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ÉCONOMIE

Le financement participatif, ça ne s’improvise pas

Amandine ASCENSIO Mercredi 15 janvier 2020
Le financement participatif, ça ne s’improvise pas

Les cagnottes en ligne de financement participatif pour des projets entrepreneuriaux fleurissent sur toutes les plateformes, qu’elles soient locales ou sur une échelle bien plus large. Force est de constater un fort taux d’échec, sur la base des témoignages des porteurs de projets. Pourtant certains réussissent : quelles sont les clés du succès ? On fait le point sur une tendance qui demande quand même un peu de technicité.

Pas une semaine où, à la rédaction, nous ne recevons pas un projet qui demande à être financé par une cagnotte en ligne. Quelques salariés du journal, inquiets pour l’avenir de leurs emplois, se sont aussi lancé dans l’aventure pour réunir des fonds, en vue de sauver le titre. Sauf qu’entre le cadeau d’anniversaire où l’on cotise sur Leetchi et le financement d’entreprise, la différence est marquée. Car le financement participatif d’un projet entrepreneurial est une véritable campagne, quel qu’il soit. Et se fait forcément en ligne, via une plateforme numérique.

Quels projets faire financer par crowdfunding ?

On peut tout déposer sur une plateforme : de votre voyage autour du monde à l’achat de votre maison, jusqu’à votre projet d’entreprise. Reste simplement à convaincre des gens lambda de vous suivre dans votre idée pour les convaincre de la financer.

Pourquoi cette méthode a du succès ?

Si le phénomène prend de l’ampleur en Guadeloupe, il existe depuis une grosse dizaine d’années ailleurs dans le monde. La raison de ce succès ? Une absence croissante de financement par les banques traditionnelles, toujours plus frileuse à prêter de l’argent, en amorçage des projets entrepreneuriaux balbutiants. De fait, le monde économique a dû trouver un palliatif pour arriver devant le conseiller bancaire avec un capital propre.

Où déposer son projet ?

Les plateformes de financement participatif sont nombreuses. Les plus connues, et les plus anciennes, sont Ulule ou Kickstarter. Mais d’autres ont émergé depuis : Wiseed ou Anaxago, très en pointe sur le financement en capital. En local, nous avons aussi nos propres plateformes. Dalendo, tenue par la société Alpha Croissance, a deux ans et demi d’ancienneté. « Nous soutenons tous les projets qui sont créateurs d’emploi et avons un focus particulier sur les projets entrepreneuriaux sociaux et féminins », explique Michel Cypria, qui gère cette partie de la société. Feedelios aussi est une plateforme qui fonctionne pour les projets ultramarins, et qui fonctionne notamment sur les projets d’investissement en capital (lire encadré). « Notre plateforme est une émanation d’Anaxago, mais ciblée sur l’Outre-mer », souligne Daniel Lantin, fondateur de Feedelios. Une nouvelle plateforme vient à peine d’être lancée : Gold Crowdfunding Plus qui permet d’investir en Bitcoin (cryptomonnaie).

Quelle fiabilité pour la plateforme choisie ?

Les plateformes de financement participatif disposent d’un agrément, en général, de l’autorité des marchés financiers. Elles sont aussi dotées de systèmes de paiement sécurisés et doivent, pour celles qui se spécialisent dans le financement en crowdlending ou equity, faire remplir un questionnaire aux potentiels investisseurs pour s’assurer qu’ils ont bien conscience de tous les risques financiers.

Comment ça fonctionne ?

Si certaines plateformes accueillent tous les projets, notamment celles qui sont spécialisées dans le don, les autres sont plus regardantes. « Les investisseurs qui viennent chez nous risquent de l’argent. Aussi, nous faisons une analyse financière fine du projet », rappelle-t-on chez Dalendo. Autrement dit, il faut avoir un business plan fin pour que le projet soit sélectionné, d’autant que les plateformes se rémunèrent avec une commission sur l’argent récolté.

Quelles techniques pour réussir sa campagne ?

Faire une campagne de crowdfunding suggère une vraie démarche. D’abord fédérer une communauté autour de son projet : des adeptes enclins à donner de l’argent pour aider au développement du projet. « Car il faut savoir qu’il y a trois cercles de donateurs », explique Daniel Lantin. D’abord ceux qui donneront par amour ou amitié, en général c’est la famille, les amis. Ensuite suivront les amis d’amis. Enfin, et c’est lui qui doit être visé, le grand public. Envers qui il faut donc communiquer. « J’ai utilisé massivement les réseaux sociaux, explique Laurence, qui a financé une partie de sa pâtisserie végétale grâce au crowdfunding. J’ai réalisé des vidéos, une belle page de présentation sur la plateforme. Et puis aussi, beaucoup de dégustations pour toucher un maximum de gens possible. » Les campagnes prennent beaucoup de temps : c’est de la communication à temps complet, et cela passe aussi par de la médiatisation. Et puis il y a les contreparties. Si le prêt ou le financement en capital assure un revenu par retour sur investissement, le don en revanche est gratuit. « Sur nos plateformes, on constate une générosité aux Antilles qui dépasse celle des autre territoires, affirme-t-on chez Dalendo. Car ici, on donne pour que le projet réussisse. » Reste que tout généreux que l’on soit et à moins d’être riche à millions, on ne peut pas donner ad vitam aeternam.

De fait, une contrepartie est toujours la bienvenue, souvent sous la forme d’un avantage lorsque le projet est concrétisé (bon d’achat, invitation à un événement, etc.)


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