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économie

« Nous ne pouvons plus verser les aides »

Samedi 23 mars 2019
« Nous ne pouvons plus verser les aides »
Roberto Osseux est le président de la Chambre des métiers et de l'artisanat. - Gabrielle Trottmann

Depuis le 15 mars, le Fonds d’assurance formation des chefs d’entreprise artisanale (FAFCEA) n’est plus en mesure d’honorer aucune demande de financement. Le président de la chambre des métiers et de l’artisanat Roberto Osseux tire la sonnette d’alarme.

Vous dites que les aides à la formation professionnelle pour les chefs d’entreprises exerçant une activité artisanale, ne vont plus pouvoir être financées. Pourquoi ?

L’enveloppe consacrée à la formation des artisans a été divisée par cinq entre 2017 et 2018 : elle est passée de 170 000 euros à 33 500 euros. Ce manque à gagner est dû au transfert de la collecte des cotisations des Finances publiques à l’Urssaf. 170 000 entreprises ont été « égarées » dans cette opération, au niveau national : nous ne savons pas encore comment, ni pourquoi. Cela entraîne un manque à collecter pour l’Urssaf et moins d’argent reversé au Fonds d’assurance formation des chefs d’entreprise artisanale (FAFCEA), qui ne peut plus honorer aucune demande de financement depuis le 15 mars. Nous avons donc les mains liées et nous ne pouvons plus verser les aides qui représentent environ 80 % du coût de la formation pour les artisans. Pourtant, on a une vraie demande : en Guyane, seuls 38 % des artisans sont titulaires d’un diplôme. Les artisans ont besoin de se former pour répondre à des appels d’offres de plus en plus exigeants, sous peine de se retrouver systématiquement au bout de la chaîne, dans des missions de sous-sous-traitance.

Qu’en est-il de l’apprentissage pour les jeunes ?

Jusqu’à l’année dernière, c’était la Collectivité territoriale qui finançait l’apprentissage par le biais d’une dotation annuelle. Ce sont désormais les opérateurs de compétence (opco), qui vont s’en charger dans toute la France, dans le cadre de la loi «  Choisir son avenir professionnel  ». Or le modèle de financement n’est pas du tout le même : les opco financent la formation au cas par cas, en fonction des contrats décrochés par les jeunes en alternance. Mais en Guyane, le tissu économique est encore trop fragile. Nombreux sont ceux qui souhaitent décrocher une alternance, mais qui n’en trouvent pas. Et comment allons nous faire en cas de rupture de contrat ? Notre Centre de formation des apprentis (CFA) va devoir faire d’importants efforts d’adaptation. Pourtant, il accueille près de la moitié des apprentis formés dans le département.

La situation est d’autant plus critique que la chambre des métiers et des artisans a toujours une dette importante à assumer…

La chambre a une dette de 1 330 000 euros, qu’elle doit principalement à la caisse générale de Sécurité sociale. Cette situation est due à une mauvaise gestion de la chambre , antérieure à 2002. Depuis 16 ans, nous sommes à jour de nos cotisations sociales ! Nous avons demandé un abandon de la dette, mais nous ne l’avons jamais obtenue, alors que ce point figure dans les annexes de l’Accord de Guyane. Nous sommes en train de négocier un moratoire et nous attendons le feu vert au niveau national.

Que réclamez-vous, aujourd’hui ?

Faute d’obtenir un abandon de la dette, nous avons opté pour une nouvelle stratégie : la chambre est fortement pénalisée par la décision de l’État de plafonner nos ressources fiscales. Nous réclamons un déplafonnement exceptionnel de ces ressources pour la Guyane pendant huit ans. Cela nous permettrait de régler notre dette et de garder la tête hors de l’eau. Nous avons également demandé une dotation de 100 000 euros à la Directions régionales des entreprises (Dieccte) afin de pouvoir continuer à financer la formation des artisans. Aujourd’hui, la chambre des métiers et de l’artisanat, c’est quinze personnes pour 7 000 artisans ! Le CFA est un service assuré par des professionnels de la formation. Qui pourra assurer cette mission mieux que nous ?

Roberto Osseux est le président de la Chambre des métiers et de l'artisanat. - Gabrielle Trottmann

L'artisanat en chiffres

6654 entreprises artisanales étaient officiellement déclarées à la fin de l'année dernière en Guyane ( ce qui représente hausse de 4,7% par rapport en 2017)

Le secteur du bâtiment est majoritaire : il compte pour 50,8 % de ces entreprises.

La CMA a accompagné 568 personnes pour la création de leur entreprise l'année dernière.

Seuls 38 % d'entre elles étaient titulaires d'un diplôme

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