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KOUROU

Les étudiants en panne de bus

Ramon NGWETE Vendredi 26 septembre 2014
Madeleine Aboikoni est en première année de licence de Droit, gestion et sciences politiques. Faute de pouvoir se rendre à l'université à Cayenne, elle récupère les cours de ses camarades qui vivent sur place (RN)

Les étudiants de la ville se retrouvent sans transport pour se rendre à l'université à Cayenne.

Depuis la rentrée, les étudiants de Kourou n'ont pas de moyens de transport pour se rendre à l'université à Cayenne. L'an dernier, ils avaient obtenu exceptionnellement le droit d'utiliser les bus des lycéens. Cette nouvelle situation leur pose beaucoup de problèmes. « On nous rabâche depuis des années que les étudiants de Guyane choisissent toujours de partir en métropole pour poursuivre leurs études plutôt que de le faire sur place, mais pourquoi ne nous donne-t-on pas les moyens de pouvoir les faire ici dans de bonnes conditions ? » s'interroge Prisca Galimot, étudiante en master Sciences humaines et sociales.
Carina Easton, étudiante en troisième année de licence d'Administration économique et sociale, ne va pas en cours « Je n'ai pas de moyen de transport. De temps en temps, j'y vais en covoiturage. Mais cela coûte cher à long terme. » Madeleine Aboikoni, en première année de Droit, gestion et sciences politiques, fait autrement : « Je rattrape les cours via d'autres amis étudiants logeant sur Cayenne. » Elle a une voiture, mais n'a pas les moyens de faire le plein pour aller chaque fois en cours.
Déjà l'an dernier, même en ayant les bus scolaires à leur disposition, les étudiants étaient obligés de caler leurs trajets sur ceux des lycéens, dont les cours se terminent à 18 heures. Ceux des étudiants finissent plus tard, avec souvent des travaux importants en fin de soirée. Lors des vacances de Pâques, la mairie avait dû affréter des bus, les cours à l'université ne s'arrêtant pas. Cette difficulté de transport soulève d'autres problèmes, comme la faiblesse des avantages accordés aux étudiants en Guyane, le manque de logements dédiés à Cayenne et leur coût. Et ceux disponibles sont accordés en priorité aux étudiants de l'Ouest.
« Les bus scolaires ou le Tig »
Le conseil général, qui a en charge le transport public, a discuté du problème des étudiants de Kourou et de Sinnamary en début de semaine. Selon François Ringuet, conseiller général et maire de la commune, « deux pistes sont étudiées : les bus de transport scolaire comme l'an dernier et le Tig (taxicos). Il y aurait assez de places dans les bus scolaires, mais cela pose des problèmes aux étudiants (lire ci-contre). Pour moi, la solution, c'est le Tig. Il faudrait créer une carte pour les étudiants, mais cela a aussi un coût. Ça revient à 25 euros par jour. Le conseil général pourrait-il compenser la perte pour les chauffeurs ? Il faut que chaque étudiant fasse un courrier au conseil général en expliquant ses problèmes. »
ILS ONT DIT
Adeline Ajaiso, deuxième année de licence Sciences de l'éducation, travail et formation : « Je me lève à 4 heures »
(RN)
Tous les matins, je me lève à 4 heures pour aller en cours. Quand le bus nous ramène à Kourou, il est déjà 19 h 30. Le temps que j'arrive à la maison, il y a les devoirs et plein de choses à faire. Le lendemain, c'est pareil. À l'université, les cours commencent à 8 heures. On est obligés de prendre les bus des lycéens pour pouvoir se rendre à Cayenne. Le bus nous dépose à Melkior. On se débrouille alors pour arriver en cours le plus vite possible.
Junior Dera, deuxième année de licence de Droit « 400 euros par mois »
(RN)
Parfois, je trouve une amie. Mais c'est très rare. Le plus souvent, je paye quelqu'un et c'est dix euros. Vous imaginez ? En cinq jours, ça fait 100 euros, en un mois 400 euros seulement pour le transport. Je suis à l'université, je ne travaille pas, je n'ai pas les moyens. Mardi, je devais aller en cours, mais la personne qui devait m'emmener m'a oublié. Il était déjà 6 heures. Il fallait appeler quelqu'un d'autre mais, quand on ne paye pas, c'est très dur.

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