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Nouvelles mesures de confinement : les restaurateurs de l’Ouest en colère

Véronique NORCA Dimanche 28 Juin 2020 - 10h19
Nouvelles mesures de confinement : les restaurateurs de l’Ouest en colère

Il y a quelques jours, lors du passage d’Annick Girardin, les représentants d’un groupement de 13 restaurateurs devaient être reçus à la sous-préfecture, pour évoquer les difficultés de la profession et les particularités de l’Ouest guyanais. Cette rencontre a été avortée à la dernière minute, faute de temps.

 Alors que le passage de la ministre des outre-mer a condamné les restaurants à rester fermés dès vendredi, les restaurateurs de l’Ouest ont tenu une réunion d’urgence, modérée par Jessica Charlery et Adam Coulibaly, gérants de l’acoustique lounge à Saint-Laurent. En contact régulier avec Pascal Velinore, chargé de mission pour l’IOG (initiative ouest Guyane), ils font le compte-rendu des dernières rencontres.

Le but de la réunion était de faire le point sur les difficultés de chacun et de s’apporter du soutien. La solidarité, c’est ce qui leur permet de tenir. En effet, les dépôts de bilan se multiplient et aucun professionnel n’est épargné, car le tissu économique de la Guyane est fragile. Le 30 juin déjà, le Sunset à Cayenne, qui avait fait faillite avant la crise, verra son matériel vendu aux enchères. Les restaurateurs présents évoquent une tentative de suicide de l’une de leur consœur. La situation est angoissante, certains avouent ne plus en dormir la nuit. Ils ont donc décidé de se rassembler, afin que leurs voix portent plus haut.
 
Pour rappel, les entreprises guyanaises bénéficient de trois types d’aides dont la ministre a parlé lors de son allocution :
• Le financement du chômage partiel, qui représente 100% des bas salaires et 70% pour ceux dépassant le SMIC
• Une aide mensuelle de 1 500€ pour couvrir les charges à demander à fin de mois,
• Un prêt à taux zéro de la CTG
 
En analysant de plus près, il apparaît plusieurs éléments : d’abord, on constate que les employeurs, qui sont en première ligne, n’ont aucune garantie de revenus ou d’aide à titre personnel. Ils se rémunèrent habituellement sur les bénéfices. Mais comment assurer le minimum vital, lorsque Mme Val, Secrétaire général de la chambre des métiers, annonce des pertes s’élevant à 300 000 000 d’euros, rien que pour les artisans ?

Ensuite, selon les restaurateurs, l’aide mensuelle couvrirait à peine les charges d’électricité et d’eau éventuellement. Parce que celles-ci, contrairement à ce qui avait été promis par l’Etat, continuent d’être prélevées tous les mois. Il faut également compter les loyers, les charges sociales, les investissements fait avant le confinement et durant celui-ci, pour s’adapter aux préconisations sanitaires (distributeurs de gel, reconfiguration des espaces). Plusieurs professionnels se sont tournés vers la vente à emporter et la livraison, pour préserver leur clientèle et un semblant de revenus. Mais ce sont aussi des frais d’essence, de matériel d’emballage ou le crédit d’un nouveau véhicule, qui viennent gonfler la facture. Au final ; ils réalisent à peine un quart de leur chiffre d’affaire habituel. 
 
Jessica Charlery : "Toutes les banques ne jouent pas le jeu. La mienne applique des frais supplémentaires à chaque fois que je demande l’annulation d’un prélèvement par exemple. Il est important de faire remonter ces informations, ainsi que nos chiffres pour que les décideurs comprennent notre réalité."
 
 Enfin, un prêt doit être remboursé, en l’occurrence dans 24 mois. Les restaurateurs souhaitent que la CTG le transforme en subventions. Ils la tiennent d’ailleurs pour responsable en partie de la situation. Ils estiment ne pas avoir été suffisamment défendus face aux instances métropolitaines, mais aussi pas suffisamment pris en compte à l’échelle locale, dans la gestion de la crise. Aujourd’hui, ils sont épuisés et se sentent acculés. 
 
Geoffrey Machenaud, gérant du restaurant le Baptyou : "On nous pousse presque à la violence, parce qu’on a aucune réponse concrète. Je continue à recevoir les factures, comment je fais pour les payer ? J’en appelle directement à Rodolphe Alexandre."
 
 
Andréa Cavalier, gérante du restaurant la goélette : "Chaque emploi qu’on perd, c’est une famille entière qui sera sans revenus."
 
 
A l’issue de deux heures de discussion, Adam Coulibaly fait le bilan des demandes des restaurateurs, qui seront mises en forme dans une lettre ouverte aux différentes échelles de décision : mairie, agglomération, collectivité. L’enjeu : 7 à 10 emplois menacés d’un licenciement ou d’un non renouvellement en fin de contrat et trois entreprises au bord de la faillite.


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Vos commentaires

Georges de Cayenne 28.06.2020
Coup de gueule

je reproduis in extenso un coup de gueule mis il y a quelques jour sur ma page fesse-bouc et qui a recueilli une cinquantaine de "j'aime" : "Je ne vois pas quelle sera l'efficacité d'avancer l'heure du couvre-feu de 19 heures à 17 heures en semaine et à 15 heures le samedi tant que l'on accepte que les gens viennent s'entasser à 10 ou 15 sur les quelques mètres carrés du petit magasin en face de chez moi pour faire leurs jeux, boire leur boissons et manger. Quelques uns sont masqués, d'autres ont le masque sous le menton car c'est quand même plus facile pour boire ou manger et d'autres n'ont pas de masque du tout. Tout ce petit monde parle et rigole à moins d'un mètre l'un de l'autre. Et dans le même temps, on emmerde les restaurateurs et les bistroquets en leur ordonnant de fermer alors que chez eux, pour peu qu'ils aient la conscience professionnelle de repositionner leurs chaises et leurs tables, les risques de transmission du coronavirus sont sûrement moindres que dans les épiceries de quartier. A croire que les technocrates qui pondent ce genre d'ineptie vivent dans leurs tours d'argent et ne se promènent jamais dans les rues de Cayenne ! Est-ce que cette décision repose la constatation que des foyers épidémiques (des "clustaires", qu'ils disent pour faire savant), sont apparus dans des restaurants et des bistrots ? Si j'étais à leur place des restaurateurs et des bistroquets, je déposerais plainte au Tribunal Administratif."

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