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Le Département donne du temps

Pierre-Yves CARLIER Mercredi 17 juillet 2013
Le Département donne du temps
Hier midi, Marius Florella et Neilla Ferreira annonçaient aux habitants du vieux port qu'ils ne seraient pas expulsés tant qu'ils n'auraient pas un nouveau logement (PYC)

Hier matin, Alain Tien-Liong a rencontré les habitants du vieux port menacés d'expulsion et les responsables de Bloublou fini-Droit au logement. « En trois semaines, vous avez réussi à vous mobiliser. Bravo! » Hier midi, Marius Florella ne boudait pas sa joie. Le président de Bloublou fini-Droit au logement (Dal) confirmait aux habitants du vieux port, à Cayenne, qu'ils ne seraient pas expulsés tant qu'ils n'auraient pas été relogés.

Depuis mi-juin, la centaine d'habitants de ses cases était menacée d'expulsion (lire notre précédente édition). Le conseil général, propriétaire de la parcelle, avait fait constater l'état de péril imminent des logements en fin d'année dernière. Il avait donné jusqu'au 15 juillet aux habitants pour partir. Mais il ne mettra pas sa menace à exécution.
Selon son président Alain Tien-Liong, qui a reçu les habitants et Bloublou fini hier matin, il n'en a même jamais été question : « Il fallait que je mette en place cette procédure. C'est ce que nous avons fait en demandant à la mairie de prendre cet arrêté de péril imminent. Je devais donner une date (de départ) aux habitants, mais elle ne présageait pas une mise à la porte. C'est une date administrative. Il n'y aura pas de mise à la rue ni de démolition tant qu'il n'y aura pas de solutions de relogement pour les habitants. »
Les riverains ont accueilli la nouvelle avec soulagement. Leur présidente Neilla Ferreira et Marius Florella leur ont toutefois précisé les règles à suivre : empêcher l'arrivée d'habitants supplémentaires qui voudraient bénéficier d'un relogement par le conseil général. « Dès que l'un d'entre vous partira, le logement sera bouché ou démoli. Pour votre relogement, le conseil général prendra en compte votre situation : nombre d'enfants, voiture, handicap... »
- « On gagnait 1 franc par kilo de crevettes triées »
Les premières familles se sont installées au milieu des années 1970, autour de l'ancien espace Inini, sur cette parcelle qui appartient au conseil général, à Cayenne. Embauchées aux pièces pour trier les crevettes, elles souhaitaient se rapprocher de leur lieu de travail qu'était le vieux port. « C'est Pierre Désert qui nous a proposé de venir ici. C'était au milieu des années 1970. Ça fait trente-huit ans que je vis là » , témoigne Maria Venina Barreto.
Avec sa soeur, elle a été une des premières habitantes. « On travaillait pour Georges Roger. Il pêchait au filet depuis la rive. Il ramenait des crevettes pour tout le monde. Il sortait ses crevettes, des fois à 4 heures du matin, des fois à 6 heures... à n'importe quelle heure, ça dépendait de la marée. Dès qu'il les amenait, on triait les crevettes. C'était payé un franc le kilo de crevettes triées. On était payés à la production. On faisait parfois sept à dix kilos, ça dépendait : les crevettes, ça pique les doigts et il y en a qui tombaient de la table.
On était une dizaine à travailler, cinq Guyaniens, six Brésiliens. Ça a duré huit ou neuf ans. Ensuite, Georges Roger est tombé malade et la mangrove est arrivée. Il y avait moins de crevettes. »
- Un site stratégique
Alain Tien-Liong l'assure : la procédure entamée pour faire partir les habitants du Vieux Port et détruire leurs logements n'est liée à aucun projet en particulier. Mais force est de constater que l'emplacement est stratégique. La vingtaine de cases et de maisons se trouve entre le marché au poisson de Cayenne, l'usine Abchée, la caserne Loubère et la mer. Le président du conseil général reconnaît que des entreprises lui ont fait « des demandes d'activités dans le secteur de la pêche » et souhaite donc s'installer sur sa parcelle. La mairie, pour sa part, a trouvé un accord avec le ministère de la Défense pour récupérer la caserne Loubère, à moyen terme. Elle souhaite réaliser une voie qui fasse le tour de Cépérou. Ce quartier est promis à un avenir touristique également. La réhabilitation des anciennes douanes a été réalisée en ce sens.

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1 commentaire

Vos commentaires

leyvolinos 17.07.2013
Le Département donne du temps

Le Département donne du temps ?

Comment peut-on dire que le Conseil Général donne du temps à des citoyens menacés d'expulsion alors que sur le plan juridique on ne voit pas d'arrêté abrogeant l'arrêté qui disait que ces maisons étaient dangereuses pour leurs occupants ? L'état de péril imminent a t-il disparu ?

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