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épidémie de covid-19

Rodolphe Alexandre : « Certaines zones de Guyane auraient pu rester en vert »

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH Vendredi 29 Mai 2020 - 17h08
Rodolphe Alexandre : « Certaines zones de Guyane auraient pu rester en vert »

Rodolphe Alexandre, président de la Collectivité territoriale de Guyane réagit pour France-Guyane à la situation épidémiologique du territoire.

Comment accueillez-vous le passage de la Guyane en zone orange ?
Nous le déplorons tous. Sans stigmatiser qui que ce soit, nous savons que le foyer principal reste la frontière avec le Brésil et qu’il faut l’enrayer. Mais nous regrettons que toute la Guyane soit classée orange. On aurait pu garder les territoires de la CACL, des Savanes et l’Ouest en vert. Il y a un petit foyer sur Kourou qui a été ciblé. Une campagne de tests y a été menée. Nous observons que tous les clusters familiaux, que l’on avait sur Apatou ou Grand-Santi, ont été enrayés. Nous sommes dans une situation alarmante mais pas catastrophique.
Quelles sont vos préconisations pour freiner véritablement la propagation du virus ?
Il faut augmenter le nombre de tests. Pour cela, nous allons travailler avec le laboratoire du CNRS (ndlr, Centre national de la recherche scientifique). L’idée est de compléter et d’amplifier l’offre des laboratoires déjà en place. Je n’accepte pas que nos tests soient acheminés vers Paris pour être analysés.
Craignez-vous un passage en zone rouge ?
Cela m'embêterait car on a les moyens de l’éviter. 80% des cas viennent des frontières poreuses et du non-respect des mesures barrières. Aller à la Comté pour faire la fête ou dans un sound system au Village chinois, ça suffit ! On met en danger les autres.
Qu’en est-il de la relance économique ?
Tous nos chantiers sont déjà en ligne, même les plus faramineux. On a ouvert les PLIE (ndlr, Plans locaux pluriannuels pour l'insertion et l'emploi) concernant les collèges et lycées de Saint-Laurent et Maripasoula. Sur le Maroni, les plus gros appels d’offres vont sortir, en particulier le transport fluvial. Le chantier le plus important sera la route de Papaïchton à Maripasoula. L’appel d’offres est déjà lancé.
Autre élément important : aujourd’hui, plus personne ne parle des retards de paiements de la Collectivité. Dans les 15 jours, on arrivera à rembourser toutes les sommes dues aux entreprises. Enfin, il y a les prochains contrats État-Région. Nous sommes en discussion avec Paris sur les questions de rattrapage financier. Sur l’octroi de mer ou la taxe sur le carburant, nous n’avons pas trop perdu. Par contre, on observe des fléchissements sur les taxes d’habitations et DMTO (ndlr, Droits de mutation à titre onéreux). Avec la crise, on vend moins de terrain, il y a moins de mutations, on achète moins de voitures, on consomme moins de tabac et d’alcool… Ce ne sont pas de grosses pertes. N’oublions pas que ce qui a permis à la CTG de conforter son budget, c’est la recentralisation du RSA et du RSO. Nous avons pu augmenter notre capacité d’autofinancement et cela nous a permis de faire un premier emprunt à l’AFD (ndlr, Agence française de développement) et bientôt un deuxième avec la banque des territoires. Ce sont des prêts sur 23 ans à des taux quasiment à zéro.

L'État prévoit de donner 4,5 milliards aux collectivités territoriales. Quel montant reviendrait à la CTG selon vos calculs ?
Le Directeur général des services Grégoire Michau : L’État n’a pas encore annoncé de répartition. La CTG est dans une situation particulière puisque nous sommes à la fois un département et une région. Cela fera l’objet de négociations avec l’État. Elles viendront s’ajouter aux négociations que nous menons pour avoir des recettes à la hauteur de nos besoins et de la réalité du territoire.
Catherine Léo, 5e vice-présidente à l'action sanitaire et médico-sociale à la CTG : « Ce n'est pas en braillant qu'on y arrivera »


Comment accueillez-vous le passage de la Guyane en zone orange ?
La situation de la France n’est pas celle de la Guyane. La consigne de déconfinement donnée pour la France n’est donc pas valable chez nous. La France a passé son pic épidémique. La Guyane non. Nous devons adopter une pratique de déconfinement progressif.
Pendant longtemps, on s’est cru intouchables. Nos frontières ont toujours été actives, et même en mettant le maximum de gendarmes, elles resteront poreuses. En Guyane, nous avons une population jeune mais il ne faut pas oublier qu’il y a des pathologies que le virus « aime » beaucoup tels que le diabète, les maladies cardio-vasculaires, l’hypertension, l’insuffisance rénale, le surpoids… Le niveau de précarité dans lequel vit une partie de la population, le « jemenfoutisme » de certains… Tout cela fait que la situation est alarmante.
Nous avons un système de santé déficitaire, ce n’est pas d’aujourd’hui. Je ne me fais pas l’avocat du préfet ou de l’ARS mais il faut que la population se dise que si chacun respecte les gestes barrières, la moitié du combat est gagnée. Ce n’est pas en braillant qu’on y arrivera. On doit être serein et prendre les choses au sérieux. L’ARS et le préfet n’ont pas de baguettes magiques. Ils ne pourront pas faire ce que d’autres n’ont pas réussi à faire dans d'autres pays plus développés. Et puis, n’oublions pas la coprésence de l’épidémie de dengue qui n’est pas faite pour arranger les choses.
Craignez-vous un passage en zone rouge ?
Je suis une hospitalière avant d’être une élue, donc oui je crains le passage en zone rouge. Aujourd’hui, l’ARS fait appel à la réserve sanitaire alors que nous ne sommes qu’au début de la crise. Il faut que la population aide les soignants qui n’auront pas les moyens de prendre en charge une grande partie de la population en cas de passage en zone rouge.

 Propos recueillis par P.R
 

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3 commentaires

Vos commentaires

MartinEden 30.05.2020

Guyane en zone orange justifie la non réouverture des établissements par la CTG. En zone verte, la CTG aurait été sous le feu des critiques du rectorat.
Nous attendons toujours les masques en grande surface et à 2,15e comme annoncé. L'ars parle de la semaine prochaine.
Depuis fin avril, on nous parle de '' semaine prochaine'' mais on ne voit rien. Hormis des masques à 3,50e ou bien 7,9e. Un business !
Toujours pas de masques non plus en assez grand nombre dans les lycées et collèges pour accueillir les élèves. En aurons nous pour septembre ? 900 élèves, le personnel, 2 masques par jour et par personnes ce sont 2 000 masques par jour pour 1 établissement. 10 000 par semaine. 40 000 par mois.
Le CHOG qui avait rangé tout l' attirail pour le covid. L'ouest prend le covid pour une blague et risque de le payer aussi cher que St George.

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Garimpo 30.05.2020

Ben Roro aussi à oublié que nous avons un gros gros problème d’orpaillage illégal ! Orpailleurs qui sont évidement autant contaminés que dans l’Amapa!
Pourquoi cette amnésie collective? Le covid fait perdre goût et odorat, le discernement aussi peut être ? Sans compter les multiples petits trafiquants Pk6 vers pt saut, La Mana, Tarzan vers Cacao...etc...
Ainsi que le Maroni....

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Etoile Piti 30.05.2020
Population et responsabilitéS, au coeur de la solution

Quelque soit l'origine, la culture, les modes de vies, nous sommes tous concernés et responsables. Si aujourd'hui, il semble critiquable qu'un renforcement stricte dés le départ aux points clés de chaque côté de l'Oyapock, dés les 1er cas en Amapa, il ne faut pas oublier que la population avait le choix entre respecter le confinement et préserver chacun.Il serait mal venu de critiquer juste les élus, Préfet et directrice de l'Ars, qui ont préservé d'avantage la population que toutes les personnes qui se foutent des gestes barrières, du confinement, de la distanciation. Certes, la Guyane ne peut être gérée comme en métropole, et les conditions de vie ne sont pas simples pour de nombreux habitants. Mais attendre une solution miracle sortie du chapeau d'un élu ou haut fonctionnaire,là, faut arrêter de mettre les responsabilités sur les autres. Pour le moment,l'unique option, c'est que chacun se sente responsable de la vie des autres, applique les gestes barrières. Stop d'être en groupe comme avant devant le chinois, stop d'aller et venir, faire la fête comme si rien ne se passait. Je ne peux m'empêcher de penser à ce chauffeur de bus américain, qui n'a pas arrêté de travailler pour permettre le maintien des transports en commun, qui par un témoignage vidéo, appelait ses concitoyens à arrêter de monter dans le bus sans respecter distanciation, port du masque,gel sur les mains.... qui est mort 10 jours plus tard du Covid.C'est juste dégueulasse. Lui aussi avait une famille.

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