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La vie chère Outre-mer au programme du CESE

FXG Mercredi 14 Octobre 2020 - 11h36
La vie chère Outre-mer au programme du CESE
Le président de la délégation Outre-mer du CESE, Jean-Etienne Antoinette, a rappelé en ouvrant la discussion que les prix de l’alimentation étaient 50 % plus chers en 2015 aux Antilles par rapport à l’Hexagone ou encore que le prix d’un sac de ciment était multiplié par 5 entre Cayenne et Maripasoula.

La séance plénière du Conseil économique, social et environnemental était consacrée mercredi 14 octobre à la présentation de l'étude « Pouvoir d’achat et cohésion sociale dans les Outre-mer : fractures et opportunités ».

 La vie chère est une réalité dans tous les territoires d’Outre-mer et les raisons en sont parfaitement identifiées : étroitesse des marchés, déficit de compétitivité, monopoles, sur-marges, surcoûts, frais d’acheminement, octroi de mer…

Les mouvements sociaux, les révoltes contre la vie chère sont l'expression d'un malaise social lié à la pauvreté et aux conditions de vie dégradées plus fortes dans nos territoires que dans l’Hexagone. L’une des recommandations du CESE dans le cadre de cet avis est d’ailleurs d’augmenter les allocations familiales en Outre- mer afin de maintenir le pouvoir d’achat des familles monoparentales et des familles nombreuses, particulièrement touchées par la pauvreté.

Compte tenu de l'ampleur et de l'intensité de la pauvreté, l'action des pouvoirs publics devrait se concentrer sur une baisse des prix des produits de première nécessité, notamment alimentaires, mais aussi des prix des services publics (eau, traitement des déchets, énergie) qui restent élevés en Outre-mer.

De même le ministre de l'Économie devrait imposer aux opérateurs un alignement des tarifs de téléphonie sur ceux de l'Hexagone pour assurer une vraie continuité territoriale. Le CESE propose même que « les prix des denrées alimentaires, de l’eau, des télécommunications et du fret soient contrôlés par le préfet et puissent faire l’objet d’un arrêté de fixation des prix, afin d’éviter toute flambée par rapport à ceux de l’Hexagone ».

Les prix d'une dizaine de types de produits de première nécessité pourraient être bloqués pendant au moins une année ! Renouvelable en cas de crise. Les pouvoirs publics devraient encore soutenir les formes de distribution coopératives, capables de structurer la distribution locale en circuits courts.


Vers une réforme de l’octroi de mer

Le CESE propose encore que le contrôle des situations concurrentielles, compétence de l’Autorité de la Concurrence, s’appréhende au niveau local des zones de chalandise et non au niveau d'un seuil de chiffre d'affaires comme c'est le cas actuellement. De même il propose un allègement des normes pour favoriser les importations de produits de consommation courante depuis les pays de la zone régionale. Le CESE pointe encore le manque de transparence et d’analyse sur les coûts d'approche, de transport, de stockage et de passage portuaire.

Le CESE appelle les distributeurs locaux à intégrer davantage la production locale, notamment de fruits et légumes, dans leurs offres. Les distributeurs pourraient s’y engager chaque année lors de la signature des accords Bouclier qualité-prix. Dans cet esprit, un panier de produits alimentaires et de première nécessité n'entrant pas en concurrence avec la production locale, dont l'eau, pourrait être exonéré d’octroi de mer.

Parmi les revendications des gilets jaunes, la suppression de l’octroi de mer qui serait cause de vie chère. Le CESE recommande une étude spécifique sur l'impact global de de cette taxe dans la formation des prix avant d’envisager une évolution vers une taxe sur la valeur ajoutée locale. Car l’enjeu à moyen terme ne serait autre qu’une évolution de la fiscalité locale vers une taxe à l'assiette élargie couvrant les biens et services. La présentation de l’avis du CESE s’est poursuivie par une table ronde où les spécialistes du dossier, tel Francis Amand, délégué interministériel à la Concurrence, sont venu témoigner de leur long et patient travail. Il y a encore loin de la coupe aux lèvres.
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