"Oui. Ils seront offerts par le rectorat à raison de deux masques par jour de présence dans l’établissement. Les chefs d’établissements en géreront la distribution."
Entre les personnels du 1er degré et les élèves et personnels du 2nd degré, avez-vous estimez à combien de personnes vous allez distribuer des masques et le coût d’une telle opération ?
"Il y a environ 35 000 élèves dans le secondaire, plus environ 10 000 personnels en tout, soit 45 000 personnes. Nous avons des stocks de masques conséquents que nous gardons en lieu sûr. Nous ne sommes pas la seule académie à distribuer des masques. Il y a donc des commandes groupées, ce qui permet de baisser les coûts et d’être prioritaires."
Quelles sont les consignes pour le lavage des mains ?
"Dans le protocole sanitaire est stipulé la fréquence, le type de produit utilisé… À côté de cela, nos personnels sont formés à l’application des gestes barrières. Les infirmières des collèges et lycées font passer ces formations aux personnels. Le protocole est simple : dès qu’il y a changement d’activité il faut au moins se laver les mains au gel hydroalcoolique."
Comment se dérouleront les heures de cantine ?
"Pour la cantine, la chose la plus importante est la manière dont on distribue les repas. Tout cela est en préparation."
Dans le 1er degré où les masques ne seront pas obligatoires pour les élèves, est-il question de dédoubler les classes ou de réduire les effectifs ?
"Non. Hors Covid, nous avons déjà vécu le dédoublement des classes de CP et CE1 depuis deux ou trois ans. Nous limitons également le nombre d’élèves en Grande Section, et les autres niveaux, autant que faire se peut. Mais les besoins augmentent très vite, du fait de la démographie. Chaque année, nous accueillons environ 1 000 nouveaux élèves, tout degré confondus. On peut arriver à quasi-saturation à certains endroits. Je dois alors arbitrer : réduire le nombre d’élèves par classe, et donc en laisser sur le bord du chemin, ou alors chercher l’équilibre entre les établissements. D’où l’importance des gestes barrières. Au mois de mai, lorsqu’il était prévu de reprendre les cours, il était prévu de faire des demi-classes. C’est à dire une moitié des élèves en classe et une autre moitié à la maison. Socialement, c’est compliqué. Ce serait accentuer les inégalités entre les élèves, que l’on a constaté durant le confinement."
S'il y a un cas positif, que se passera-t-il ?
"Dès qu’il y a des symptômes quelconques dans un établissement,chez un élève ou un enseignant, il est pris en charge par l’infirmière scolaire. Si c’est un mineur, les parents sont appelés. Si c’est un majeur et que la situation le demande, on appelle le 15. Constat des symptômes, isolement à domicile et test. Ensuite, si la personne est positive, l’Agence Régionale de Santé (ARS) mène une étude épidémiologique pour définir les cas contacts. Selon la situation, les cas contacts sont placés en quatorzaine. Une classe ou plusieurs classes peuvent être placées en isolement, voire un établissement entier si nécessaire."
"Remise à niveau jusqu'aux vacances de Toussaint"
Sur la remise à niveau des élèves, quelles mesures ? Des évaluations seront-elles effectuées à la rentrée pour mesurer le niveau de carence de chaque élève ?
"Ce ne sera pas, bien sûr, une rentrée comme toutes les autres. Les élèves ne sont pas allés en cours depuis six mois. La première chose que les enseignants vont faire, c’est d’évaluer leurs élèves, pour avoir une idée de l’état de connaissances qu’ils ont conservé. Pour chaque élève, il devra y avoir un suivi spécifique. On se donnera les moyens qu’il faut pour que cet accompagnement soit fait. Nous prendrons la période de la rentrée jusqu’à la Toussaint pour ramener les élèves au niveau où on les attendaient."
A-t-on une estimation du nombre d’élèves qui ont décroché depuis mars, où au moins qui n’ont pas accès aux plateformes de continuité pédagogique ?
"Grosso modo, les risques de décrochage concernent environ 20% des élèves, pour des raisons d’équipement, d’éloignement… 5 ou 6 % sont vraiment sortis du radar."
Comment va se passer le retour à l’école des élèves habitant au-delà des frontières surinamaise et brésilienne ?
"Il y a des règlements internationaux. On se donne un peu de temps pour régler cette question. Nous avons des frontières fermées. On ne peut donc pas autoriser des pirogues à les franchir pour aller à l’école. Le préfet et les grands élus travaillent sur la question. On sait qu’il ne faut beaucoup attendre pour ne pas pénaliser ces élèves."
"On va continuer à ajuster avec l’évolution de l’épidémie"
Que répondez-vous aux enseignants qui se plaignent de n’avoir encore aucune directive à deux semaines de la rentrée et à ceux qui vous taxent de ne pas avoir su mettre à profit ces longs mois pour préparer la rentrée scolaire ?
"Si nous avions eu la même interview il y a un mois, les réponses n’auraient pas été les mêmes. Je comprend l’impatience des uns et des autres. Mais on ne peut pas faire n’importe quoi. Laissons un peu de temps au temps. C’est une situation inédite. Les décisions doivent être prises avec le maximum d’informations possible. Sans doute que dans deux semaines, la situation aura encore évolué. Je ne suis pas épidémiologiste. Je me base sur les informations des autorités sanitaires pour prendre des décisions. On va continuer à ajuster avec l’évolution de l’épidémie. Cela peut être dans les deux sens. Si les choses empiraient ? Je suis résolument optimiste, mais nul ne peut me dire où en sera dans trois mois."
Un dernier mot pour les élèves ?
"Je crois que vous avez besoin de retourner en cours, ne serait-ce que socialement. Pour vous épanouir, vous éduquer et vous construire. Soyez rassurés, nous mettrons tout en œuvre pour rattraper le temps perdu."

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8 commentaires

Vos commentaires

Laurent du maroni 21.08.2020
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https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2020/covid-19-et-enfants-le-role-des-etablissements-scolaires-dans-la-transmission-du-virus

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jayjay5 21.08.2020
Confiance !

Mon fils rentre en terminale cette année. J'ai confiance en le recteur, j'espère que tout va bien se passer et que le retard pris cette année sera rattrapé ! Soyons positifs, il ne faut pas toujours critiquer gratuitement.

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Miroslav 21.08.2020
Haut les coeurs !

100 % d'accord avec Jayjay 5. Mon garçon entre aussi en terminal, il est plus que temps qu'il retrouve le chemin du lycée et moi aussi... je suis enseignant;-))
Bonne rentrée à tous !

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MartinEden 21.08.2020

45 000 personnes et 2 masques par jour.
90 000 x 5 jours = 450 000 masques pour une semaine et 2 250 000 masques sur 1 mois.
'' Si c’est un mineur, les parents sont appelés '' pour faire quoi ? L'amener immédiatement chez un médecin pour faire un test, le garder à la maison et prévenir l'établissement si positif... C'est beau de rêver !
Et pour le transport scolaire, qu'en dit la CTG ?

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bozo 21.08.2020

Commentaire supprimé par la rédaction

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Smet 21.08.2020

Commentaire supprimé par la rédaction

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Delgado 21.08.2020
Problèmes de math

Merci pour cet exemple parfait d’un problème de math de CM2...sauf que c’est bien beau de poser des chiffres sur un tableau mais face à la réalité il faut bien mettre des choses en place pour enfin assurer le retour à l’école des enfants après 6 mois d’arrêt. Mais c’est vrai que c’est plus facile derrière un écran...

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Smet 21.08.2020
Problème de math ?

Ce n'est pas un problème de math, c'est une solution alternative conçue par des gens qui ont fait autre chose que de rester devant un écran face à une crise sanitaire

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Smet 21.08.2020
Et encore une couche contre les masques jetables

Les masques jetables ne protègent pas son porteur du Covid-19... Ils empêchent ce dernier de lâcher ses postillons sur les autres, mais rien de plus...

Contrairement aux masques Ocov, dont la conception suit un cahier des charges très précis, ont subi une batterie de tests et une certification prouvant une protection efficace à 99% dans les deux sens...

Une fois les 4 premiers mois écoulés, il suffit d'acheter un kit de 100 petits filtres à 19.90 euros pour repartir sur 4 mois de protection, ce qui fait alors un budget mensuel de 4.97 euros pour son utilisateur.
Après 4 mois,
Si on reprend l'exemple des 45.000 personnes à qui le rectorat va fournir des masques polluants et à l'efficacité douteuse,
en prenant l'alternative ocov, on arrive à un budget mensuel de 223.875 euros pour des masques à l'efficacité certaine,
contre 526.095 euros jetés dans la nature avec les masques "poubelles" très polluants et pas vraiment efficaces.

Ensuite après la crise sanitaire, les masques ocov peuvent être utilisés au bloc opératoire en prenant un kit 100 filtres P2 à 33 euros, ils peuvent aussi protéger de la poussière, du pollen, etc, ils ont une durée de vie de 5 ans.

Si la raison l'emporte, le choix est vite fait !

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tronoki 20.08.2020

C'est facile de critiquer et de lancer des salves de Yakafokon, mais franchement la prise de décisions avec une situation qui évolue qui s'améliore ou qui reflue, avec un avenir totalement imprévisible... sûrement pas facile, car la moindre décision impacte le quotidien de dizaines de milliers de personnes.
"Si nous avions eu la même interview il y a un mois, les réponses n’auraient pas été les mêmes."
Elles ne seront peut-être pas les mêmes dans 15 jours. Mais nos "brillants" politiques ont sûrement un avis sur la question, ouaf! ouaf!
Après bien sûr il y a la solution "transports de Cayenne" ou "Mairie de St Laurent ou "Poste" : tenter le confinement (payé) jusqu'à Vaval. Honte à eux.

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