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GUYANE

Le plan de relance en Guyane expliqué aux socio-professionnels

Samir MATHIEU Jeudi 22 Octobre 2020 - 16h26
Le plan de relance en Guyane expliqué aux socio-professionnels
Le BTP, l'industrie minière, la CCI, des élus locaux... parmi les personnes qui ont assisté à cette réunion sur le plan de relance en présence du préfet et du président de la CTG. - Samir MATHIEU

La préfecture a organisé la semaine dernière une grande réunion de présentation et d'échanges autour du plan de relance à destination des socio-professionnels. L'occasion aussi et surtout de rappeler l'action de l'Etat, pendant cette période de crise du Covid, et de présenter quelques uns des grands enjeux du plan de relance. 

Le plan de relance à l'ordre du jour en Guyane. Plus d'1,5 milliards d'euros sera consacré aux outremers. C'est ce qui a été promis par le gouvernement dans le cadre du plan de relance, suite à la crise du Covid. La Guyane va bénéficier elle aussi des retombées économiques de ce plan de relance, notamment en ce qui concerne certains grands projets. Une réunion a donc été organisée la semaine dernière à Cayenne par la préfecture, pour présenter le plan de relance aux acteurs socioprofessionnels de la Guyane. Le préfet Marc Del Grande était présent, tout comme le président de la CTG Rodolphe Alexandre, de nombreux responsables de la préfecture également, et puis un certains nombre de représentants de différentes activités socioprofessionnelles, dont la présidente de la CCI, Carine Sinaï-Bossou et quelques élus.
"Trouver une méthode de travail"
C'est le préfet Marc Del Grande, qui a introduit cette réunion expliquant qu'il fallait "trouver une méthode". Car les financements sont là, mais il va falloir les saisir. C'est tout l'enjeu des mois à venir avec le plan de relance. "Ce sont les projets les mieux ficelés qui s'en sortiront le mieux" a t'il rappelé alors qu'il a été interrogé par un élu de l'ouest sur le financement de certains projets. Rodolphe Alexandre, le président de la CTG est intervenu à son tour pour rappeler l'action menée par la CTG depuis le début de la crise et évoquer les enjeux à venir. Pour Rodolphe Alexandre, la Guyane "s'est bien positionnée : nous sommes à un doigt de la Réunion et on est passé devant la Martinique et la Guadeloupe". Le président de la Collectivité a ensuite expliqué que la Guyane "se battra pour les financements liés à l'agriculture". "Si on touche à un centime des sommes prévues, il y aura des problèmes" a t'il prévenu. Rodolphe Alexandre a également rappelé la nécessité de soutenir la pêche en Guyane "il faut un plan de réhabilitation du Mir" a t'il expliqué soulignant que la Guyane avait "les poissones dont les prix sont les plus bas au monde".  Enfin, le président a rajouté qu'il fallait intégrer le tourisme dans le plan de relance : "rien que pour Saint-Laurent, il y a quatre projets hôteliers dont un Sofitel". Et de rappeler les chiffres en terme de fréquentation touristique, notamment pour Saint-Laurent.


Le préfet Marc Del Grande a présidé la réunion et répondu aux questions des participants. - Samir Mathieu


Le préfet a répondu au président soulignant que justement la CTG avait "initié un travail avec un cabinet pour organiser les filières". Pour le préfet, "la deuxième agriculture des outremers ne peut pas être bloquée à 3% du Posei." "Mais il faut s'organiser" a averti Marc Del Grande; Concernant la pêche, le préfet a affirmé que "c'était une énigme" dans le sens où "il y a 20 ans, il y avait une centaine de chalutiers en Guyane alors qu'aujourd'hui, il y en a à peine 4". Le préfet s'est positionné aussi sur la question de la pêche au grand large plaidant pour que la Guyane puisse enfin y avoir droit. "Il faudra aider les pêcheurs à investir et renouveler leur flotte" a rajouté Marc Del Grande, pour qui il faut qu'en Guyane "on augmente nos capacités de pêche".

Le sous-préfet Rémy Bochard a présenté les grands axes du plan de relance pour la Guyane. - Samir MATHIEU

Les axes forts du plan de relance en Guyane

La suite de la réunion a été conduite par le sous-préfet Rémy Bochard. Le Directeur Général de la Coordination et l’Animation Territoriale supervise justement les travaux liés au plan de relance au niveau de la préfecture. Il a expliqué dans le détail les enjeux du plan de relance et des financements à trouver pour les acteurs intéressés. Il a rappelé toutes les aides qui ont déjà été mises sur pied, et celles à venir. Une carte de la Guyane pour les grands investissements a été réalisée. Elle les détaille pour chaque EPCI (Communautés de communes et d'agglomération). Ainsi, 70 millions d'euros seront dédiés pour le Grand Est, 1,664 milliards pour l'agglomération du centre littoral, 396 millions pour Kourou et les Savanes, 1,162 milliards pour le Grand Ouest. C'est la prospective des grands financements sur la période 2020-2025. Le plan de relance s'intéressera aussi aux jeunes à travers de nombreuses actions spécifiques visant à accélerer l'embauche des jeunes avec une subvention de 4 000 euros pour toute embauche d'un jeune de moins de 26 ans. Il y a aura également une subvention de 5 000 ou 8 000 euros pour l'embauche d'un apprenti, ce qui couvre intégralement son coût. Et il y aura une aide à la création d'entreprise pour les jeunes ultra-marins avec le PIJ (Projet initiative jeune). Les dispositifs actuels d'insertion seront eux renforcés.

Enfin, le plan de relance prévoit des aides pour les entreprises. ça passera par une baisse d'impôt, la rénovation énergétique des bâtiments privés et publics de l'Etat, et puis aussi par les projets d'infrastructures routières comme la route Maripasoula-Papaïchton d'un coût de 32 millions d'euros et la rénovation du réseau national routier à hauteur de 200 millions d'euros. Pour les grands chantiers, il s'agit dans la majeure partie des cas, d'ajouter des financements et d'éventuellement accéler leur construction, et non de projets nouveaux.

Par ailleurs, 5 millions d'euros de dotation de soutien à l'investissement local a été attribué cet été aux collectivités locales et dès janvier, 5 millions d'euros supplémentaires seront à nouveau attribués en Guyane.
Les questionnements des socio-professionnels
Les représentants des différentes professions sont intervenus à la fin de la réunion pour poser des questions. Cela a permis d'échanger directement avec le préfet. La première à s'exprimer a été Carol Ostorero, pour évoquer l'industrie minière. Elle a demandé au préfet où ça en était pour une quarantaine de demandes d'autorisations "qui ont été bloquées et sont en attente pour plus de la moitié, depuis 18 mois, alors que les délais d'instructions règlementaires sont de 3 à 4 mois". Carol Ostorero d'affirmer que l'industrie minière 'attend une réponse pour que l'activité puisse redémarrer". Le préfet Marc Del Grande a reconnu que le plan de relance national "ignore l'orpaillage", parce que c'est spécifique à la Guyane. Il a répondu sur la question des permis en cours d'instruction affirmant que 7 à 8 sont en train d'être débloqués. Mais il a aussi expliqué qu'il y avait eu "un problème juridique suite à la jurisprudence sur la Crique Nelson".Et Marc Del Grande d'être plus nuancé sur les "projets de plus grande ampleur qui sont en train d'être cadencés". Pour Marc Del Grande, "il y a en Guyane la place pour une exploitation minière à taille humaine qui réponde aux standards environnementaux les plus élevés". "On est sur une ligne de crête pas facile à emprunter" a t'il conclut sur ce sujet.

Le second membre du public a intervenir a été Mickle Papayo. C'est le premier adjoint à la mairie de Saint-Laurent du Maroni, qui était présent en l'absence de la maire Sophie Charles. Il a posé des questions sur le foncier et sur le financement des projets, s'interrogeant notamment sur le financement des voiries Amapa 1 et 2, de la piscine olympique ou encore du palais omnisport de Saint-Laurent. Le préfet a répondu qu'il fallait "prioriser les choses : nous n'avons pas de problème d'enveloppe mais de bonne dépense des enveloppes mises à disposition" a t'il expliqué rappelant au passage qu'en Guyane "il y a des projets qui ont été financés il y a déjà quelques années et qui n'ont pas été engagé";

La présidente de la CCI, Carine Sinaï-Bossou a ensuite pris la parole pour "savoir si il y aura des aides dans le plan de relance pour les activités de nuit, pénalisées par le couvre-feu de minuit à 5 heures concernant notamment les bals et discothèques"... Le préfet a tout d'abord répondu : "je ne ferai pas d'exception : les dancings ne rouvriront pas". Et il a invité la présidente de la CCI à se revoir à la mi-novembre pour évoquer la question du Carnaval. Rémy Bochard a ajouté par ailleurs que le tourisme allait être soutenu rappelant que "le fonds de solidarité a déjà versé plusieurs dizaines de milliers d'eurors pour les discothèques". Et d'annoncer la tenue prochainement d'un nouveau comité stratégique du tourisme.

Enfin, Paul Dolianki, le maire d'Apatou a pris la parole. Lui aussi pour parler d'un sujet qui concerne sa commune et non pas sur la globalité du plan de relance. Paul Dolianki a demandé au préfet que la "rénovation de la route d'Apatou soit intégrée dans le plan de relance". Le préfet Marc Del Grande a répondu directement introduisant ses propos "l'idée c'est qu'on se dise la vérité. ça ne va pas forcément vous plaire mais je vais le dire quand même". Et Marc Del Grande d'opposer une fin de non-recevoir au maire d'Apatou lui rappelant qu'Apatou avait déjà une route qui relie la commune à Saint-Laurent "ce qui n'est pas le cas des autres communes du fleuve". Marc Del Grande a ajouté "votre route n'est pas parfaite, mais elle existe" et de rappeler à Paul Dolianki "c'est plus urgent de faire Maripasoula-Papaïchton car elle n'existe pas". Et de conclure sa réponse "merci d'avoir signalé le sujet mais on est dans une situation où notre priorité est de créer des routes et de mettre à niveau la RN1 et RN2."

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Vos commentaires

jesaispas 23.10.2020

ET UNE FILIÈRE BIOMASSE LIQUIDE ÇA VOUS DIT !!!

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