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« La Sara a perdu 12,5 millions d’euros au mois de mars »

Entretien Hervé Brival Jeudi 23 Avril 2020 - 15h07
« La Sara a perdu 12,5 millions d’euros au mois de mars »
Philippe Guy, devant le dépôt de carburants de Dégrad-des-Cannes (ARCHIVES)

Philippe Guy, le directeur de la Sara, fait le point sur l’activité de la raffinerie et sur la baisse de la consommation en carburant en raison du confinement, et précise les conséquences de cette baisse pour les entreprises sous-traitantes.

Depuis le 17 mars dernier, nous sommes en confinement. Qu’est-ce que cela représente pour l’activité de la Sara ?
Nous avons déployé, depuis le 17 mars, notre plan de continuité d’activité. Nous avons arrêté nos unités de production fin mars, puisque tous nos stockages étaient pleins. On va faire quelques travaux pendant cette période. En termes de consommation, la bouteille de gaz - tout le monde le sait - a augmenté ; pour les autres produits, comme les carburants routiers, c’est une baisse très importante, entre – 70 % et – 80 %.
Quel est l’impact de cette baisse de consommation en carburant pour la raffinerie ?
Quand vous voyez vos ventes diminuer, réduites à 20 % ou divisées par 5, cela vous conduit à avoir un résultat économique très dégradé au mois de mars, à savoir – 12,5 millions d’euros. Et, nous nous attendons à avoir un résultat économique au mois d’avril tout aussi dégradé, de l’ordre de – 10 millions d’euros. Il y a un impact économique très important.

« La distribution de bons carburants aux soignants n’est pas que symbolique »

Vous parlez d’une situation très dégradée pour la Sara, peut-on imaginer que les répercussions sont tout aussi importantes pour ses sous-traitants ?
Effectivement, même si nous sommes dans une situation économique très compliquée, on essaie d’être au plus près de nos entreprises sous-traitantes pour ne pas mettre d’autres en plus grande difficulté que nous le sommes. On a maintenu un certain nombre de travaux. On est en contact direct avec ces entreprises. Nous travaillons en étroite collaboration, pour essayer de maintenir - en toute sécurité et avec les mesures de prévention - des activités.

Et puis vis-à-vis de nos clients et de nos fournisseurs, nous restons à l’écoute. On règle en temps et en heures nos factures. C’est à une entreprise comme la nôtre de montrer le bon exemple.
Est-ce cela qui explique l’engagement de la raffinerie dans des actions de solidarité, comme on peut le constater en ces temps de crise ?
C’est à nous, entreprise locale, qui a plus de 50 ans d’existence, de faire à la mesure et à la hauteur de nos moyens. La distribution de bons carburants aux personnels soignants menée avec le groupe Rubis (propriétaire des stations Vito) et le groupe Sol Caraïbes (stations Sol et Esso) n’est pas que symbolique. On a d’autres opérations spécifiques Sara en Guyane, avec des distributions de repas pour les plus démunis. En Martinique, nous mettons à disposition des visières, des masques, des jeux pour les Ehpad (Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). On essaye d’être au contact des personnes qui aident, qui sont en difficulté. Et puis d’apporter notre soutien, notre solidarité.

« La diminution des carburants routiers montre que le confinement est respecté »
Philippe Guy, ce début d’année devait être marqué pour la raffinerie par l’arrêt de la production pendant deux mois sur le site de la Martinique, compte tenu des circonstances qu’en est-il de ce que vous appelez « l’arrêt métal » ?
Comme nous sommes en plan de continuité d’activité, cela nous a amenés à décaler à l’automne notre arrêt métal. Nous le ferons au mois d’octobre. On ne réduit pas pour autant nos investissements. On profite de cette fenêtre d’arrêt pour faire quelques travaux très limités. Nous prévoyons, fin mai, 23 interventions importantes de sécurité pour le redémarrage. Normalement, en arrêt métal on a 300 à 350 personnes, qui viennent de l’hexagone. Compte tenu de la situation, personne n’est venu à l’exception de 15 techniciens très spécialisés en soudure. Puisque nous avons une opération de soudure très complexe à faire sur une tête de colonne. Et comme il n’y avait pas cette compétence locale, on a eu l’autorisation de faire venir une petite équipe de techniciens, qui est aujourd’hui en quatorzaine. Et qui à l’issue de sa quatorzaine pourra intervenir sur les travaux dont on a besoin avant le redémarrage de nos unités.
Nous avons fait état de la forte diminution du carburant routier, qu’en est-il du kérosène puisque le trafic aérien est quasiment à l’arrêt ?
Le kérosène est quasiment proche de zéro. C’est vraiment le produit qui a le plus baissé par rapport à une consommation normale. Si on regarde janvier / février et début mars avant le confinement, on est à – 95 %. Sur le carburant routier, on voit que le diésel repart un peu. On est proche de – 60 %, l’essence à – 70 %. Et il y a un produit qui n’a pas baissé du tout, c’est le gaz que nous envoyons à Antilles Gaz. Le gaz est en forte augmentation en Guyane et en augmentation en Martinique.

Vous voyez, il y a une grande disparité d’un produit à l’autre. La diminution des carburants routier montre que le confinement est respecté. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Les liaisons aériennes sont quasiment toutes à l’arrêt, sur ce produit qui est en plein développement, aujourd’hui on est complètement à l’arrêt. On résiste, on est très sérieusement en train de travailler sur une reprise très progressive d’activité, en prenant en compte les décisions des autorités nationales et régionales pour bien respecter les mesures de prévention. On essaye d’apporter notre petite pierre et de résister au mieux pour assurer notre mission.
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5 commentaires

Vos commentaires

siage 24.04.2020

La SARA n'a pas perdu 12.5 millions d'euros.
Elle n'a peut être pas vendu 12.5 millions euros de carburant mais elle a toujours la marchandise.
Pour les pertes, en gros, c'est chiffre d'affaire CA-charges+aides
Titre sensationnaliste qui discrédite la suite de l'article

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Gérard Manvussa 24.04.2020

Il veut nous faire pleurer. C'est un truc installé sous De Gaulle qui bénéficie d'un monopole et ne se justifiait pas outre mer

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mikeromeo 24.04.2020

La justification ?
Une certaine indépendance énergétique.

Répondre Signaler au modérateur
Gérard Manvussa 24.04.2020

Quelle indépendance énergétique ? Avec du carburant coûteux qui traverse l'Atlantique ? On l'aurait moins cher au Suriname et à Trinidad voire en Bolivie mais pipeau d'Etat pour avantager les lobbys copains.

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INCO 23.04.2020
LES MOTS

Ne pas confondre "manque à gagner" et "perte"... Quand on ne vend pas c'est un manque à gagner, pas une perte.

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