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La fusariose se répand : la banane est menacée

Samedi 24 Août 2019 - 03h00
La fusariose se répand : la banane est menacée
Toutes les variétés de bananes sont menacées par la fusariose / photo DR - hespels

Une nouvelle menace plane sur notre banane : le fusarium TR4, l’un des pires ravageurs, se rapproche. Les planteurs antillais vont devoir s’adapter.

Le ciel se couvre à nouveau sur nos plantations de bananes. L’un des pires ravageurs qui soit, le fusarium TR4, vient d’être détecté en Colombie. Découvert à la fin des années 1980 en Asie, le champignon en cause est maintenant présent en Afrique, en Australie, au Moyen-Orient et en Amérique Latine. Rien ne semble pouvoir enrayer sa progression dévastatrice.

Après le charançon, les cyclones, la cercosporiose, nos planteurs sont donc confrontés au retour potentiel de la fusariose. On dit retour, parce que, dans les années 1950, une autre souche (fusarium TR1) avait totalement décimé la variété reine alors, la Gros Michel. C’est ce qui avait provoqué l’essor de la Cavendish, résistante au TR1. Mais elle ne résiste pas au TR4, beaucoup plus virulent que le TR1.

Place à la biosécurité

La menace est mondiale : la banane Cavendish est la 8e plus importante culture sur la planète et la quatrième plus essentielle pour les pays en développement, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La Cavendish représente actuellement plus de 90 % des exportations de bananes, évaluées à quelque 9 milliards par année (source Quartz).

La menace est d’autant plus grave que TR4 touche nombre d’autres variétés de bananiers. Alors, depuis quelques années, les chercheurs planchent pour trouver une variété résistante. Le Cirad, notamment, a déjà avancé et travaille sur une candidate, la MA13 Cavendish. Quant à la variété tolérante à la cercosporiose noire, mise au point ici — la Cirad 925 — elle a été testée in vitro : hélas, elle n’est pas capable de résister également à la fusariose.

Nos planteurs vont devoir s’adapter. Les mesures de biosécurité, déjà mises en oeuvre, notamment à La Réunion, semblent donner des résultats. Mais la structure de nos exploitations diffère… C’est à nos frontières que la vigilance va devoir être maximum.

Dans le sol pendant des décennies

La maladie est transmise par du matériel végétal infecté, des spores et des particules de terre contaminées qui se fixent sur les outils agricoles, les chaussures, les véhicules. L’irrigation, le drainage, les inondations constituent également des modes importants de diffusion.

Dans un rapport, la FAO souligne « qu’une fois la maladie présente dans une plantation, elle peut aisément se propager et rester dans le sol pendant des décennies », les rendant impropres à une replantation. Elle est d’ailleurs très difficile à éradiquer.

« Une fois l’agent pathogène introduit, sa dissémination naturelle sera difficilement contrôlable, indique l’Anses dans un rapport sur le sujet. En outre, les méthodes de gestion à mettre en oeuvre — mise en place de barrières physiques empêchant la circulation des personnes et des animaux, zone tampon et désinfection de tout matériel sortant de la zone — sont contraignantes et difficilement applicables au paysage agricole des Dom. Ces mesures n’ont d’ailleurs pas toutes fait leurs preuves quand elles ont été appliquées en Australie. »

Marc ARMOR

Dominique Martinez - hespels

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