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Thara Govindin : "Le travail, c'est la santé. Laissez-nous travailler !"

Xavier-Paul Le Pelletier Jeudi 27 Mai 2021 - 08h59
Thara Govindin : "Le travail, c'est la santé. Laissez-nous travailler !"
Thara Govindin, présidente du MEDEF Guyane - XPLP

 Dans un contexte sanitaire qui malmène les entreprises et l'ensemble des commerces et plus particulièrement ceux de la catégorie M dite de "non-essentiels", la porte-parole des chefs d'entreprise de Guyane monte au créneau pour défendre l'économie face au virus. Interview.


Quels messages souhaitez-vous faire passer aux autorités de l’État qui ont décidé de priver une partie des entreprises de Guyane d’activité ?
Ce que je déplore, c’est qu’à chaque fois, il faut que le monde économique demande à avoir une place, je ne trouve pas ça normal. Nous participons maintenant depuis quelques semaines aux réunions de la CIC, mais je ne comprends pas que nous ayons eu si longtemps deux entités qui prenaient des décisions contradictoires le lundi et le jeudi, surtout quand les chiffres datent du vendredi. Cette semaine, fait nouveau, le CST a été reporté au jeudi matin : je suis ravi que nous y participions avant d’aller cet après-midi à la CIC.
Le comité scientifique territorial n’étant que consultatif, il me semble que la temporalité était plutôt du jeudi au lundi, le CST réagissant aux décisions de la CIC.
Nous sommes d’accord, cela signifie-t-il qu’ils avaient tous les éléments pour prendre leurs décisions ? J’en doute. On observe un décalage quand des décisions sont prises le jeudi d’après des données datant du vendredi précédent. Pourquoi ne pas asseoir tout le monde autour de la table ? L'heure n'est plus aux commentaires politiques par médias interposés. 
Nous sommes en campagne électorale…
Je m’en fiche, je n’en fais pas partie. Moi ce qui m’intéresse, c’est l’économie. C’est la défense des entreprises et des commerces, surtout ce qualifiés de « non-essentiels ». C’est une expression dont je ne m’explique toujours pas la signification propre. Le but c’est de s’en sortir tous. Jeudi 20 mai, en CIC, j’ai proposé la mise en place d’un plan de continuité territoriale afin qu’il réunisse autour de la table, les acteurs politiques, sociaux, économiques et associatifs. Nous faisons un appel à la cohérence et à la concertation. Nous sommes conscients que ce virus ne va pas s’arrêter comme ça, pour autant les entreprises ont besoin de pouvoir prévoir, nous avons besoin de visibilité pour pouvoir établir des stratégies. Que va-t-il encore se passer une fois les commerces réouverts et que l’on réannoncera qu’ils devront à nouveau fermer, on fera quoi ?
Allons-nous continuer à avoir de nouvelles annonces de mesures de freinage, selon vous ?
Prenons conscience qu’il va falloir vivre avec et adaptons notre façon de vivre ! Je n’ai pas manqué lors de ma proposition en CIC de revenir un an auparavant à une époque où les commerces fonctionnaient, où l’on appliquait scrupuleusement les gestes barrières et où l’on n’a pas vécu de catastrophe. À l’heure actuelle, c’est au sein des établissements publics que se situent les supers clusters. Indéniablement, il y a un relâchement, tant au niveau de ces établissements que des entreprises. C’est tout à fait normal, nous sommes humains. Mais il me semble maintenant indispensable de faire une piqure de rappel à la rigueur. Les chefs d’entreprise ont joué le jeu, en allant au-delà des protocoles sanitaires. Cela n’est pas étonnant, il en va de la santé de leurs employés, de leur clientèle et tout simplement de leur santé financière.
Les mesures qui suivaient le plan initial décidé il y a deux semaines ne correspondaient donc pas, d'après votre analyse ?
Il y a une fracture du tissu économique dès lors où certaines entreprises ne comprennent pas pourquoi elles sont considérées comme non-essentielles. On ne peut continuer sur cette logique de stop & go, même le président Macron l’a souligné. N’oublions pas non plus le bien-être des salariés qui se sentent malmenés. Une entreprise qui ne repart pas, ce sont des primes qui ne sont pas versées, par exemple.
Avez-vous une visibilité, des chiffres concernant ces entreprises impactées ?
Comme partout ailleurs, certains secteurs s’en sortent mieux que d’autres, mais avec les chiffres de la CMA nous estimons qu’au moins un millier d’artisans ont fermé depuis l’arrivée du virus. Nous en aurons d’autres à publier prochainement.
Comment le MEDEF entend-t-il soutenir les activités ayant justement démarré après l’arrivée du virus et qui faute de bilans concernant les années antécédentes ne peuvent bénéficier de la plupart des aides de l’État ?
La nature même d’un chef d’entreprise est la résilience, c’est le point positif qui lui permet de faire preuve d’ingéniosité pour pouvoir trouver des leviers même en situation de crise. Le secteur du numérique en est un exemple.
Justement à propos du numérique, le click & collect ne représenterait-il pas déjà une piste de solution pour les commerces non-essentiels ?
Nous étudions très sérieusement la manière dont nous allons accompagner les entreprises qui ont ce besoin. Pour l’heure, l’essentiel était d’acter l’ouverture des commerces pour la fête des mères afin que les stocks puissent être écoulés. Je m’en réjouis. Oui mais après ? La rentabilité en click & collect ne se prête pas à l’ensemble des commerces, pour beaucoup de petits d’entre eux, la demande semble insuffisante en comparaison des charges sociales. Cependant, nous entendons demander des aides supplémentaires, notamment concernant les chèques numériques. Là encore 500€ c’est bien, mais pas suffisant. Le but c’est aussi que ces aides soient dépensées auprès d’entreprises du numérique localement. C’est en ce sens que nous avons créé la plate-forme YANE -pour Yana annuaire numérique des entreprises- sur le site de laquelle on peut retrouver le référencement de 150 entreprises actives dans le domaine ; et pas seulement leurs adresses. Il s’agit aussi d’un réseau d’accompagnement de leur développement où l’on retrouve offres d’emploi, appels à projets, des CV de candidats ou encore des offres de formations. Outre les chèques numériques, il y a d’autres outils que nous devons tester avant de pouvoir communiquer dessus. Nous demeurons dans notre rôle de facilitateur en soutenant les initiatives privées.
En conclusion, que souhaitez-vous pour l’avenir des entreprises que vous défendez ?
Qu’on arrête systématiquement à chaque mise en place de mesures de freinage de pénaliser les entreprises. Il faut que les deux comités du CST et de la CIC valident le fait qu’il faut que l’on s’asseye tous autours de la table, tant au niveau économique, social et autre. L’ennemi commun est bien le virus, mais c’est ensemble que nous devons trouver des solutions. Jusque-là ces solutions s’axaient autour de la santé, c’est mon rôle de rappeler l’importance de l’économie. Comme je l’ai dit dans la lettre ouverte que nous avons adressé au Premier ministre, « le travail c’est la santé ». Si vous souhaitez notre santé : laissez-nous travailler. Il y a la santé oui, mais il y aussi l’économie. L’un ne va pas sans l’autre, ça coule de source.

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