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Tourisme : rien de neuf sous le soleil

Mercredi 14 Août 2019 - 03h15
Tourisme : rien de neuf sous le soleil
Avec les grandes vacances, les hôtels perdent une grande partie de leur clientèle, majoritairement présente en Guyane pour le business - Photo d'archives

Comme l’année dernière, les hôtels, dont le chiffre d’affaire est essentiellement lié à la clientèle d’affaires, affichent des taux de remplissage à la baisse pendant les grandes vacances. Les carbets ne sont pas épargnés non plus.

« C’est comme l’année dernière pour juillet et on craint que ce soit encore plus catastrophique pour août. » François du Boulay, président du club des hôteliers n’est plus étonné. Les hôtels de l’île de Cayenne ont affiché en moyenne des taux de remplissage d’environ 52 à 53 % en juillet et sont redescendus en dessous de 50 % depuis le début du mois contre un pic à 70 % à Saint-Laurent. Selon le comité du tourisme (CDT) la clientèle d’affaire représente un peu plus de 50 % des touristes, le tourisme affinitaire 45 % et le tourisme d’agrément 19 %. Pourtant, dans son hôtel, Jean Luc Le West, président de l’union syndicale des opérateurs touristiques de Guyane, estime recevoir en moyenne 3 % de touristes d'agrément en ce moment et alors que 90 % de sa clientèle se compose de visiteurs en Guyane pour le business sur l’année, en ce moment, ce type de clientèle ne représente environ que 10 % de ses clients.

Airbnb, un adversaire redoutable

Ces hôtels ne constituent qu’un segment de l’offre en Guyane et sont concurrencés ces dernières années par les plateformes de locations de meublés qui proposent des prix plus attractifs, tel que Airbnb. Entre 2017 et 2018, le nombre d’offres sur cette plateforme a par exemple triplé sur Cayenne et le prix moyen proposé en 2018 pour une nuit dans un meublé en Guyane est de 58 euros contre 100 euros en moyenne pour un hôtel, en ce moment. « Ils prennent une part de marché mais le gâteau ne s’est pas élargi », souligne François du Boulay.

De 80 % à 30 % de taux de remplissage

Du côté des carbets, la situation aussi est variable, alors que certains sites, comme l'auberge des orpailleurs, ont fermé leurs portes. « Déjà, je m’alarme de savoir que des produits touristiques ferment, ça envoie un très mauvais signal et c’est moins bon que l’année dernière. C’est en dent de scie, il y en a par exemple sur le Kourou qui ont eu 70 à 80 % de taux de remplissage mais d’autres qui sont plus à 30 ou 35 % en moyenne, parce qu’ils sont moins accessibles et moins bien vendus », explique Jean-Luc Le West. En revanche, beaucoup d’entre eux sont désormais complets jusqu’à la troisième semaine d’août. En parallèle, le trafic à l’arrivée de l’aéroport Félix-Éboué, est en hausse de 4,7 % en juin et juillet par rapport à l’année dernière. Du côté des départs, selon une agence de voyages, le nombre de clients s’est maintenu par rapport à 2018 avec une légère baisse sur les destinations intérieures.

Angélique GROS

« On a un comité du tourisme qui n’a pas les moyens de fonctionner normalement »

Pourquoi il y a aussi peu de touristes aux mois de juillet

et août ?

C’est en partie dû au tourisme affinitaire, qui fait que les billets d’avion sont hors de prix. Avec seulement deux compagnies aériennes, je ne vois pas comment on va pouvoir faire venir des touristes en Guyane pendant les grandes vacances… Actuellement, il n’y a que peu de tourisme endogène et il faut réussir à orienter nos produits touristiques vers ce type de clientèle. Il y a aussi une autre inquiétude, car plus de 70 % des personnes qui voyagent dans la Caraïbe ou aux États-Unis et qui habitent l’Ouest guyanais ne passent plus par l’aéroport Félix-éboué mais celui de Paramaribo…

Malgré tout, le tourisme est le deuxième secteur économique et pèse 12 % du PIB…

Ça c’est en 2019, mais en 2020 Arianespace n’a prévu que

6 tirs contre 11 en 2019 et d’autre part les projets industriels sont en panne pour l’instant. Le pétrole on n’en fera pas, l’or, le gouvernement n’est pas pour, qu’est-ce qu’il nous reste ? Certains disent le BTP mais c’est de la commande publique aujourd’hui si on fait du tourisme il y aura besoin du BTP. Il faudra construire des projets et monsieur le préfet m’a dit il y a quelques jours qu’il compte faire venir une délégation d’Atout France avec des chefs d’entreprises qui veulent investir dans le tourisme en Guyane et ça c’est un atout ! En ce moment, il y a aussi le Medef Guyane qui tisse des relations avec leurs homologues de Macapá pour développer les échanges commerciaux entre l’État de l’Amapá et la Guyane. En parallèle j’ai eu une réunion avec le représentant de la fédération touristique de l’Amapá et aujourd’hui il y a des Brésiliens qui veulent venir faire du tourisme en Guyane et nous les socioprofessionnels, en l’absence de volonté politique affichée pour développer le tourisme, on a décidé de prendre le taureau par les cornes.

Quel appui les socioprofessionnels reçoivent-ils du comité

du tourisme ?

Aujourd’hui, nous on dit qu’on a un comité du tourisme qui n’a pas les moyens de fonctionner normalement : 72 % de son budget, qui est d’environ 2 millions d’euros, est dédié à son fonctionnement. Je pense que le comité ne peut pas rester tel qu’il est constitué actuellement. […] Ils n’ont pas clairement à l’esprit qu’ils sont un dispositif de la Collectivité mais au service des socioprofessionnels et d’une économie. Aujourd’hui, leur mission unique et première, c’est, et ça doit être, la promotion de la destination Guyane car pour l’instant ils font du saupoudrage.

Propos recueillis par A. G.

Jean Luc Le West, président de l'union syndicale des opérateurs touristiques de Guyane - AG

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