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Macouria

Le chantier de toutes les déceptions

Angélique GROS Jeudi 28 février 2019
Le chantier de toutes les déceptions
Trois ans après le début du projet, le chantier est à l'arrêt - Michel Le Tallec

Des sous-traitants et fournisseurs non payés, 30 salariés sans emploi et un maître d’ouvrage qui attend toujours, plus de trois ans après le début du projet, ses 70 logements. C’est le bilan du chantier de la Caisse mutuelle complémentaire d’activités sociales d’EDF, à l’arrêt depuis décembre, à Macouria.

La situation du chantier de la Caisse mutuelle complémentaire d’activités sociales (CMCAS) d’EDF, à Macouria, est loin d’être réglée. Alors que plusieurs sous-traitants et fournisseurs expliquent ne pas avoir été payés dans le cadre de ce chantier, Léon Lucide, PDG de Bâtir, continue à mettre en cause le maître d’ouvrage, SCI Soleil. « Les études n’ont pas pu être payées par le maître d’ouvrage et ont commencé quand j’ai pris en charge le chantier (...) Les déblais remblais ne sont pas à ma charge mais en fin de compte j’ai du payer toutes les entreprises qui les ont effectués alors que le maître d’ouvrage ne m’a pas encore payé ces travaux là ».

Aucune livraison

Pourtant de son côté l’entreprise SCI Soleil explique avoir déjà versé à l’entreprise Bâtir, la coquette somme de 4 millions d’euros, soit près de la moitié du coût total du chantier fini. Et c’est là que le bât blesse, puisqu’aucune des 70 maisons n’a été livrée trois ans après le début des travaux.

L’une des clauses du contrat passé entre la SCI Soleil et l’entreprise Bâtir, et résilié par le maître d’ouvrage le 25 janvier, stipulait notamment que les travaux devaient être effectués via un chantier d’insertion. Embauchés dans le chantier en mai, les 30 jeunes ont été abandonnés depuis. Et si l’objectif était de former des techniciens capables de gérer toute une opération on l’imagine difficilement au regard de l’avancée du chantier.

Des jeunes non formés

« On a d’abord formé les encadrants puis initié les jeunes au métier du bâtiment pendant un mois début 2018. On devait les revoir quand ils arrivaient à la phase voirie, c’était prévu pour août, mais le chantier n’est pas arrivé jusque-là », indique Hervé André, directeur de Formationdom.

Si l’expérience s’arrête la pour ces jeunes, la rupture est aussi consommée entre SCI Soleil et Bâtir. Le maître d’ouvrage a commandé un rapport auprès d’un expert il y a deux mois et compte bien régler cette affaire devant les tribunaux.

Lancé en mai, le chantier de 70 logements de la CMCAS EDF, à Macouria est à l’arrêt depuis décembre à cause d'un litige entre la SCI Soleil et l'entreprise Bâtir. -
Trois ans après le début du projet, le chantier est à l'arrêt -
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Franck Donat, gérant de l'entreprise de gros œuvre maçonnerie DFBTP

« J’étais un collaborateur avant même que le chantier commence et malgré ça l’entreprise Bâtir refuse de me payer depuis le 20 décembre. J’ai établi cinq décomptes ; quatre m’ont été payés mais ils me doivent encore le dernier qui s’élève à 35 000 euros. Pour le dernier, monsieur Jean-Joseph m’a demandé d’aller voir la maîtrise d’œuvre, Archittude, pour valider la facture. Mais eux-mêmes ne peuvent pas la valider car ils n’ont pas été payés depuis le début du chantier. Pourtant pour les quatre autres décomptes, je n’ai pas eu besoin de la signature d’Archittude pour être payé... Et je ne suis pas le seul dans ce cas là : le plombier non plus et d’autres fournisseurs n’ont pas été payés. »

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Rodrigues Dos Santos, gérant de l’entreprise de terrassement DSRD

« Le bureau d’études qui a fait le quantitatif s’est trompé dans les quantités initiales. J’avais signalé qu’il semblait avoir beaucoup plus de terre à déblayer et à remblayer que l’analyse qui en avait été faite. Pour pouvoir conclure l’affaire, on a ajouté une clause qui dit qu’en cas de dépassement des quantités prévues dans le devis, un géomètre expert ferait un constat contradictoire. Le prix devait donc être réactualisé en fonction du cubage définit par ce géomètre expert. Le coût des travaux était estimé à 155 000 euros. J’en ai finalement eu pour 277 000 euros de travaux supplémentaires, qui ne m’ont pas été payés. J’ai du mettre ma maison en gage. On m’a viré du chantier en novembre. J’ai encore eu M. Lucide au téléphone aujourd’hui (hier, ndlr). Il dit qu’il m’a payé mais quand je lui demande les justificatifs, il ne peut pas me les fournir. »

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Desmond Goupe, ex-salarié de Bâtir

« À partir de septembre tout a commencé à partir de travers. Il manquait des équipements de protections individuels, certains sur le chantier n’avaient pas de casque. Un jour, en octobre ou novembre, je n’avais pas pu avoir de gants et je me suis entaillé la main. J’ai dû aller à l’hôpital pour faire des points de suture. Ça a compté comme si je n’étais pas venu ce jour-là. […] J’ai reçu 630 euros pour le mois de décembre alors que le salaire normalement c’est 1300 euros et on nous a fait miroiter en janvier qu’on reprendrai le travail. Je n’ai pas touché de salaire depuis deux mois. »

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3 commentaires

Vos commentaires

jess 28.02.2019

association d'incapables ou tout le monde voulait en profiter

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Gigi973 28.02.2019
CHAPEAU L ARTISTE !!!

4M€ !!! Ah l arnaque !!! Tu m’étonnes qui s est barré. Faut payer à l avancement et rien de plus.

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joko973 28.02.2019

L'insertion est devenue un bizness comme un autre. Les margoulins sont aux aguets. Et c'est ce genre de personnes qui veulent gérer la Guyane ? quelle tristesse....

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