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Pétrole : la colère des pêcheurs

T.F. Jeudi 23 janvier 2014
Pétrole : la colère des pêcheurs
Le comité des pêches a manifesté hier matin devant la préfecture, en marge d'une commission des mines (Henri Griffit)

Le comité régional des pêches a manifesté devant la préfecture hier matin afin de protester contre la demande d'attribution d'un permis exclusif de recherches à Total et Shell au large des côtes de Guyane.

Un camion de la Cogumer (Compagnie guyanaise de transformation des produits de la mer) est garé en travers de la route qui conduit à la préfecture. Il est près de 9 heures, hier matin. Rassemblés sur le trottoir qui fait face aux grilles, une vingtaine de pêcheurs. Ils ont été avertis « par des indiscrétions » que la commission des mines allait examiner de nouvelles demandes de permis de prospection pétrolière au large des côtes de Guyane, dont une en particulier les a fait bondir. Elle émane des sociétés Total et Shell et porte sur la zone côtière dévolue aux pêches guyanaises. Une aberration pour l'ensemble des professionnels du secteur.
Pendant plus de trois heures, les membres de la commission des mines ont débattu en préfecture. Dans le même temps, à l'extérieur, le président du comité régional des pêches fulmine. « Au-delà de la zone occupée par Guyane Maritime, c'est notre espace vital, là où toute la pêche à la crevette et au vivaneau se fait, explique Jocelyn Madeleine. Personne ne nous a prévenus de la tenue de cette réunion, à aucun moment nous n'avons été consultés. Et à l'intérieur, il n'y a aucun représentant de la pêche. » Pourtant, à la table des discussions se trouve Carol Ostorero, conseillère régionale chargée notamment du secteur de la pêche. Toutefois, elle n'est présente qu'en sa qualité d'entrepreneuse et de membre de la Fédération des orpailleurs miniers (FedomG). Une double casquette des plus contradictoires dans le cas présent.
De fait, au sortir de la commission, même si elle s'efforce de tenir un discours qui se veut rassurant, Carol Ostorero affronte l'ire des pêcheurs. Lorsqu'elle affirme que la commission « cherche de quelle manière apporter des garanties aux pêcheurs » , Jocelyn Médaille hausse le ton et lance : « Tout ça c'est du blabla. Nous, tout ce qu'on a à dire, c'est qu'on n'est pas d'accord. Dès lors qu'un permis sera accordé en deçà de celui de Guyane Maritime, on sera impacté. D'ailleurs, on l'est déjà. »
Représentant du Conseil général, Fabien Canavy insiste sur le fait que les personnes présentes « étaient quasiment toutes d'accord pour dire que la zone sud présente une sensibilité particulière » . Selon l'élu MDES, les avis émis lors de la commission ont été défavorables ou réservés. Pour l'heure, aucune décision n'a été prise. Le préfet doit transmettre au gouvernement les réflexions formulées lors de la commissions des mines. En attendant, les pêcheurs entendent rester vigilants. « Car si le permis est donné en l'état, c'est la mort annoncée de la pêche » , persiste Jocelyn Médaille.


 
Lettre ouverte du CRPMEM Guyane au président de la République

Matoury, le 22 janvier 2014
Objet : Avis défavorable du CRPMEM Guyane sur les nouvelles demandes de permis exclusif de recherches.

Monsieur le Président,
Nous apprenons avec stupéfaction que la commission des mines va se prononcer ce jour-même sur de nouvelles demandes de permis de prospection en mer guyanaise.
L’une d’entre elles, Total/Shelf, recouvrirait la totalité de la zone côtière sur laquelle s’exerce l’ensemble des pêches guyanaises.
C’est la commission des mines qui traite essentiellement de la filière. Or, elle n’a aucune représentation ni compétence en matière maritime, et le comité régional des pêches maritimes de Guyane, seul représentatif, n’y a pas accès.
Nous estimons d’autant plus inadmissible ce procédé.
Nous souscrivons donc en totalité à l’avis défavorable donné par la direction de la Mer, et trouvons particulièrement spécieux l’argument que « les réserves émises ne portant que sur les travaux, l’attribution du titre n’est pas mise en cause ».
En effet, le titre crée pour son détenteur l’obligation de le valoriser, c’est-à-dire de mener les travaux. Une fois attribué, c’est sur les modalités et non plus sur le principe que peuvent porter les discussions.
Or c’est le principe même d’utilisation de cette zone que nous contestons.
Nous ne pouvons accepter de voir toute l’étendue maritime valorisée par la pêche, troisième secteur d’activité économique de la Guyane qui contribue à l’indépendance alimentaire de la population, livrée ainsi à des intérêts pétroliers, sans la moindre concertation, alors même que les techniques utilisées sont de nature à perturber gravement la ressource halieutique et l’activité des navires, mettant ainsi en péril l’avenir du secteur.
Nous vous confirmons notre totale opposition à l’attribution de titres de prospection dans cette zone, ainsi que notre intention de nous y opposer par tous les moyens, en relation avec les organisations environnementales et l’ensemble de la population.

En vous remerciant pour l’attention particulière que vous porterez à notre requête,
Nous vous prions de croire, monsieur le président, en l’assurance de notre haute considération.

Le président,
Jocelyn Médaille
 

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2 commentaires

Vos commentaires

And co 27.01.2014
manman dilo...

Les pêcheurs se sont fait couilloner...Ils apprennent à leurs dépends que tout ce qui brille n'est pas or. Ostoréro, peut être, mais pas Or. Et qu'ils ne fassent mines (d'or), de l'avoir ignoé...Ils ont cédé aux chants des sirènes ou des manmans dilo, c'est au choix. Pov boug!

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sagt 26.01.2014
pétrole

ouvrez grandement vos yeux et vos oréilles pour faire des trous ils sont capables de tout et a paris ils regardent les profits et dites moi ou sont les verts au gouvernement?N'ecrivez pas a la ministre de la justice,je vous donne la réponse "ne concerne pas mon ministere" Courage fuyons! a vous lire les amis

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