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ÉCONOMIE

Les pros de l’évènementiel vent debout avec la création d'un syndicat

Jade Letard-Methon Samedi 10 Juillet 2021 - 12h51
Les pros de l’évènementiel vent debout avec la création d'un syndicat
Les professionnels de l'événementiel sont prêts à se battre pour le maintien et la sauvegarde de leur activité - JLM

 Le tissu économique guyanais ne cesse de pâtir de la crise du Covid-19, quel que soit le secteur d’activités. Le monde de l’évènementiel local a décidé de se mettre en branle pour ne plus subir, les bras ballants, les restrictions gouvernementales en créant un syndicat. Tous ont à cœur de réinsuffler du mouvement pour lutter contre le marasme économique et social en Guyane. Ils se sont réunis ce jeudi à Rémire afin de structurer leur action.

 « Les grandes douleurs sont muettes, les petites colères sont une source incomparable de solidarité. » C’est dans cet état d’esprit qu’une douzaine de professionnels locaux du domaine de l’événementiel se sont réunis pour créer le Syndicat des métiers et professionnels de l’événementiel en Guyane (SMEG). Une première sur le territoire guyanais.

Au Break Club de Rémire-Montjoly, les membres du nouveau syndicat ont fait front commun pour présenter ce nouvel organisme à la presse locale. Tous assis derrière une longue table en cette chaude matinée du mois de juillet, ils se sont posés en « force prête à faire face aux autorités qui prennent des décisions pendant cette période de crise », selon les mots de Jean-Noël Reis, représentant du SMEG. Une fois n’est pas coutume, la crise du Covid-19 a poussé des individus aux intérêts similaires mais aux directions distinctes à s’entraider pour espérer trouver un avenir meilleur.

Face au « désarroi » et aux « incohérences de gestion de crise en Guyane » qu’ils dénoncent, toutes et tous espèrent pouvoir défendre les intérêts de leur profession et aider leurs confrères à piloter leurs entreprises en ces temps difficiles. Le nouveau syndicat est donc composé de douze membres fondateurs qui sont répartis en trois pôles : les gestionnaires de sites, les organisateurs d’évènements et les prestataires liés au domaine de l’évènementiel.

Par ailleurs, il peut sembler curieux qu’une telle démarche n’ait pas été menée à l’instar des syndicats de commerçants ou de restaurateurs. À ce sujet, il n’y a pas de mystère pour les membres du SMEG qui évoquent un domaine d’activité « complexe » qui réunit autant de professionnels que de non-professionnels. De plus, l’activité jadis florissante et le rythme de travail conséquent n’ont pas aidé à faire de la création d’un syndicat une priorité. « Sans vraiment de dégâts et de difficultés prenantes, on a tendance à rester dans sa barque. Mais avec la crise, la situation devenait invivable donc il fallait que l’on se réunisse », développe encore Jean-Noël Reis.
Des fêtes illégales qui crispent
Plus d’un an et demi. C’est le laps de temps depuis lequel les pros de l’évènement n’ont pas pu faire tourner leur activité. « On est fatigués de dire qu’on est oublié. On vit ce constat tous les jours », explique par exemple Carolle Methon, gestionnaire d’une structure de loisirs dans la commune de Rémire-Montjoly. Comme cette entrepreneure, tous évoquent des charges incompressibles à payer mais aussi du personnel dont il a souvent fallu se séparer.

Et une réalité revient à plusieurs reprises : celle des manifestations festives illégales. Si les membres du SMEG promettent ne pas vouloir opérer de chasse aux sorcières, ils semblent obligés de mettre en lumière ces faits afin de mieux exposer leur propre situation.

Philippe Alcide Dit Clauzel, organisateur de spectacles et gestionnaire de site se dit « frustré » d’avoir connaissance de ces évènements qui se tiendraient « tous les week-ends ». « C’est publiquement connu puisque les lieux sont répertoriés et on voit des soirées à 300, 600 personnes dans l’illégalité, sans licence de spectacle, sans aucune autorisation ou peut-être avec des autorisations que je ne connais pas », renchérit-il. Et plus que les événements en eux-mêmes, c’est l’impunité et le sentiment d’être lésés qui dérangent. « Quand on ne fait rien, on tue le métier de l’événementiel déclaré pour créer un métier de l’évènementiel parallèle où personne n’est protégé et où aucune règle n’est respectée. »

Mais alors, faut-il voir dans la création de ce syndicat une confrontation avec les « évènements parallèles » ? « Pas du tout parce qu’à mon humble avis, on ne se rend pas compte que l’on peut se professionnaliser, que l’on peut se déclarer et faire quelque chose », tempère de son côté Jean-Noël Reis. Le SMEG dit vouloir cultiver un esprit rassembleur car « à notre époque, il y a dix ou vingt ans de cela, il n’y avait pas de structure ou d’organisme pour nous accompagner. J’aimerais bien, par rapport à mon passé, pouvoir aider ceux qui viennent car c’est la relève et si on peut les aider, on les aidera », assure le représentant du syndicat. Certains ont d’ailleurs évoqué des cas plus synonymes « d’anniversaires à la maison » ou de manifestations associatives à but non-lucratif que de garden parties géantes qui rassemblent des milliers d’individus.

L’organisation d’évènements à envisager en Guyane
Avec la création du SMEG, tous les membres actuels veulent maintenant devenir des experts de ce secteur d’activités et basculer dans une agentivité qui permette de créer à nouveau des événements festifs locaux. Dans un avenir très proche, le SMEG a annoncé le lancement d’un audit pour être en capacité d’avancer des chiffres car les membres ne sont pas « convaincus » par ceux qui ont déjà pu être cités par les différentes instances décisionnaires. Le syndicat veut également demander audience auprès du Préfet de la Guyane et du nouveau président de la Collectivité Territoriale de Guyane.

Ils veulent discuter avec les instances dirigeantes des possibilités qui s’offrent en Guyane comme les évènements en plein air, qu’il serait tout à fait possible d’envisager à l’image de ce qui se fait en France hexagonale, en Martinique ou partout ailleurs dans le monde. Un des membres du syndicat, Loïc Lei-Sam, se dit d’ailleurs fort de son expérience pendant cette crise où il a organisé un « midi-minuit » appelé « Rasta Chic », le 14 novembre 2020. Les membres du SMEG s’accordent à dire que les protocoles sanitaires mis en place pendant l’évènement peuvent servir de base solide pour l’organisation d’autres manifestations.

D’autres actions seraient également prévues mais tous les membres veulent unanimement une structure solidifiée avant d’aller plus loin. Selon leurs dires, des évènements « mémorables » sont à prévoir dans les prochaines semaines pour mieux se faire connaître.

À la fin de cet exposé, l’un des membres du syndicat, Richard Saintil, s’est fait un plaisir de proposer un moment de partage gustatif à toutes les personnes présentes. Selon ses dires, cela lui « manquait beaucoup ». "Mon travail, c’est de faire plaisir au palais, à la demande du client et pouvoir préparer, servir et avoir cette relation avec lui. »

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