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Denis Burlot, vice-président de la collectivité territoriale

« La révision de l’octroi de mer doit aider la consommation de produits locaux »

Samedi 25 Janvier 2020 - 03h15
 « La révision de l’octroi de mer doit aider la consommation de produits locaux »
Denis Burlot (à gauche) va présenter lundi en séance plénière de la CTG le projet de révision de l'octroi de mer. Il est à côté de Ernest Prévot, président des MPI Guyane, Hélène Paul vice-présidente du club des hôteliers, François Du Boulay président club des hôteliers et de l'union des métiers de l'industrie hôtelière (UMIH). - BERNARD DORDONNE

L’élu est chargé de mener le projet de révision des taux d’octroi de mer. Après les propos de Jan Du, patron des magasins U, dénonçant l’augmentation du taux sur les produits surgelés, Denis Burlot défend les objectifs de la réforme, qui sera débattu lundi à la CTG.

Comment interprétez-vous la réaction hostile de certains chefs d’entreprises ?

Je pense qu’ils n’ont pas bien compris que l’objectif de cette révision de l’octroi de mer est de favoriser la consommation de produits locaux, améliorer le pouvoir d’achat des ménages guyanais, accompagner les entreprises guyanaises, préserver les recettes des collectivités et créer un nouveau levier pour le développement économique. Elle inclut une simplification et des variations de taux, comme par exemple des baisses de la taxation sur le carburant, sur l’eau potable, sur le gaz, sur les couches ou encore sur les serviettes hygiéniques, et des hausses de la taxation sur certains produits importés. Je précise que la CTG échange depuis novembre 2019 avec les acteurs du terrain, notamment les chambres consulaires, les organisations professionnelles, les associations de consommateurs afin de faire part de leurs observations, d’apporter des éléments techniques permettant à la collectivité d’adapter le dispositif.

Avez-vous consenti un effort particulier pour les ménages et les entreprises guyanaises ?

Pour tous les ménages guyanais et les entreprises locales, une baisse significative de l’octroi de mer sera appliquée sur l’eau potable. Le taux d’octroi de mer a été réduit et passera de 4,50 % à 3 %, soit 500 000 euros. Sur le carburant et le gaz domestique, le taux a été abaissé de 7 % à 5 %, soit 4 millions d’euros. Sur les produits de consommation courante, le taux baissera de sur les céréales et les pâtes alimentaires, sur les produits d’hygiène avec une baisse de 22,50 % à 12% sur la part octroi de mer appliquée aux déodorants ou encore une baisse de 15 % à 7 % sur les couches pour bébés et les serviettes hygiéniques.

Dans cette réforme, vous créez le fonds d’investissement territorial, pourquoi ?

Le fonds d’investissement territorial (FIT) est un nouveau levier de développement économique qui permettra de réinjecter 5 millions d’euros par an pour le développement d’activités économiques locales avec pour axe prioritaire le tourisme. La CTG signera un pacte avec les socioprofessionnels représentés au sein d’une commission mixte de syndicats d’entreprises. Cette commission se réunira tous les deux mois afin de définir les projets à soutenir en priorité.

Pourquoi le tourisme en priorité ?

Les exonérations d’octroi de mer ne peuvent que très peu aider le secteur touristique jusqu’à présent en raison de la faiblesse des importations de ce secteur. La mise en place du FIT permettra aux opérateurs touristiques de bénéficier indirectement de l’octroi de mer et de créer des emplois. Les fonds investis dans le tourisme auront eux-mêmes un effet levier qui permettront de lever de nouveaux fonds par l’utilisation des fonds européens et l’appel de partenaires auprès de la CTG.

Propos recueillis par Bernard DORDONNE

Le Medef soutient une réforme de l’octroi de mer « modifiable »

Alors que le projet de réforme des taux de l’octroi de mer doit être voté en assemblée plénière lundi, le Medef assure soutenir cette réforme à condition « que les recettes supplémentaires soient affectées à la structuration des filières professionnelles », souligne Tara Govindin, sa présidente, qui présentait ses vœux hier. Elle assure que les entreprises ont été consultées par rapport à l’élaboration de ces nouveaux taux mais regrette un calendrier serré. La proposition finale, qui doit être votée lundi, n’a été transmise aux entreprises qu’il y a deux semaines. « Il serait intéressant qu’on prenne le temps d’analyser ces propositions et qu’il puisse y avoir une révision en cours d’année si jamais il y a des problématiques particulières. »

Evolution des prix de l'octroi de mer

Produit Taux actuel Taux prévu au 1er février

Jambons, épaules et leurs morceaux, non désossés, de porcins, congelés 5 % 10 %

Viandes des animaux de l'espèce bovine, congelées  5 % 10 %

Huiles d'olive, tournesol, arachide, soja... et graisses animales 17,50 % 15 %

Désodorisant et shampoing 25 % 15 %

Serviettes et tampons hygiéniques, couches 17,50 % 10 %

et langes pour bébés et articles similaires, en toutes matières

Produits de beauté 25% 20%

Vêtement et accessoire du vêtement en bonneterie (sauf tee-shirt) 17,50% 15%

Chaussures 17,50% 15%

Electroménager (réfrigérateurs, congélateurs, 17,50 % 20 %

machine à laver la vaisselle, micro-onde, grille-pain, etc.)

Tondeuse à gazon 17,50% 20%

Groupe électrogène, moteur 17,50% 20%

Sables naturels 17,50% 15%

Produits laminés fer et acier 17,50% 15%

Bois bruts et traverses en bois 35% 30%

Engrais 17,50% 20%

Scooters 17,50% 20%

Voitures 23% 20%

Armes et munitions 35% 30%

Articles de pêches 17,50% 20%

Articles pour la fête (carnaval...) 17,50% 20%

« La Guyane va se construire avec les Guyanais »

« Si nous comprenons les enjeux en termes de pouvoir d’achat des consommateurs, il est essentiel d’user du levier de l’octroi de mer pour permettre le développement de filières de production locales qui seront les seules à mêmes de développer l’emploi sur le territoire. La révision des taux de l’octroi de mer ne sera pas parfaite la première fois, mais il faut la lancer et après on modifiera en fonction des réactions. Je crois en mon pays, je veux l’accompagner. On ne peut pas laisser la place à des multinationales. On en a besoin mais il faut penser aussi à la source guyanaise qui a décidé de se relever les manches pour pouvoir construire son pays. La Guyane va se construire avec les Guyanais. Quand on importe, on ne crée pas de l’emploie. Cette réforme va créer de l’activité. »